‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 414 sur 458 · Qu'est-ce que le Saint-Sacrement · texte numérisé non relu

Qu'est-ce que le Saint-Sacrement

Jésus-Christ nous l'apprend par ces paroles :

Ceci est mon corps livré pour vous; ceci est mon sang, du nouveau testaient, répandu pour la rémission des péchés. [Mat th. xxvi, 2G-28.)

C'est donc ce même corps conçu du Saint- Esprit, né de la Vierge Marie, crucifié, ressuscité, élevé aux deux, placé à la droite du Père, avec lequel il viendra juger les vivants et les morts.

C'est ce même sang, infiniment précieux, qui a élé répandu pour nous, el par lequel nos péchés ont été lavés.

Ce corps et ce sang, après la résurrection, sont inséparables. Ainsi, avec le corps ou reçoit le sang ; avec le sang, on reçoit je corps, et on reçoit, avec l'un et l'aulre, cl I âme el la divinité de Jésus-Christ, qui ne peuvent en être séparées. C'est-à-dire qu'on reçoil Jésus-Christ entier, Dieu et homme tout ensemble.

Avec Jésus-Christ sont toutes les grâces, loules les lumières, toutes les consolations.

enfin toutes les richess :s du ciel <-t de la terre, tout nous est donné avec Jésus-I !br et qui s e donne soi-même ne peut plus rien i efuser.

Voilà ce qu'il faut croire d'une ferme foi , n'importa que notre sens ni notre raison ment naturel ne comprennent rien dans ce mystère. Le Chrétien n'a rieu à écouler que Jésus-Christ : Celui-ci est mon FiU bienaimé, dans lequel je me suis plu, écoutez-le. (Mat th. xvn.5.) Il est la vérité même, il I ' tout ce qu'il Lui plaît par sa parole. Il i cette parole éternelle par qui toul a élé tiré du néant. Exerçons ici notre foi par le mépris du rapport que nous font nos - ::s. Il n'y a rien ici pour eux. C'est on ei pour la foi. N'écoutons que Jésus-Cbrist, et jouissons du bien infini qu'il nous prèle.

IL — Pourquoi est institué ce sacrement.

Jésus-Christ l'a explique par ces paroles:

Paies ceci en mémoire de moi [I Cor, m.

24); et encore : Connue mon Père tirant m'a

envoyé et que jf vis pour mjon l'îre, ainsi

lui qui me mange vivra pour moi. (Joan. \i,

Souyenons-nous ne celle nuit II bienheureuse tout ensemble où, Jésus-Chi isl fut livré pour être crucifié le lendemain. 1 qui savait toutes choses, qui sentait a cher son heure dernière avant toujours aimé tendrement les siens, il les aime jusqu'à la mort, et assemblant en la personne, - saints apôtres Ions <eu\ peur qui i mourir, il leur dit eu leur laissant ce <l"ii précieux de son corps et de son - Faites ceci en mémoire de moi. Célébrei saint mystère jus |u'à ce que je vienne ju . les vivants et les nions; souvenez-vous, en le célébrant, de ce que j'ai fait pour votre salut; souvenez-vous de mon amour; souvenez-vous de mes boutés infin ippelez en voire mémoire tout i : pour vous, et surtout n'oubliez ja - |uejevais

urir pour votre salut. C'esl moi-mê qui donne ma vie volontairement, i • "i« ne me la ravit (Joan. \. 18 ; mais je la donn • de bon cœur, parce que vous avei d'un tel sacrifice.

Méditons donc a ia sainte table l'ara que le Fils de Dieu a pour nous. I >ur

mi a fail taire pour notre bien des ctaos incompréhensibles. Pour s'appr nous el s'unir à nous . il a pi i>" un humaine. Cette c . |u'il a | . ui l'auteur de nous, il l'a donnée pour m s

IM CKUYRFS INEDITES DE BOSSUET. m

' ni son sang. Non content q*e donper pour doivent être écoutées avec tremblement de

iss m corps elsonsangàlacroix,ilnousle tous ceux qui approchent do la sainte table.

ùunne encore dans l'Eucharistie, et tout cela 1° Kilos nous apprennent que ceux qui

» qu'il se donnera un jour à communient indignement sont coupables du

us dans le ciel pour nous rendre éternel- corps et du sang de Jésus-Christ; c'est-à-

nenl heureux. dire qu'ils sont coupables du crimede Judas

ngeons à toutes ces choses, et nous lais- qui l'a livré, et du crime des Juifs qui l'ont

sanl attendrir à tapi de marques d'amour do uns à mort, et qui ont répandu son sang in-

nolre Sauveur, ne soyons plus qu'amour noeent ; car communier indignement , c'est

pour lui. C'est ce qu'il attend de nous, et lui donner avec Judas un baiser de traître;

c'est pour exciter cet amour qu'il a institué c'est violer la sainteté de son corps et de sou

saint mvstère. sang, les profaner, les fouler aux pieds , les

Il nous le dit lui-môme par ces paroles: outrager u'uno. manière plus indigne que

Comme mon Père vivant m'a envoyé et que n'ont fait les Juifs , qui ne le connaissaient

je ri'*- pour mon Pire, ainsi celui qui me pas dans leur fureur : au lieu que le Chré-

inge vivra pour moi. (Joan. vi, 58.) On voit tien sacrilège l'outrage en le reconnaissant

[>ar ces parples que l'effet véritable dé la corn- pour le Roi do gloire et en l'appelant son

munion, c'est de nous faire vivre pour Jésus- Sauveur.

Christ, comme il a vécu pour son Père. 2" Ces paroles nous font voir jusqu'où

Exemple admirable proposé aux Chrétiens, ira le mépris que ces Chrétiens sacrilèges

sus-Christ no respirait que la gloire de son ont pour Jésus-Christ. En ce quils ne discer-

Père, il a sui>i volontairement une mort in- nent point le corps du Seigneur (J Cor. xi ,

hUne et cruelle, parce que son Père le vnu- 29), et lo mangent comme ils feraient d'un

lait ainsi. Le prince de ce monde, dit-il, c'est- morceau de pain , sans songer auparavant à

iire le démon, ne trouvera rien en moi qui purifier leur conscience : ce qui est lo mé-

donne prise, parce que je suis sans péché; pris le plus oulrageus qu'on puisse faire a

et toutefois je m'en vais m'ahandonner à sa un Dieu qui se donne à nous.

puissance et souffrir, entre les mains de ceux 3" Saint Pau! conclut de là que celui qui

qu'il possède, une mort infâme, afin que le mange indignement le corps do Jésus-Christ

monde voie que j'aime mon, Père et que je fais mange et boit son jugement: car comme

ce qu'il commande. (Joan. xiv, 30,i, 31) celui qui pèche aux yeux du juge qui a en

L'amour pour son Père lui fait aimer ses main la puissance publique pour châtier les

commandements, quelque rigoureux qu'ils scélérats, s'attire une prompte et inévitable

soient aux sens. Il ne vit que pour son Père, punition, ainsi ce Chrétien téméraire , qui

puisqu'il est prêt, a chaque moment, de communie sans avoir purifié sa conscience,

donner sa vie pour lui plaire. Ainsi celui mène son juge en lui-même, où il ne sem-

qui reçoit Jésus-Christ doit vivre unique- ble ne l'introduire qu'atin qu'il voie de

ment pour lui, c'est-à-dire qu'il doit être plus près ses crimes, et qu'il soit comme

tout amour pour son Sauveur, ne respirer forcé à en prendre une prompte et rigou-

que pour sa gloire, aimer ses commande- reuse vengeance.

ments, sacrifier tous ses désirs pour lui k" Saint Paul nous enseigne que Dieu chû-

plaitv ; il faut que Jésus-Christ soit sa joie et lie souvent , dès cette vie , les communions

le posséda tout entier en corps et en l'âme; indignes, en frappant ceux qui les font de

car c'est ainsi que s'accomplit cette parole : maladies mortelles et de morts soudaines;

Qui me mange, doit vivre pour moi. (Joan. ce qui doit faire appréhender que les com-

vi, oS.j munions sacrilèges, si fréquentes parmi les

,,. ^ r . -i r ■ ,i v, «. • „■? Chrétiens, n'attirent et sur les particuliers et

ili. - Que faut-il faire avant la communion ? S(J[. |fl ^^ des chftlimen£ effroyables,

Saint Paul nous lo dit par ces paroles : 5° Le môme saint Paul nous apprend que

Après avoir rapporté comme Jésus-Christ ces châtiments temporels, qui nous sonuén-

noiis donne son corps et son sang, avec ordre voyés pour nous avertir, quelque terribles

de célébrer ce saint mystère en mémoire de sa qu'ils soient, ne sont rien en comparaison de

mort, il ajoute ce qui suit : Quiconque man- ceux qui sont réservés en l'autre vie aux

géra ce pain ou boira le calice du Seigneur malheureux Chrétiens que de tels avorlisse-

tndignementf sera coupable du corps ou du ments n'auront pas pu détourner de leurs

sang du Seigneur. Que l'homme donc s'é- communions sacrilèges.

ce lui-même et ne présume point manger G" Ce saint Apôtre conclut de tout cela que

<e pain, ni boire Je cette coupe sans celte l'homme doit s'éprouver lui-môme, avant

me ; car celui qui mange et boit indigne- que d'approcher de la communion , et ne

ment, mange et boit son jugement, ne discer- présumer pas de la recevoir sans avoir fait

ti point le corps du Seigneur. Cesl pour celte épreuve

cela qu'il y en a plusieurs parmi nous qui L'Ile consiste en deux choses : 1° a exami-

tombent malades et que plusieurs meurent, ner sa conscience et à se juger indigne de la

'^ue si nous nous jugions nous-mêmes , nous communion, quand on se sent souillé d'un

ne serions point jugés, etc. Quand nous som- péché mortel ; 2° à éprouver ses forces peu-

s jugés, nous sommes repris par le Sti- dant quoique temps, pour voix si on aura le

ytieur, afin de n'être point condamnés avec le courage de surmonter ses mauvaises habi-

t mde. j Cor. \i, 27-3:2.) ludos; car on ne doit point présumer de re-

Cos pai le saint Paul sont terribles et cevoir ce saint sacrement, qu'il n'y ail une

H5 INSTRUCTION \ Mon !.!. DAUPHIN POUR SA

apparence bien fondée qu'on est en élal d'en ren Ire si fa

profiter, nenl de noh e i a or i

Celle (''preuve se doit faire par l'avis d'un hesoin sa 5e confesseur, qui sache nous donner si a I isanl < i

propos ce remède salutaire , que nous nous vei

en portions mieux, et que notre viedevienne lie

tous les jours meilleure. les - par h

Car sans doute n'est profaner le corps et primés, il en fl l<

le sang de Jésus-Christ que de les recevoir c'<

sans qu'il y paraisse à notre vie. Ce n'est considérer s'il croil vi

point discerner le corps de Notrc-Seigneur les vérités de I>i<n , s't! mel

d'avec une nourriture ordinaire que de de- fiance en ses proroi s'il l'aime

meurer toujours aussi grand pécheur après sou cœur et s'il désire sa . l'avoir reçu qu'auparavant, il n'y a rien qui Après avoir fait cette épreuve el avoir i

endurcisse davantage les pécheurs et qui l'absolution avec un cœur vraimi

les mène plus certainement à l'impéni- tant, on peut s'approcher de la coma

leuce que de recevoir les sacrements sans quelque indigne qu'on se Si nie

en profiter , parce que, s'accoutumant à les la recevoir. Car les pécheurs bum

recevoir sans effet, ils n'en sont plus touchés repentants sont ceux que Jésus -Christ

el ne se laissent aucun moyen de se relc- venu chercher. ver. Dieu retire ses gr.lees de ceux qui en 11 faut donc aller à lui a

abusent, et plus elles sont abondantes dans comme à l'unique soulii n de n

l'Eucharistie, plus on se rend odieux à la et puisqu'il nous a déjà donné ' ulir

justice divine quand on les laisse écouler de nos fautes, chercher en lui-même la fi

sans fruit. nécessaire pour persévérer.

Q .e le pécheur s'éprouve dans soi-même |y Q f ., , . dm> /f| eonm

et qu il juge sérieusement devant Dieu avec l • * i i

un sage confesseur s'il est en état de profi- Seigneur, je ne suis pas d

1er de la communion ; car s'il n'en profite entriez dans ma maison;

pas, il se met dans un danger évident d'è- ment une. parole et mon

ive pis qu'auparavant selon cette parole de (Mollit, vm , 8.) Jésus-Cbrist : Le dernier élal de cet homme Venez, Seigneur Jésus , vem

est pire que le premier. [Matth: xu, Vo.) 20.)

Mais malheur à celui qui, n'étant pas jugé Dans cette sainte action il faut mé

digne de communier, n'est point itérée de semble ces deux sentiments

douleur et ne regarde pas celle privation humilité par laq içlle nous i

comme une image terrible du jugement indignes de recevoir Jésus-Chi

dernier où Jésus-Christ séparera pour ja- ardeur extrême de s'unir a lui pou;

mais de sa compagnie ceux qui auront nié- séparer jamais, rite la condamnation. C'est ici le mystère d« I union

-Ce jugement n'est pas assez redouté, parce céleste avec l'Egliî

que les hommes le regardent comme une qu'il s'unit à elle corps

chose éloignée; mais Jésus-Christ nous Je cœur, esprit à esprit, pour ne I

rend présent dans l'Eucharistie. Il y sépare qu'une même chose, où : s

les agneaux d'avec les houes, il appelle les séder tout entier auj âmes

justes et éloigne de lui les pécheurs et leur ses épou i il veut au si l<

dénonce par là qu'ils n'auront jamais de part sans réserve. avec lui s'ils ne lonl bientôt pénitence. Quel amour, que! ar

Il y en a qui se font un sujet d'orgueil de point ressentir à : ne pas communier et qui s'imaginent être grâcel Mais que cet a, nomplus vertueux que les autres quand ils se ble et respectueui retirent de la sainte table, sans se disposer nélrée de sa bas 1 à en approcher au plus tôt. C'est une illu- grandeur de l'fcpoui cèles sion pernicieuse, cette privation est un sujet à elle, de ses bontés inG u d'humiliation profonde. Jésus-Christ est ricordes innombral notre pain que nous devrions manger tous On ne peul trop ré les jours comme faisaient les premiers Chré- Seigneur, jen s tiens, et nous devons nous confondre quand venez. Je m suis , nous sommes jugés indignes de le recevoir; qu un />, çheur et ui donc, au lieu de nous reposer dans cette gneur Jésus, . privation, il faut entièrement tourner no- pécheurs, H s les* ire cœur à déplorer notre malheureux élal , blesse, vouséles U seul ri , et travailler avec ardeur à recouvrer bieoiôl extrêmes. Jésus-Christ dont nos crimes nous ont se- tous êtes le 1<> » ' >;< "

pare mes fort es uuattut* , t ou

1 Quelqde. jours auparavant que de corn- « » «I

:£,Si! ; i ' ■--'' —

UEI MIF.S INEDITES DE BOSSWT

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us recueilli au dea des p rertai-

■ - . lais d cœur à ces cl « ux mou-

rants ! d'amour.

i ■.. se: iter a?ec une nou-

.• ardeur durant la Messe où nous avons ssein de communier : prions-y plus que r toute l'Eglise el pour la paix de i hrétiei pour les pe-

urs, pour les pasteurs de l'Ê lise el pour - princes, afin que Dieu soil servi partout, el 1«« mon le bien gouverné en toutes i ni ères; pour les hérétiques, pour les infi- -, pour sos amis, j our ses ennen ir ceux qui doivent communier ce jourenfin pour tous les vivants et pour les morts, el offrons à Dieu notre communion i our (ont - - lioses. Car c'est ici le mys- ■ de charité où il faut autant qu'il se I eut exercer la en a r Hé envers tous les hommes, el faire naître en son cœur le désir de faire tout le bien possible.

Il faut recommander avec plus do soin .iX qu'on a une obligation particulière de ommander à Dieu. Ce saint mystère est . tabli pour nous perfectionner dans tous - ilevi irs, pour nous l'aire exercer toutes vertus, el pour donner de la force a toutes nos prières et à tous nos vœux.

Offrons-cous donc à Dieu par Jésus- Christ en sacrifice, et offrons-lui avec nous tous ceux avec qui nous souhaitons de t;er éternellement avec lui.

Quand le piètre communie, excitons-nous .s que jamais. Abandonnons notre cœur aux sentiments qu'une humilité sincère et un amour plein de confiance nous inspirera, et d sons toujours non tant par j aroles que par un intime sentiment du cœur r 0 SeigneuTyje ne suis pas digue; venez, Seigneur Jésus, venez!

rès la communion du prêtre il faut approcher de l'autel ; songeons, en prenant la nappe, quel honneur nous allons recevoir d'être appelé à la table du Roi des rois, où lui - môme devient notre nourriture : Qui --je, Seigneur? qui étes-vous? Quoi, Scinr , vous venez à moi! venez, Seigneur Jésus, tenez.

1! faut dire son Confiieor avec un regret extrême de' ses péchés Frappons notre poitrine en disant : Mea culpa, plus encore par une vive componction que par l'action extérieure de la main.

Quand le prêtre dit Miser eatur, ïndulgent>um, [irions Dieu qu'il nous pardonne nos péchés, et qu'il nous fasse la grâce de les i orriger : 0 seigneur! serai- je assez malheureux et assez ingrat pour vous offenser dorénavant : plutôt la mort, mon Dieu, plutôt la mort!

Le prêtre dit ensuite, et nous avec lui : Domine, non sum dignus. On le répète trois lois, et ou ne le peut dire trop souvent, ni

►p admirer la bonté d'un Dieu qui ne laigne pas de venir h nous. Là, on adore

-us-Christ avec un abaissement prof d esprit et de corps ; on frappe sa poitrine,

maison doit encore plus frapper son cœur en l'excitanl .'i cora| onction.

le prêtre s'approene pour nous apporter Jésus-Christ, puis faisant le signe . croix et nous souhaitant la vie éter- :.i is donne ce divin corps qui cecit en soi imites les g âces.

ireux celui qui, ouvrant la boui ouvre encore plus son cœur pour le recevoir : 0 Jésut% vous êtes à moi , vous vous donnez tout entier: ô Jésus, je me donne et ' k, et je veux être à tous sans réserve.

Ayant reçu Jésus-Christ, on se relire modestement les mains jointes, plein d'une joie intérieure, comme un homme qui a trouvé un trésor et qui possède ce uu'il aime.

Il faut demeurer quelque temps tranquille, jouissant intérieurement de la présence de Jésus-Christ, et écoutant ce qu'il nous dira au rond du cœur ; car il y a des paroles de consolation et de paix, dont nul ne peut entendre la douceur que celui qui les a ouïes.

Parlez, Seigneur Jésus, parlez, votre serviteur vous écoule. (I Lleg.vi, 10. J

J'ai trouvé celui que mon âme aimait, je ne le quitterai jamais, (L'uni, in, i.)

Mon âme loue le Seigneur, et mon esprit se réjouit en Dieu mon Sauveur. (Luc. i, \~i )

Louez le Seigneur, parée qu'il est bon. parce que ses miséricordes sont éternelles. (Psal. cxxxv, i.)

Tirez-moi après vous, ô mon bien-uimé ! que je coure après i odeur de vos parfi et que je ne sente plus que vos douceurs. (Cant. i, 3.)

Avec de tels ou de semblables sentiments, il faut goûter intérieurement Jésus-Christ, et le prier de se faire tellement goûter, «|ue nous perdions le goût de toute aulre chose,

On peut faire après cela les actions de grâces qui sont marquées dans le livre des prières ; mais il n'y en a point de meilleures que celles qui sortent naturellement d'un cœur rempli des bontés de Dieu ei touché de ses intinies miséricordes.

Le jour qu'on communie on entend deux Messes, el la seconde se doil passer en aelions de grâces. L'âme qui sent son bonheur ne peut quitter cette pensée, et s'épanche toul entière en actes d'amour et en cantiques de réjouissance.

Elle fait aussi ses demandes, mais des demandes animées d'un amour céleste; elle demande pour toute grâce qu'il lui soit donné d'aimer Dieu ; elle souhaite et demande le même bonheur à tous ceux qu'> aime, et plus elle aime quelqu'un, plus elie prie qu'il soit rempli de l'amour divin.

Qu'on vous aime, ô mon Dieu! qu'on vous u'r.ite ; que je vous aime de tout mon cœur, que tous ceux qui me sont chers vous aiment; que tout le monde tous aime ; puissions nous to s vous aimer, vous louer et vous bénir, maintenant et à jamais!

Après la seconde Messe et avrv.s ces actes

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