‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 287 sur 458 · U7>1 PART. XIV. LETTRES DIVERSES. - MEMOIRES SUR LES PROTESTANTS · texte numérisé non relu

U7>1 PART. XIV. LETTRES DIVERSES. - MEMOIRES SUR LES PROTESTANTS

qu'il propose: j'y aurais, Monsieur, quelques réflexions à faire sur la manière de l'exécuter. Je crois voir avec certitude que les évoques s'enlendront aisément avec lui entre eux, pourvu qu'ils se parlent, c'est à quoi il faut travailler.

HÉMOIItE DE M. DE LAMOIUNON DE BASVILLE.

Sur l'élat présent des affaires de la religion, et sur la conduite que l'on pourrait tenir à l'égard des nouveaux convertis.

Pour bien connaître ce qu'il y a à faire à l'égard des nouveaux convertis, je crois qu'il faut commencer par avoir une idée exacte des dispositions où ils se trouvent maintenant : c'est ce que j'ai tâché de pénétrer, le plus qu'il m'a été possible, depuis six mois. Jl est certain que les uns sont encore éloignés par leur propre inclination de suivre notre religion : les autres, qui sont en plus grand nombre, demandent d'y être déterminés par quelque espèce de contrainte, qui les mette à couvert contre une fausse bonté qui les relient. Ils voudraient être bons Catholiques; mais ils croient qu'il y va de leur honneur de commencer à donner l'exemple : presque tous sont dociles, et prennent I impression qu'on leur donne. Celte disposition a paru pour les enfants. Suivant les ordres que j'ai reçus, j'ai déclaré qu'il fallait les faire aller aux écoles, aux. instructions, à la Messe : j'ai donné une ordonnance sur ce sujet : j'ai nommé dans chaque lieu un commissaire pour la faire exécuter. Tout le monde a obéi sans beaucoup de répugnance; et il n'y a plus qu'à maintenir ce qui est établi sur ce point important. J'ai été ensuite sur Jes lieux : j'ai dit, conformément à mes instructions, que le roi voulait que les nouveaux convertis vécussent comme les anciens Catholiques, ayant fait Abjuration. Ce discours, qui ne contient aucun détail ni menace, en a déterminé une très-grande quantité d'aller à l'église, et aurait encore produit beaucoup plus de fruit, s'ils ne s'étaient aperçus que l'on ne prétendait pas les contraindre en aucune manière pour la Messe. Ce mouvement a été si grand et si heureux, que les ministres qui sont à Genève ont cru devoir faire les ejerniers efforts pour l'arrêter; soit en faisant distribuer une infinité de libelles par toutes sortes de moyens, dont j'ai envoyé des copies; soit en venant euxmêmes déguisés pour lâcher de retenir tous ceux qui étaient disposés à se faire bons Catholiques. Je n'oublie rien de tout ce que je puis faire pour faire arrêter ces ministres et prédicants; et j'espère y réussir s'ils demeurent dans le pays. Cependant j'ai parlé moimême à tous les gentilshommes, et il n'y en a eu que deux ou trois qui ne m'aieni pas promis de remplir tous leurs devoirs. La ville de Nîmes, qui est le centre de l'hérésie, est très-bien disposée. M. l'évoque de Nîmes m'écrivit encore hier qu'il n'en a jamais été si content. On trouve, à la vérité, des en-

droits où il y a encre plus d'opiniâln

dans d'autres; maison sent bien qu i

facile à surmonter quand on le voudra tout

de bon.

Cela présupposé, il faut savoir quelle duite on doit tenir 8 l'avenir pour a ce grand ouvrage. La question, selon i sens, se réduit uniquement à savoir î pressera les nouveaux convertis d'aller a l'église et à la Messe. Je crois que tout le monde convient qu'il ne faut en aucui nière les presser pour recevoir les sacrements; je crois même que l'on ne doit employer aucun moyen violent pour les faire aller a la Messe : niais en même temps je suis persuadé qu'il faut les solliciter incessamment d'y aller; leur dire que le roi le veut ainsi, et s'expliquer sur ce point clairement et nettement. Je ne puis être d'avis de les laisser sans aucun exercice extérieur de religion; ni suivre le sentiment <*e ceux qu' sont persuadés, comme vous me l'avez mandé, qu'il suffit de punir les scandales, les assemblées, le refus des sacrements ci. ! malades, et autres contraventions aux édi et que l'on devait en user à leur égard comme on fait pour les anciens Catholiques que l'on abandonne à leur propre conduite sans .s'embarrasser s'ils remplissent les devoirs de la religion. Il faut, selon mon sens, obliger ,' • nouveaux convertis de venir à l'église et à la Messe, sans leur en demander davanu que lorsqu'ils seront confirmés dans la religion; et \oici mes raisons.

Premièrement, s'il n'y avait en celle province qu'un petit nombre de nouveaux convertis, on pourrait dissimuler et aller avec patience que l'on pût les persuader l'un après l'autre : mais il y en a plus de deux cent mille, et des diocèses entiers, comme celui cl'Alais, des cantons dans les autres diocèses, où il n'y a que de ces gens-là. Si on ne les presse pas d'aller à l'église, il n'y aura personne les fêtes et dimanches, et il no paraîtra pas que l'on y ail fait abjuration. Les anciens Catholiques, qui ne font pas leur devoir, ne se connaissent pas dans la foule. Mais dans ces lieux, I éloignemenl des nouveaux convertis de l'église sera une cessation entière des exercices de noire religion.

Secondement, si ces nouveaux convertis ne viennent pas à l'église et à la Messe, ils ne seront jamais instruits, cl ne s'accoutumeront point aux exercices de notre religion. Le nombre en es! trop grand pour les instruire en détail : il faut qu'ils s'assemblent pour entendre les instructions ; et ils ne les peuvent entendre qu'à l'église. 1! n'y a | d'apparence de dire qu'un pourrait les prêcher hors du temps de la Messe : car ils concluraient de là qu'ils seraient exempts d'y aller : on verrait une secte de gens qui s raient en possession d'aller au sermon, et jamais à la Messe; cela ne convient pas.

Troisièmement, si l'on n'oblige pas les nouveaux convertis de venir à l'église, et qu'on ne leur dise rien sur ce sujet, lous ceux qui y vonl seront détournés par les autres ; et tout le fruit que l'on a fail jusqu'à ci

(4 1 VIŒS COMPLETES DE BOSSl i.

îtii >

- a perdu : l'ouvrage de la religion ne as plus avancé que le premier jour, i - lérole. Les plus opi-

^ feront connaître aux autres quils ml qu'à pei s< rérer comme eux ; et il

vou Irait, et que cette volonté expresse de Sa Majesté leur parattrait.de manière qu'ils n'en puissent pasdoul m-. Le sieur de Gini $toux, gentilhomme de cette province, que l'on croyait le plus huguenot, a demandé ■■

n'v aura plus moyen dans la suite de faire .se l'a in; instruire, dès qu'il a vu l'ordre du

n progi

itrièmement. il no faut pas croire qu'il

■ de rendre les enfants catholiques,

qi and les hères no le sont pas. s'ils en-

v. . :ii par ïowc leurs enfants aux écoles : iant le jour. ils détruisent le soir tout le bien que les maîtres ont pu faire ; et plus ils voient que l'on a d'attention à élever maloui leurs enfants dans la religion catholique, plus ils p penne ut de peine a leur donner des impressions contraires. Ils attendent au moins (pie leurs enfants soient : rtis de l'école* à l'âge de douze ans pour le- Biles, et de quatorze pour les garçons ; •dors iis lour persuadent tout ce (ju'ils veulent, et lear font suivre leurs mauvais exemples : tout ce qui s'est fait auparavant

roi d'aller au château do Saumur. Il dit à tout lo monde qu'il est bon Catholique, et mène à l'église sa femme, ses enlants, sa

famille et tous ses vassaux. Lo discours (pie j'ai fait, quoiqu'on termes généraux, dans mon voyage desCévennes, y a déterminé une infiçilé de gens : les villes principales obéissent, et il n'y a presque personne qui y résiste. Ge sont autant d'expériences, pour ainsi dire , qui prouvent que quand ou voudra avec fermeté que les nouveaux convertis aillent h la Messe, il sera très-aisé do les y obliger, avec un peu d'application. On dira peut-être que si des discours généraux ont eu tant d'efficace, que l'on devrait se contenter de les tenir, sans parler d'aller à l'éulise et à la Messe. La réponse

ne sert plus de rien. Si les pères sont obli- u cette objection est que ces gens-là s'aper-

- l'aller à l'église avec leurs enfants, cette habitude les empêchera de détruire tout ce on aura fait pour leur éducation.

Cinquièmement, s'il est facile de faire aller h s nouveaux convertis à la Messe, pourquoi ne le pas faire ? pourquoi les laisser sans religion, se perdre eux et leurs familles que l'on pourrait rendre Catholiques, et mettre dans la voie du salut? N'aurait-on pas à se reprocher d'omettre un très-grand bien, quand on le peut faire? Or il est trèsfaci'e de les y obliger ; et je ne fais pas difficutié d'assurer que si je puis dire d'un ton 1 rme : L" roi veut que les nouveaux convertis aillent à l'église et à la Messe; qu'ils iront. Un très-grand nombre n'attend (pie m i o'dre; en voici des exemples certains. MU. les évoques de Lavaur et de Lodève ont . ('-terminé tous les nouveaux converiis de h'ur diocèse, en leur parlant d'une manière forte et chrétienne, et les avertissant comme de bons pasteurs des malheurs qui pourraient leur arriver, s'ils n'obéissaient pas. M. le comte de Calvisson a fait assem-

r tous les paysans ue ses terres, pour i<-.rr dire que le moment était venu, et qu'il

:t aller à la Messe sans aucune contrainte. Ils ont tous obéi, et personne n'y

uque. La ville de Castres semblait d'aboi i plus éloignée que toutes les autres :

-que tous les nouveaux convertis disaient

Lement qu'ils voulaient vivre et mourir dans leur première religion. Doux ordres

roi ont paru, pour éloigner ceux qui

pariaient le plus insolemment : les autres

ont aussitôt obéi, et promis de faire tout ce

<i"e l'on voudrait. 11 est vrai (pie s'étant

depuis quinze jours, qu'on ne leur

lait rien pour la Messe ; étant encore

"Mués par quelques ministres ou pré- • qui ont été dans celte ville, ils ont •aller è l'église; et iis ont dit à M. le

te de Broglie, qui est ailé visiter celle. ' tu ils recommenceraient à faire les

• :es de notre religion quand le roi

ce van t^ comme en effet ils s'en aperçoivent très-bien, que l'on ne veut pas les contraindre d'aller à l'église, ils concluent aisément par le penchant qu'ils ont qu'il ne faut pas y aller, qu'il n'y a qu'à résister, el qu'il n'en sera pas davantage; et tout ce que l'on peut l'aire devient ensuite inutile.

Sixièmement, si dans un temps de paix on ne prend la résolution de déterminer ces nouveaux convertis à venir dans nos églises, leur prévention, leur paresse, la dilliculté qu'ils trouvent dans les exercices de notre religion pius pénible que la leur, les tiendront dans une situation toujours fâcheuse; ils s'en éloigneront de plus en plus ; et il ne faut pas espérer qu'ils en prennent jamais l'habitude par eux-mêmes. Us formeront donc toujours une espèce de corps dans l'Etat, séparé des autres sujets du roi,, qui demandera dans tous les temps de grandes précautions , rien ne conservant tant l'esprit de cabale qui règne encore parmi eux, que de vivre unis par la mémo aversion qu'ils auront de notre religion : et il ne faut pas douter qu'ils ne fassent les derniers efforts, quand iis le pourront, pour rétablir les exercices do celle qu'ils conserveront dans leur cœur, et qu'ils ne fassent ces exercices en secret entre eux, autant qu'ils le pourront : au lieu que s ils sont une fois accoutumés à venir dans nos églises, ce sera de lous les moyens le meilleur pour leur faire oublier leur ancienne religion. L'habitude fait beaucoup et presque tout sur l'esprit du peuple et des paysans, pour la religion; et ces gens-là sont la meilleure partie des nouveaux converiis.

Je sais les deux objections que l'on peut ; faire contre cel avis.

La première, que si l'on presse les nouveaux convertis trop vivement de venir à l'église, plusieurs pourront sortir du royaume, qui y demeureraient si on ne leur demandait rien.

La seconde, qu'il y a de l'inconvénient

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dans les règles de l'Eglise, de contraindre monl comme une peine et une pénitei ries personnes qui ne croient, pas à nos mys- de l que l'Eglise tron rail' alors tèresd'y assister, et que ce n'a pas été la a propos le leur imposer : qu'il n'en est coutume de l'Eglise. ainsi des nouveaux convertis qui ont I t A l'égard de la première objection , il abjuration; que le roi Isur commande une pourra arriver (|ne quelques familles sorti- chose très-juste, quand il veut ju'ils obserronl hors du royaume : je crois que ce sera venl les lois de l'Eglise : que b'iIs en abuun fort petit nombre; les nouveaux conver- sent, ils en porteront la pein .ut Dieu ; tis ayant préféré leurs biens h leur religion, niais que Sa Majesté n'ordonne rien qui ne quand ilsoot pris le parti de faire abjuration, soit dans les règles : que l'on peul faire Il semble de plus que cette raison prouve une loi pour une bonne fin ,. qu nd même on trop : car elle prouverait qu'il ne faudrait prévoit qu'il pourra en arriver quelque pas élever les enfants malgré les pères dans abus dans l'observation: qu'il y a bien de notre religion, rien ne leur devant être plus la différence entre assister ù la Messe avec sensible que de les voir professer une reli- une foi encore chancelante, ou de participer gion différente de la leur ; et s'il y en a au sacrement de l'Eucharistie : que Sa \Iad'assez entêtes parmi eux pour quitter le "jesïé s'arrête à examiner les dispositions royaume, re motif les déterminera autant pour recevoir les sacrements; qu'elle suit <pio le reste. Enfin je suis persuadé que l'exemple de ses prédécesseurs, qui ont fait celle pert's qui sera petite, n'est pas coin- des ordonnances expresses pour l'observaparable au bien qui résultera de voir tous lion des fêles et dimanches : que c'est enfin les sujets du roi pratiquer les mêmes exer- tout ce que l'on doit attendre de la piété du cices, et le i arli des calvinistes entièrement roi, de l'aire entrer ses sujets dans l'église; éteint. D'ailleurs je ne propose pas une con- et (pic c'est ensuite' aux ministres des attira in te violente, qui les désespère, et qui lelsde les y accoutumer, de les y retenir, les oblige à tout quitter. de les y instruire, en gagnant les cœurs, et A l'égard de la seconde objection, il serait «m achevant ce que la puissance temporelle bon de prendre principalement l'avis des peut toute seule commencer : que si Su évoques qui sont accoutumés aux nouveaux Majesté a employé avec tant de justice sou convertis, qui ont vécu parmi eux, qui con- autorité pour obliger ses sujets à taire ab.naissent leurs dispositions, et qui savent juration de l'hérésie par un serment solenpar quels moyens on les peut déterminer à ne!, il y a bien moins de difficulté de s'en être bons Catholiques, qui est le seul but servir, pour les contraindre à suivie les que l'on se doit proposer. Il faut bien pren- exercices de Ta religion qu'ils ont embrassée: dre garde encore, quand on les consulte, de qu'on ne trouvera pas que quand les héiéréduire la question dans l'espèce présente sies ont fini dans le monde i^w les décis oas de l'assistance a l'église et à la .Messe : car des conciles, et ensuite par les lois des emtous ceux qui font ces difficultés raisonnent pereurs, on ait jamais prétendu éloigner souvent comme si on voulait faire commu- ces nouveaux Catholiques de l 'entrée des nier par force les nouveaux convertis, dont églises ; qu'au contraire, on les y a toujours on est très-éloigné. portés : que nous avons plusieurs lois des il est bon encore, pour ne pas s'écarter empereurs el de nos roissuice sujet, qui de la difficulté, de convenir (pie cette espèce sont formelles, et que l'on ne verra pas, par de contrainte ne doit jamais venir des ce- exemple, que l'Eglise ait attendu que tous clésiastiques, qui doivent toujours parler les ariens eussent une véritable foi, avant avec une extrême douceur, et ne pas sortir qu'ils fussent admis à la Messe ; que c des termes que l'a charité leur prescrit. Il une espèce d'inquisition où l'Eglise a'aja- Iie s'agit que de savoir si la puissance tem- mais voulu entrer principalement iorsqu'cLe porelie peut tenir ce discours : Il faul aller a vu une espérance bien fondée, et une apa l'église, il faut aller à la Messe. Je dirai parence presque certai ie de pouvoir réuaseulement sur ce point que tous MM. les sir; devant se contenter d'instruire ceux évêques en Languedoc sont persuadés que qui sont présents, sans douter de leur loi, ceux qui ont l'honneur d'exécuter les or Ires que lorsqu'ils viennent pour partie iper aux du roi, dans les provinces, doivent parler sacrements, il serait aisé d'envoyer une ainsi. Je sais même que les plus habiles dissertation particulière sur cette matière, d'entre eux écrivent actuellement pour for- si cela était nécessaire, qui marquerait à tificr celle opinion. Ils sont persuadés que fond toutes les raisons de ces prélats. c'est une vision toute pure, de croire que i Etant donc d'avis d'obliger les nouveaux l'on puisse jamais instruire à fond les nou- convertis d'aller à l'église et à la .Messe, il veaux convertis sans les rassembler dans ne reste plus qu'à marquer les moyens que l'église, et que c'est les perdre entièrement je crois pouvoir être employés pour les i) que de souffrir qu'ils s'en éloignent ; qu'é- contraindre. Ce nesont pas des moyens viotant enfants de l'Eglise par leur baptême, et lents, comme logements de gens de guerre , réunis par leur abjuration, ils sont bien ni amendes pécuniaires; bien qu'autrefois différents des catéchumènes el des pénitents les empereurs se soient servis de ce demi que l'on éloignait autrefois de la vue de nos moyen très-efficacement? mais je croirais mystères; les uns, comme n'étant pas en- qu'il serait très à propos .que la volouté du core initiés par le baptême, ni au nombre roi parût, en taisant une déclaration suif a'nt des fidèles; les autres, souffrant tel igné- le projet ci-joint, ou qu autre mieux

ir le pie! Sa Majesté ne fera t

■r U'N lois de ses prédé< es eui s , louclianl l'observation des fêtes el dimanefaes, i o r tous ses sujets, en y insérant - ulemenl un mol pour les nouveaux con- \ rlis •• .'iiin qu'ils ne pussent douter qu'ils y ut compris, comme les anciens Catholiques. Cela sérail d'autant plus nécessaire, qu'un des principaux obstacles i our les progrès de la religion est que les gens malintentionnés mettent dans l'esprit des nouveaux convertis que ce n'est pas l'intention du roi qu'on les presse, et que tout aue l'on fait ne vient que d'un zèle inconsidéré de ceux qui servent Sa Majesté dans - provinces. Celte simple déclaration de la on té du roi, sans aucune peine qui la rendit odieuse, déterminerait très-certainetnent une très- rande partie de ces nouveaux •onverlis, [qui ne tient presque plus à rien, à faire leur devoir: plusieurs diraient : Le roi le veut tout de bon, il faut finir : le temps est venu. On leur entend dire tous le- i >urs qu'ils prendront ce parti, quand ils ne pourront plus douter de la volonté du roi, dont, à la vérité, ils devraient être assez

{teisuadés : mais ils croient que, parce qu'on es a laissés en liberté pendant dix ans, sans

leur rien demander, on veut bien les laisser toujours vivre de la même manière. Celte déclaration doit faire d'autant moins de peine, qu'elle ne paraîtrait pas avoir pour objet principal les nouveaux convertis; et il est assez naturel qu'après une longue guerre, le roi lasse une loi à l'exemple de ses prédécesseurs, pour renouveler les choses principales qui regardent le culte divin; ainsi, sans qu'il parût vouloir trop s'attacher aux nouveaux convertis, ils ne laisseraient pas d'y trouver ce qui est nécessaire pour les déterminer ; c'est-à-dire la volonté du roi bien marquée sur ce qui les regarde.

En envoyant celte déclaration, je croirais qu il faudrait en même temps envoyer une instruction uniforme à tous les intendants, rien n'étant plus important que de leur prescrire précisément ce qu'ils doivent faire : que

un n'en fasse pas plus que 1 autre, et que la conduite soit égale dans toutes les provinces, et qu iis puissent agir en môme temps. Ce te instruction porterait :

enfants pussent être mis a bon marché chez des maîtres ou. des maîtresses, quand ils sont pas assez Agés pour être mis dans des collèges OU dans des couvents, ou qu'ils n'onl pas assez de biens pour payer de fortes pensions. C'est ce qui a été pratiqué av ic succès dans le Languedoc en plusieurs diocèses. ~~t

Troisièmement, qu'ils eussent orJre do presser continuellement les nouveaux convertis d'aller à l'église el à la Messe, leur déclarant que le roi veut qu'ils vivent comme les anciens Catholiques ; mais il ne suffit pas de leur dire ce dernier mot, de vivre en bons Catholiques, il faut nommément les presser d'aller à l'église : car c'est le fait dont il s'agit aujourd'hui, et le pas qu'ils doivent faire pour avancer. Et si les intendants trouvent des gens mutins, désobéissants, et parlant mal de la religion, il faudrait qu'ils pussent quelquefois et sans se servir trop souvent de co pouvoir, en faire mettre quelques-uns en prison, s'ils sont du menu peuple, et que pour les autres qu'iisen rendissent compte pouravoir des ordres de les reléguer hors de la province; en attendant que ces ordres fussent arrivés, qu'ils pussent les envoyer dans les lieux tout catholiques de leur département. Il serait bon aussi qu'ils chargeassent les principaux des paroisses des événements, leur déclarant que l'on sait bien que l'exemple qu'ils donneront sera suivi soit en bien ou en mal. Quatrièmement, que les intendants eus-

sent, comme celui de

Languedoc,

un pou-

voir de faire le procès à la mémoire de eux qui voudraient mourir dans la religion prétendue redonnée : quelques exemples decette nature faits à propos produisent un grand effet.

Cinquièmement, qu'ils pussent aussi interdire tous lesolficiers royaux, maires, notaires, procureurs, juges des seigneurs, consuls, même les médecins, chirurgiens, apothicaires, qui ne professeront pas ouvertement la religion catholique, après avoir été avertis : il est juste que les premiers ne se trouvant dans leurs charges ou offices (pie parce qu'ils ont fait abjuration, ils donnent aux autres un bon exemple, sans cela leur abjuration ne servirait qu'à les autoriser pour l'aire du mal : et à l'égard des médecins, Premièrement, que les enfants des nou- chirurgiens et apothicaires, la plupart do veaux convertis fussent élevés avec un grand MM. les évoques prétendent qu'ils sont très

SOIII (lailC lUill'u poliirinn. ,...~ l'„„ „.». J.. ,1 „ ., I .1- . ..„, 1

soin daus notre religion; que l'on mît des commissaires dans chaque lieu pour y veiller; qu'ils | ussenl, pour ce cas seulement, condamner ù l'amende les pères et mères qui manqueraient à envoyer leurs enfants aux écoles, aux instructions et à l'église: on ne peut prendre trop de précautions sur ce 1 oint.

Secondement, que les intendants eussent l'ai tout un pouvoir d'envoyer les enfants ue ceux qui seraient assez riches dans des

Sinf? J*US >des couve°ls, s'ils ne vou- U en tics élever a la religion catholique, ou chez des parents anciens Catholiques4; qu'ils

ques, de former plusieurs pensions où les

dangereux, quand ils ne sont pas bien convertis ; exhortant les mourants, sous prétexte de leur art, à mourir dans leur première religion.

Si tous les intendants agissaient en même temps en exécution de celle instruction el de ce pouvoir, il serait diiiicile qne l'on ne vît pas dans peu un grand succès, surtout en s'allachant aux chefs du parti, et à certaines personnes qui sont en petit nombre , que l'on sait certainement tenir tous les autres et les empêcher de se déterminer.

Si ces expédients ne réussissent pas autant qu'on l'espère, il sera facile d'en proposer d'autres dans la suite encore plus efficaces , mais moins doux; et je crois qu'il fan Irait

PART. XIV. LETTRES DIVERSES

commencer par les choses proposées dans ce Mémoire, qui ne produiront, si je ne me trompe, aucun inconvénient.

J'ajouterai seulement que le plus assuré et le plus solide de tous les expédients pour faire (Je véritables Catholiques, c'est de trouver le moyen de mettre de bons | rêtres dans les paroisses. Si Je curé est bon et d'un mérite distingué, tous les paroissiens ne résisteront pas à "ses soins assidus: l'expérience l'a fait connaître en plusieurs endroits. C'jst où consiste la principale difficulté : car il est certain que le plus grand nombre des ecclésiastiques qui servent maintenant ne sont pas propres pour les nouveaux convertis. Rien ne les attire à l'église que la parole de Dieu : et ces prêtres ne sont pas capables pour la plupart de prêcher: ils sont même souvent de mauvais exemples par leurs mœurs. Pour remédier à un .si grand besoin, le seul moyen est d'établir de bons séminaires dans les diocèses remplis de nouveaux convertis, et de fournir tous les secours nécessaires aux évêques pour ces établissements, et presque dans les endroits où ils peuvent former des ecclésiastiques tels qu'il les faut pour instruire, gagner entièrement les cœurs. Les missionnaires que le roi a la bonté d'entretenir font du bien : mais il n'est pas comparable à celui qu'un curé, qu'ils regarderont comme leur véritable pasteur, pourra faire, s'il sait se faire aimer et estimer.

S'il était possible encore d'avoir quelques petits fonds d'aumône, pour assister (le pauvres familles dans leurs besoins, sans que l'on sût qu'il y eût pour cela des fonds destinés, ce serait un bon moyeu | uur les a:tirer doucement a l'église, et les empêcher de re ,r tler le consistoire dont ils liraient de grands secours.

HOIR ES SLR LES PROTE TAN1 . ii'Ji

PROJET DE DÉCLAB VI Io\.

Après l'heureuse conclusion de la i t

qu'il a plu à Dieu de donnera nos peuple* nous avons cru que nous m; pouvions tau un meilleur usage du notre autorité royale ni employer plus utilement m»1- soins, qu'j établir solidement le culte divin dans notr royaume, suivant les saints canons el les gles de l'Eglise, dont nous devons être le prolecteur, el en renouvelant les ordonnances des rois nos pi eurs, concernant l'observation dis fêtes et dimanches (530), l'assistance aux exercices de la religion catholique, et la réformation de plusieurs abus qui se sont introduits pendant la guerre.

Nous nous y sommes portés d'autant plus volontiers, (pie nous avons le bonheur de voir sous notre rèrme tous nos sujets réunis sous une même religion, et que nous n'avons plus rien à désirer (pie de leur en voir pratiquer exactement tous les exercices.

Par ce moyen, nous avons sujet d'espérer que les nouveaux convertis se détermineront à observer les règles de l'Eglise, et que les anciens Catholiques contribueront à le fortifier par leurs bons exemples.

A ces causes, nous avons déclaré et dé tarons, voulons et nous plaît que, confori ment aux anciennes ordonnances, tous i sujets, de quelque qualité et condition qu soient, observent régulièrement les fêtes dimanches, et qu'ils soient tenus d'assis:, r aux divins Offices, avec respect eonvenabl la célébration de nos saints mystères, .-ans que les nouveaux convertis s'en puisdispenser, sous quelque prétexte que ce soit.

Voulons qu'èsdïts jours de dimanches el fêtes tous nos sujets s'abstiennent de lu. sortes de travaux et œuvres serviles.

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