‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 267 sur 458 · DE M. BERTI.N · texte numérisé non relu

DE M. BERTI.N

Sur les dispositions de Richard Simon.

J'ai reçu, Monseigneur, la réponse de M. Simon : il me mande qu'aussitôt qu'il aura mis à couvert quelques petits effets qu'il a dans Dieppe, pour lequel on craint un nouveau bombardement, il partira pour revenir. Il ajoute que, quoique vous lui ayez été contraire en plusieurs choses, i\ n'a jamais perdu l'estime et le respect qu'il doit avoir pour votre mérite; qu'il en a même donné des preuves dans quelques-uns de ses ouvrages : qu'il est vrai qu'il n'a pas tenu à vous que ses Histoires critiques ne fussent réimprimées dans Paris avec privilège, après qu'il les aurait retouchées. Il croit même avoir encore l'exemplaire, à la marge duquel vous avez fait quelques remarques. Mais M. Pirot, dit-il, après avoir gardé le livre plus de deux ans, le lui rendit en disant que ses confrères se moqueraient de lui, s'il approuvait un ouvrage qui avait été supprimé par M. le chancelier, sur le rapport qu'il en avait fait. 11 dit que depuis ce temps-là il n'a plus pensé à cette nouvelle édition; mais qu'il a refondu son livre, et qu'il l'a augmenté de plus des deux tiers, lui donnant le titre de Ribliothèque sacrée; qu'il le soumettra de tout sou cœur à votre jugement. Il ne m'a pas répondu précisément touchant la version entière de la Bible, avec des remarques littérales et critiques, sur laquelle je lui avais demandé ses disposit ons. Il témoigne seulement qu'il y travaillerait volontiers, s'il avait assez de santé; et que c'est un ouvrage pénible, et sujet à de grandes contradictions : tpie s'il avait eu un protecteur, qui tôt en même temps connaisseur, il aurait volontiers donné tous ses soins à ne pas laisser croire aux protestants que nous manquons de gens capables de faire voir que les Catholiques ne sont pas surpassés par eux, eti ces sortes d'entreprises. Sa lettre est du 30 de mai.

M. Bourret m'a dit qu'il lisait avec assiduité ce que je lui ai remis entre les mains, et qu'il serait bientôt en état de vous rendre compte, Monseigneur, de sa lecture. Si vous

t«.l NULS COMPLETES .iL BOSSl l.i.

ne rerei ei pas sitôt à

faillira i|u'il le fasse pai p ie, Monseigneur, d'ag Irès-humhles i es| ects.

\ Paris, ce 8 juin 1702.

. je trois qu'il écrit. Je vous siijiréer toujours mes

Hi in i\.

M. BOUfiRET A M. li.KïlN.

Il l'instruit de plusieurs faits relatifs à la traduction de Richard Simon, dont il avait été le censeur: lui témoigne 1° resi et l'estime qu'il a pour Bossuet, et te prie de faire agréer ses excuses au pré* J«J (515 .

Quoique vous m'ayez dit, Monsieur, que vous ne voulez plus vous mêler de ce qui

..ir.ii' \c nouveau livre; ne pouvant ma* dresser mieux qu'à vous pour faire savoir à Mgr de Meaux la disposition dans laquelle je suis à son égard, je crois que no tre ancienne amitié me doit faire espérer que vous voudrez bien vous employer pour cela. Vous savez que j'ai ordonné douze cartons pour satisfaire à ce qui m'a paru le plus digne de considération dans ses remarques, et que j'étais aussi tout disposé à lui communiquer mes observations sur ces mêmes remarques, dans ce qui regarde les autres endroits, avant déjà commencé de les mettre au net Vais comme j'apprends que le livre se débile, ce qui rend mes observations inutiles pour l'examen de celte édition; et que d'ailleurs c'est un bruit public que Igr l'évèque de Meaux écrira contre celle traduction , cette seconde raison m'arrête encore, et me fait croire que je ne dois. plus communiquer mes observations, parce que l'auteur m'en a fourni une bonne partie, dans les éclaircissements que j'ai eus avec lui depuis qu'il est à Paris : ainsi j'appréhenderais d'agir contre la fidélité que je lui dois. Je serais aussi très-fâché de paraître dans la scène* qui se donnerait au p'iblic, et de passer pour l'adversaire de

r de Meaux , avec qui je me suis toujours trouvé conforme pour les sentiments, et (pie je regarde comme le plus fort théologien de notre siècle, pour qui enfin j ai toujours eu un très-grand fonds d'estime et de respect. Vous me ferez donc un trèsind plaisir de lui faire savoir l'impossibilité ou je me trouve de lui donner mes obrvations, et de lui dire que je le supplie de ne l'avoir pas désagréable ; qu'au reste, ouime on parle d'une seconde édition, qui ne se donnera point au public sans avoir

examinée par quelque docteur agréable

ondit seigneur, alors se produira tout ce ie nous avons de défense; d'où résultera

bien de l'Eglise, comme je l'espère. oyez que vous me ferez en cela une vraie

(moitié, et un plaisir d'autant plus grand, que je suis persuadé que le prélat recevra très-bien mon excuse, lorsque ce sera vous qui la lui présenterez, oi qui rassurerez de ma droiture naturelle, dont je ne me suis point départi dans tout le cours de eettfl alfa iro. Je suis plus <pie jamais et pour toujours, etc.

G. BoURRET.

En Sorbonnc, ce 30 juillet 1702.

LETTRE CCCXIII.

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