DE M. PIROT
// renvoie au prélat ses observations sur le livre de Richard Simon, qu'il juge en général très-importantes ; lui parle en faveur de M. Bourret, approbateur de la version de Simon, et montre le danger de cette version.
J'ai depuis mercredi, veille de l'Ascension, vos observations entre mes mains, où j'ai trouvé toute la solidité que j'attendais de vous à ce sujet. Mgr le cardinal de Noailies me les envoya en Sorbonne, à son retour de Confbns, où il les avait reçues la veille. Et comme vous lui marquiez de les faire voir aussi à M. de Beaufort et à M. Boileau, i! me dit de les lire le plus vile que je pourrais, pour les leur communiquer. Je viens d'en achever la lecture, avec l'exactitude dont je suis capable. J'avais lu auparavant celles qui ont été déjà laites de la première partie, qui comprend l'Evangile et les Actes; et j'avais en mon particulier, parcouru toutes les deux parties. Jeudi et hier, je dis quelques endroits des vôtres à Mgr le cardinal, qui les trouva importants. Ils ne sont pas tous d'une même conséquence; mais il y en a un si grand nombre d'essentiels, que je doute q-uon y puisse apporter remède. Je lui ai marqué que vous vous attendiez à voir les remarques qu'a laites celui à qui il a l'ait lire la première partie ; et il m'a répondu qu'il vous les enverrait. Il aura demain à son retour de Versailles, mon paquet qui renferme les unes et les autres. Je ne doute pas qu'il ne vous envoie les siennes sur l'heure, et qu'il ne communique les vôtres à ces deux messieurs. Pour moi, je n'ai fait nulle iemarque que sur mes tablettes ; mais je les aurai toutes présentes quand il en faudra parler, et j'y serai toujours tout prêt. La plupart de celles qui sont considérables reviendiont aux vôtres. La religion a un très-grand intérêt d'empêcher que le livre ne paraisse
dans l'état où il est. Je ne sais s'il pourra jamais être assez réformé pour paraître.
M. Rourret me dit hier qu'il n'avait pas encore vu co que vous aviez fait; et cela rn'étonna, après ce que j'avais lu dans une lettre, que vous lui faisiez tenir »os réflexions. Votre politesse vous l'y fait ménager autant que le bien de l'Eglise l'a pu permettre. Il est digne de voire est rue, Monseigneur; il est capable, appliqué, bien intentionné; mais il a été Irop facile, cl n'a pas assez pensé à son approbation avant de la donner. Vous le marquez assez sur le jugement qu'il a porté de la Préface, où vous trouvez avec raison tant île défauts. Vous traitez l'auteur avec toute la douceur possible : vous soutenez toujours avec tout cela la bonne doctrine, et vous y avez toute la vigilance et toute la force qu'il conxii Mais le moyen de ne pas faire voir le dan qu'il y a à user d'expressions toutes sor.iniennes, toutes pélagiennes, et qui indui sent au moins à une théologie nouvelle, par un changement de notions et de langage ecclésiastique? Quand, j'aurai eu l'honneur de parler à Mgr le cardinal, je vous rendrai compte de tout, Monseigneur. Le P. I3m<hours (oli) est mort après dîner : il aurait deuiandô grâce pour les pour que , et ce n'est pas ce qu'il y a de plus à condamner : mais rien n'est à négliger dans la parole (le Dieu. Je suis avec un très-profond respect, rv .
PiROT.
En Sorbonne, ce 27 mai 1702.
LETTRE CCGV1II.