E. - II. I1IST. !)!•: FT.ANCE. LIV. XV. 2'JG
Ralisbonne, durant laquelle il assemblait ses troupes de tous côtés Le Pape et les prin d'Italie lui envoyaient un puissant secours. Les protestants sentirent bien que ces grands préparât fs les menaçaient, et la division était parmi eux.
Maurice de Saxe, cousin de l'électeur Jean- Frédéric, et gendre du landgrave de Hesse , les deux chefs des protestants, avait rom, u avec eux, et faisait la guerre à son pareil L L'empereur ne cachait pas trop le dessein qu'il avait de les châtier; sans parler de religion, il déclarait qu'il voulait mettre à 1 i raison quelques rebelles, résolu pourtant de pard nner a leurs amis, s'ils rentraient promplernent dans le devoir. Sur ce a l'électeur de Saxe et le landgrave rassemblèrent leurs troupes, qui se trouvèrent, a î mois de juillet, de soixante mille hommes de pied et de quinze mille chevaux, outre six mille pionniers, et de six vingts pièces de canon.
Avec celte redoutable armée, ces deux.
princes se promettaient une victoire assurée, et l'empereur les ayanl mis au ban de l'empire cofnme rebelles et criminels de lèsemajesté, ils lui envoyèrent déclarer la guerre par un trompette. Toute l'Europe éfait en attente de ce qui arriverait d'une guerre qui rendrait les protestants victorieux, ou l'empereur maître absolu de l'Allemagne, en état de tout entreprendre. L'Italie tremblait, et le Pape même, qui n'avait pu refuser lo secours contre les protestants, ne savait que souhaiter.
Les conseils du cardinal de Tournon empêchèrent le roi de se mêler dans cette guerre, quoiqu'on lui remontrât qu'il s'y agissait plutôt des libertés de l'empire que de la religion, à laquelle l'empereur avait déclaré qu'il n'en voulait pas alors, et qu'il importait à la France de tenir les affair s d'Allemagne dans une espèce de surséance. Deux morts survenues dans l'espace d'une année affligèrent François : l'une fut celle du duc d'Enghien, assommé le 23 février 1546, d'un coffre jeté étourdirnent dans nu. combat fait par jeu, entre la jeunesse qui composait la cour du Dauphin : non-seulement toute la France, mais toute l'Europe, regretta la mort malheureuse de ce jeune prince, que ses grandes actions et sa gén reuse conduite rendaient également cher aux gens de guerre fiançais et étrangers.
Un an après vint la nouvelle de la mort de Henri VIII , qui avait de grandes qualités, mais qui a noirci sa mém< ire par ses amour--, auxquelles il sacrifia sa religion. Il épousa six femmes, dont cinq par amour; il en répudia deux; deux eurent la loto coupée pour adultère, entre autres cette infâme Anne de Boulen, pour laquelle il avait renversé loot son royaume et la religion de ses ancêtres. 11 crut pourtant avoir peu changé, parce qu'il n'avait louché qu'à l'autorité Au Saint-Siég^, sans considérer que par la il ouvrait la pol tu à la licence, et que c'était donner lieu h lo'ul innover dans la religion, que de mépriser le SiégedJoù elle était venue deux fois dans son