A M. DE MALEZIEU
Sur les censeurs de la version de Richard Simon, les erreurs de son livre, et la satisfaction qu'il promettait.
Sans entrer, Monsieur, pour aujourd'hui dans tout le détail de la lettre dont vous m'honorez, du £& mai, je m'en tiens à l'assurance qu'on vous donne de contenter tout le monde. C'est vous sans doute qui inspirez ces bons sentiments, et c'est aussi ce qu'on peut attendre de vous, -si on l'exécute. On aurait grand tort de rien imputer ni au prince ni a son ministre : tout roule ici sur les docteurs, comme j'ai eu l'honneur de vous l'écrire. On ne peut pas se plaindre qu'ils soient mal choisis ; et quoique je ne connusse point du tout M. Bourret, j'ai moi-même approuvé ce choix sur sa réputation, et sur sa qualité de professeur de Sorbonne. Mais il en faut revenir au fond; et puisqu'il est vrai que la version est insupportable, et digne, sans exagérer, des plus rigoureuses censures, il faut que la vérité l'emporte, et soit satisfaite préférablement à toute autre considération.
Il n'y a point d'exemple d'une pareille lé-
mérité à celle de ce! auteur, qui en tant d'endroits interprète a sa fantaisie, sau* aucun égard à la tradition. Ou ne saurait ouvrir le livre sans y trouver de nouvelles fautes importantes; et je n'en suis pas étonné, le connaissant, connue je fais, il \ a vingt ans. Quoi qu'il en soit, s'il veut saii>faire, il n'aura point d'obstacle de nia paît : s'il refusait (ce que je ne crois pas après les assurances qu'on vous donne), nulle bonne foi ne pourrait ici servir d'excuse, m permettre qu'on donnût cou. s à l'erreur, et encore sous le nom d'un aussi grand prince. Revenons donc à la satisfaction qu'où promet. Je suis, etc.
A Meaux, ce 6 juin 1702.
LETTRE CCCXl.