SENTENCES MORALES RECUEILLIES DES PHILOSOPHES ANCIENS
dominante de noire être... (Ibid.. lib \ c. 7.)
Sur les vertus et les vices. — - Il appartient encore à l'homme vertueux' de (ouvrir (Je .sa protection ceux qui en sont dignes, d'aimer les gens de bien, de ne rechercher ni los représailles, ni la vengeance, mais d'ôtre miséricordieux, clément et prêt à pardonner. La vertu a pour compagnon la probité, l'équité et l'espérance... (ibid., cop. ull.)
Il est probable que le sage est cher à la divinité; car si les dieux, ainsi qu'il le semble, prenncnlquelqucsoin des allai res humaines, comme d'ailleurs selon toute apparence ce qui leur agrée par-dessus tout est ce qu'il y a de plus excellent et de plus semblable à eux, c'est-à-dire l'esprit, ils doivent, pavant de retour ceux qui l'honorent et le cultivent, les récompenser pour des occupations qu'ils chérissent et qui sont si nobles et si relevées. Or, il est manifeste que ces occupations sont surtout celles du sage. Il semble donc qu'il doive à la fois être aimé des dieux et jouir d'un bonheur parfait. De telle sorte qu'à ce point de vue môme , le sage est encore très-heureux. (Ad Nicom., lib. x, c. 9.)
I! n'y a rien en quoi nous puissions trouver un perpétuel agrément, parce que notre nature n'est pas simple, mais qu'en elle règne une diversité, qui lui est un principe de mort. . Prenez une nature simple, et son action aura toujours pour elle le môme agrément. C'est pourquoi Dieu jouit d'un plaisir toujours simple et toujours un. L'acte d'un être, en effet, ne consiste pas seulement dans le mouvement, mais aussi dans l'absence du mouvement, et il y a dans le repos plus de plaisir que dans le mouvement. Si lo changement est la plus douco des choses, cela vient d'un manque et d'une imperfection. Carde même qu'un homme qui tourne à tout vent est misérable, de même aussi la nature est misérable qui n besoin de changement; car elle est multiole et sans rèsle. (Ibid. lib. vu, cap. ult.)
C est pourquoi ils recherchent les voluptés du corps, parce qu'elles sont violentes, ceux qui n'ont point d'autres moyens d'apaiser leurs douleurs...; ils se créent ainsi et excitent une soif qui les dévore...; car pour eux il n'y a point d'autres joies... L'animal, en effet, souffre perpétuellement, comme l'attestent eux-mêmes les écrits composés sur la physique, où on lit que voir et entendre sont des choses fatigantes, mais qui chaque jour le deviennent moins par l'accoutumance... Itaquc animal multo labore onustum, laborat eni'm omnium scnsuum excrcens facilitâtes, quanquam assuctudo vetat quominus idsentiat, in voluptatem tanquam inquiétera suspirat... et de même, durant la jeunesse, à cause que le corps se développe et s'accroît, les hommes sont comme endormis dans le vin, et la jeunesse leur est une douce chose. Quant à ceux dont le nalurel est mélancolique, ils ont toujours besoin de
remèdes; car Ion ^so mordu
par l'aiguillon de tour tem| éi
sonl consta nmenl travaillés p
appétits. Porto voiupi %$lar nudi
menti cujusdam est, quo dolot
acrii animi vellicatio teht lient xmpetut
tantitper remit ta.
ri -fuLt-ui u)t) è; ovx-ôi
uir/Jl uv.Àlov... Itaquc vohiptnfrs jianli.
corporu quam » ehi lantur,
ut molesttœ temperentur instar medieanu i
■ rrsus moUitias, 1 1 </.
La société consiste dans ■ • ito-
rels que se rendent les parliculii i pourquoi tout a lien par la communication et permutation. Et tout cela est nédu : parce qu'il n'est pas possible qu'un i homme puisse suffire à tout. Ainsi, In ciété demande la diversité di - oun i es « s'il n'y en avait que d'une sorte, chacun rait suffisant a lui-même. De la vient que deux médecins ne composeront jamais une société, mais le médecin , par exemple, et lo laboureur. Ils se donnent donc l'un ;i los choses dont ils ont besoin. Mais, d'aut qu'il y en a dont l'ouvrage vaut mieui q celui des autres, afin n'obliger le meilleur h donner au moindre, il a failli faire une ocsure commune, et cela, les hommes l'ont fait par l'estimation. Or, afin que cela fat i-lus commode, d'autant qu'il semblait extrêmement difficile d'égaler des choses de si dilTérente nature, comme une maison et du blé, on a introduit l'usage de l'argent. Je vous donne mon blé, par exemple, mais j'auiai b -oin d'un logement dans quelque temi s: j<i fais un échange arec Paul, afin de me loger; mais Paul n'a pasdequoi m 'accommoder. Il substitue de l'argent ;i la place du logement quo je lui demande, et ainsi l'argent m comme caution que Je pourrai avoir une maison, quand la nécessiti pressera.
Sans quoi il est évident (pie je ne livrerais pas mon blé que je n*eusse la maison < n mes mains. C'est pourquoi Aristotc appelle l'ai gent, nummus sponsor, to «épupa o •
L'argent n'est pas une chose que la liai désire pour lui-même. Car les métaux pour eux-mêmes n'ont aucun usage util • au dernierdes hommes. Aussi, dans l'origine des choses, les richesses consista eut dans la possession des biens dont la nature avait besoin et dont le désir nous est naturel, tel qu'on le trouve dans le vin, dans les troupeaux. Nous le voyons chez les patriarches Que si l'argent ne nous est m 8 que
comme Substitué en la place de ces c le désir n'en doit pas être plus qu'il ne serait do ces choses-là raôuies. Or, les bt mes du besoin sont étroites. La nature est sobre et se contente de peu. Mais la cupidité est advenue, qui n'a plus voulu se contenter du nécessaire, mais par le désir du COfMDOd du plaisant, du bienséant, de là est montée au délicieux, au mol, an superflu, au somptueux; nous nous sommes fait certain idées d'une bienséance incommode, d'où il arrive qu'un homme peut êire en pénurie et
loi 01 i VRE6 INEDITES DE BOSS! ET. \Z<\
: in$ ne manquer de rien de ce que la du Arisiote : Si}*; n ùc napaarvCaÇnvffi , esl
; sire absolument. El ainsi ce aue vrai. (Ibid.)
INOTIGE SUU LES POESIES DE BOSSUET,
Lorsqu'on a lu avec une'admiration mêlée do sympathie et de respect les écrits en prose i onl élevé Bossuet à une hauteur incomparable au-dessus de la foule des écrivains, on ■ touve une sorte d'intérêt plus pénétrant et plus vif en ouvrant le recueil des poésies rues sorties aussi de la plume de l'illustre évoque. Ce n'est pas toutefois que l'on doive s'attendre à tiouver dans ce nouveau genre de production tonte la fermeté de style, louie a beauté des images, toute la sublimité des idées qui se décèlent dans les braisons funèbres, dans le Discours sur l'histoire universelle et dans un grand nombre de ses Sermons. j'.'ust une loi de notre infirme nature humaine que le même génie ne puisse embrasser avec la môme puissance de conception des genres si divers, pour ne pas dire si opposés, et communément il arrive que le talent qui s'élance ainsi dans une carrière multiple ne fait que mieux, sentir, au milieu de l'éclat dont il nous éblouit par la variété de ses créations, l'infériorité relative de quelques-unes de ses œuvres. A qui nous objecterait le nom de Lamartine, dont on ne saurait dire en effet d'où lui vient l'inspiration la plus brillante, de *on génie prosateur ou de son génie poétique, nous pourrions opposer ceux de Fénelon, l'y Chateaubriand et de bien d'autres encore, dont la postérité eût sans doute à peine appris les noms, s'ils n'avaient eu, pour se recommander a ses suffrages, à lui présenter que le- lecueil de leurs productions rimées.
Oui, disons-le franchement et sans hésitation : ainsi que Canova le peintre s'effaçait presque à côté de Canova le statuaire, Bossuet le poëte ne saurait être égalé à Bossuet le prosateur. Des constructions parfois embarrassées, plus d'une rime faible ou insuffisante, quelques périodes où le sens demande, pour être bien saisi, une certaine mesure d'attention de la part du lecteur, ces imperfections montrent assez qu'ici Bossuet parlait une langue moins familière à son génie que celle que, suivant l'expression de La Harpe, il avait créée avec tant d'audace et de bonheur dans ses Oraisons funèbres surtout. Aussi quelques esprits difficiles, plus frappés des défauts qui les choquaient que des beautés réelies dont ces poésies étincellenl ça et là, en ont contesté l'authenticité. A cette insinuation, nous répondrons par deux observations courtes et précises. Premièrement nous résu- 10 rons quelques preuves qui démontrent péremptoirement que Bossuet est bien véritablement l'auteur des cantiques, hymnes et traductions de Psaumes que nous publions ; et, en second lieu, nous remarquerons que, bien qu'inférieures aux écrits en prose de l'immortel prélat, elles portent encore dans mainte page la trace profonde de son double cénie o'écrivaiii et de théologien.
On sait que récemment on a imprimé, d'après les manuscrits autographes, les Mémoires et Journal sur la vie et les ouvrages de Bossuet, par l'abbé Ledieu, secrétaire intime do , i rèqne de Mcaux (88). Le témoignage de cet ecclésiastique qui était, pour ainsi aire, iu'essammenl aux côtés du prélat, acquiert une autorité irrécusable. Or, il revient dans un grand nombre de passages de son journal sur la traduction des Psaumes, et sur les hymnes et cantiques composés par Bossuet. Ces passages étant très-courts, nous allons les transcrire ici.
« Lundi 29 novembre 1700.— J'ai trouvé sous la main de M. de Meaux la traduction
en vers français d'un nouveau psaume; c'est que par délassement il a pris cette s.inte ion. » (Mémoires et journal, etc., tome II, page lGi.)
(88) Paris Didier, 1856.
137 NOTICE SIK SES PO£SltS. lT,i
« Dimanche 19 décembre 1700. — M. de Meaux a Ira rallié i ip, de| tril --p;
jours, à sa version des Psaumes en vers, h cause do ses voyages de. \ ertail M DO il n'a point de livres. Ici encore il est entièrement appliqué i la méditation de la Bit crois dans le même dessein do sa version, car je ne loi vois pas encore sa Politiqw les mains (89) » {Jbid., pages 1G7 et 168. V
« Mardi 28 décembre 1700. — AI. de Meanx a dit la .Messe dans sa i
ai encore vu sons la main la version des Psaumes.... » El quelques lignes plua loin : • ; jeudi 30 ... M. de Meaux a toujours les Psaumes sous les yeui. Ce \. ndn li , 31 1700, M. de Meaux a travaillé ses Psaumes matin et soir, et il a tout à fait inl ri travail sur la Politique.... » (Ibid., page 1G9.)
« Ce mardi fc (janvier 1701), M. de Meaux a ouï la Messe..., et travaille en ore mw
psaumes en vers français, à quoi il a joint aujourd'hui sa Politique, etc. » (1' ■ 170. J
« Ce lundi 10 (du même mois), il a oui la Messe dans sa chapelle; il continue son travail sur la Politique et sur les Psaumes... » (Ibid., page 171.)
« Vendredi, samedi et dimanche (21, 22, 23 du même mois), séjour 5 Paris, travail oi uaire sur la Politique et les Psaumes... v (Ibid., page 172.)
« Lundi i juillet (1701). — • J'ai vu dans son portefeuille sa traduction en v n-
çais du psaume cxvm, a laquelle il travaille actuellement pour les finir,
duit jusqu'au dernier verset; mais l'ouvrage n'a pas encore été mis au net, et il v fait Je
nouvelles corrections. » (Ibid., page 190.)
« Ce samedi 23 (septembre 1702). — Ces jours passés, M. de Meaux nous pai
ses traductions des Psaumes en vers, et que mercredi 20 septembre, jour de j«ù;. Quatre-Temps, attendant le dîner, il avait relu tout le psaume cxvm, qu'il avait fait cuti rement en vers, avec un argument aussi en vers, et il paraissait on être content; il m'a répété la même chose les jours suivants, et qu'au milieu de son occupation ordinaire, : ouvrait quelquefois son portefeuille où sont ces traductions pour les retoucher; et c'est ainsi qu'il entretient sa piété. » (Ibid., page 308 )
« Ce mardi 10 décembre 1702. — Au reste, il (Bossuet) se porte très-bien et travaille
gaiement et assidûment, nonobstant ces contre-temps. Je remarque même qu il a loujou sur son bureau son portefeuille contenait les Psaume» traduits on vers, auxquels il i vaille le matin en s'éveillant, et aux autres heures, ou pour se délasser, ou pour se mettre en train de travailler; plein du psaume cxvm, qu'il retouchait ces jours passés, il me sait, lorsque je lui parlais de la division des psaumes qui conviendrait le mieux a . I viaire qu'il voulait faire, qu'il fallait de nécessité mettre tous les jours le psaume cxvm aux petites heu-es, et qu'il y était tout a fait résolu, tant il le jugeait nécessaire oour entretenir la piété; ce qui est aussi certainement mon avis. » (Ibid., page 315
Les deux passages suivants nous apprennent (pie Bossuet avait soumis sa tradmt on en
vers des Psaumes à l'examen littéraire de M. l'abbé Genest, membre de l'Académie
çaise.
« Ce mercredi 22 (février 1702). — Il nous dit, en venant de Paris, qu H ava
ses Psaumes en vers français entre les mains de M. l'abbé Genesl pour le- von- a ir, et
qu'il fallait à présent les lui demander, parce qu'il les avait depuis plus de trois
mois... » (Jbid., page 272.)
« Mercredi, 28 février (1703). — 11 y a quelque temps queM, l'abbé G n si rari
à M. de Meaux ses traductions des Psaumes en vers que notre prélat lui avait don
examiner. Hier au soir, M. de Meaux eu parla à cet abbé qui le vint voir; i! lui d i qu
avait repris ces papiers depuis quelque temps, et qu'il trouvait ses «marques i
bonnes, qu'il songeait actuellement à en faire son profit. Depuis sa meilleure santé,
tant d'autres plus grandes occupations, il a pris celle-ci à Taris même Jéjà plusionrs
ce qu'il continue encore ici tous les jours à son loisir, v [ibid., pag. 393.)
(89) Il s'agitde l'ouvrage: Politique tirée de riwritwe suinte auduel BoSSUel travaillai! ou A qu*à sa version des Psaumes.
13J OLLYKES INEDITES DE BOSSU KT. liO
Ajoutons que la Bibliothèque impériale possède le manuscrit des poésies de Bossuet
I. franc., ir' 5133), et que ce volume appartenait à la famille lie Luynos, si inlimp-
Dl tnt liée avec Bossaet, ainsi que le rappelle M. l'abbé Guettée, éditeur des Mémoires ô^
■ a é Ledieu ('.H)). L'authenticité de ces OEuvres a donc tous les caractères de l'évidence.
s pouvons d'ailleurs alléguer le témoignage de Bossuet lui-même, qui, dans une' de Lcttrcs (} rnnau, dite en religion sœur Saint-Bénigne (91), s'excuse en quel-
q m sorte de se livrer à ce genre de passe-temps.
Ne | arlons point de me divulguer comme faisant dos vers, quoi qu'eu dise le P. Toquet, à qui je défère beaucoup Je ne fais des vers (pie par hasard, pour m'amuser saintement d'un sujet pieux, par un certain mouvement dont je ne suis pas le maître. Je veux bien que vous les voyiez, vous cl ceux qui peuvent en être touchés. A tout hasard voila l'hymne, .-aida ajouter et entrelacer un sixain. Vous aurez bientôt les myst ères jusqu'à l'Incantation. »
On voit par ces lignes que le but du pieux prélat était avant tout une pensée d'édification. Le conseil qu'il donnait à une autre religieuse qui composait aussi des vers, prouva encore qu'il ne voyait dans les ouvrages de poésie qu'un moyen d'utile et pieux délassement
" Jt' ne veux en vous de raisonnement que pour vous soumettre ; je permets le raisonnement des doigts très-volontiers, surtout q'uand ce sera pour chanter le cantique de la confiance. Vous voyez bien que j'ai lu votre épigramme. J'ai lu aussi le sonnet, dont le sens est bon; les règles ne sont pas tout à fait gardées'; mais il n'importe pas beaucoup, puisque vous vous déclarez contre les occupations poétiques (92). »
En ce qui concerne les imperfections et les fautes de versification quelquefois assez graves qui se remarquent dans les poésies manuscrites de Bossuet, il importe d'abord de se rappeler que, comme Pévêque de Mcaux ne destinait point ces œuvres poétiques à l'iinpression, elles se transmettaient par copies aux personnes qu'il se proposait de satisfaire et d'édifier; puis ceiles-ci les communiquaient aux religieuses de divers monastères par d'autres copies successives. Dès lors on ne peut s'étonner de trouver dans les manuscrits que l'on est parvenu à rassembler des altérations de plus d'une nature, des termes impropres, des fautes même de quantité, qu'il serait injuste d'attribuer au prélat. Les auteurs qui ont eu la satisfaction de voir courir leurs poésies manuscrites de ma;n en main pourraient attester combien souvent leur amour- propre a eu à souffrir des infidélités que leur texte primitif subissait dans cette espèce de propagation intime. Ce qui prouve en outre la justesse de notre observation, c'est qu'il nous est arrivé à nous-même, en comparant entre elles plusieurs copies de différentes mains, de retrouver dans l'une de ces copies le sens qui faisait défaut dans les autres. Nous avons déjà reconnu, sans craindre pour cela de nuire à la gloire de l'Aigle de Meaux, déjà si éclatante sans ces jets nouveaux de lumière, que chez Bossuet, le poëte n'égalait pas le prosateur, et nous citerons par exemple parmi ceux do ses vers qui nous ont paru plus faibles, la traduction du Super flumina Babylonis, que d'autr. s traductions ont depuis surpassée pour la fidélité de la version comme pour l'élégance du rbylhme. La traduction du psaume vin : Domine Deus no s ter, aurait aussi quelque peine à soutenir avantageusement la comparaison avec celle que Racine nous a donnée du même psaume. Mais que l'on examine sans prévention l'ensemble de ces poésies, on reconnaîtra que le sceau du génie supérieur, du profond théologien s'y laisse voir en plus d'une page. Les vers suivants, par exemple, composés à l'occasion d'un chapitre du Cantique des cantiques paraîtront-ils vraiment indignes de l'auteur des Elévations sur les mystères, ci dus Méditations sur les Evangiles?
(90) Mémoire* et Journal, etc., t. I, p. 27j.
fôl) C'est la 257« des Lettres de piété et de direction, t. III, col. 072.
(92) Lettre a Mme du Mans, la 133* des Lettres à rabbei.se et aux religieuses dz Jouarre, t. III , col. 1074.
NOTICE SLR SES POESI1 S
Quand l'Epoux en passai nous a montré sa gloire.' Lame, de son abord conserve la roémoii
El ce doui souvenir, Seule, sans mouvement, la Lient comme eodortnie :
Heureuse, si la loi d'une si tendre amie Le force à revenir.
D'ut>e louche imprévue en son temps réveil!' De «son ravissement elle est émerveillée :
En cet uiat heureux Elle éprouve en son cœur une nouvelle vie, Et, féconde eu vertus, d'elle-même sortie,
Elle vil dans les deux
Dieu fait nos volontés si nous faisons la sienne ; Il faut dan-, le devoir que sa loi ntnis retienne
Ici-Las captivés.
Mais il fera sa lu! des vœux de ses li!è! i, Quand par leur servitude aux grandeurs éternelles
Ils seront élevés.
De près il me remplit, et de loin il m'attire; 11 m'enivre, il me cause un merveilleux délire •
On seul un Dieu présent.
S'il relire en son s-in sa gloire manifeste, Il laisse une douceur comme l'odeur qui reste De son divin présent.
Les strophes iiuitéus du psaume lxiv: Tibi silentium laus, ne nous semblent manquer ni de la vigueur de l'expression , ni de l'harmonie des formes qu'on devait attendre du jpoëte :
Dieu puissant, je me tais en ta sainte présence; Je n'ose respirer ; et mon âme en silence Admire la grandeur de ton nom glorieux. Cue dirais-je, abîmé dans celle mer profonde? Pendant qu'à l'infini ta clarté nous inonde, Pouvons-nous seulement ouvrir nos faibles yeux ?
Si je veux commencer tes divines louanges, Et que déjà mêlé parmi les cliœurs des anges, Ma voix dans un cantique ose se déployer, Dès que pour l'entonner ma langue se dénoue, Je sens sortir un chant que mon cœur désavoue, Et ma tremblante voix ne fait que bégayer.
Changement merveilleux ! accablé de ta gloire,
De tout langage humain j'ai perdu la mémoire;
Interdit, éperdu, je n'articule plus;
A, a, a; mon discours n'a ni force ni suite;
A des cris enfantins ma parole est réduite,
El pour tout entretien n'a que des sous confus.
Plus je pousse vers loi ma suolinit. peiisee, Plus de ta majesté «je la sens surpassée ; Se confondre elle-même et tomber sans retour : Je l'approche en tremblant, lumière inaccessible Sans atteindre jamais lT.tre incompréhensible, Et mon œil éperdu ne trouve point de jour.
Cessez; qu'espérez-voas ne vos incertitudes,
Vains pensers, vains efforts, inutiles éludes ? C'est assez qu'il ait dit: Jr. mis celui QUI sets : llVt tout, il n'est rien de tout ce que je pense; Adorateur soumis par la foi, je commence, Et sans plus raisonner, en aimant je poursuis.
11 n'v a pas jusqu'à cet hémistiche, A, a, a, mon discourt, etc., au [uel les versificateurs rigoristes pourraient reprocher son hiatus, qui ne trahisse le méditateur assidu dos lugu et profondes lamentations du prophète d'Israël. Nous ne savons si notre vénération
grand nom de Bossuet ne nous abuse pas un peu : mais il nous semble lue des - >ù
U3 OEUVRES INEDITES DE BOSSUET. 14 i
Ion rencontre dos passages de cette forco ne méritent pas tout à fait d'être rejetées dam l'oubli ; quand il ne sérail pas vrai daillours que les hommes d'étude et de goût aimeront toujours à suivre les écrivains de génie et de foi dans les diverses manifestations do leur pensée, sûrs d'y trouver s s'instruire et à s'édifier
Nous finirons cel avant-propos en affirmant que nous n'avons rien négligé pour faire disparaître ue nos copies les inexactitudes qui s'y étaient glissées et produire le texte dans sa pureté.
Les Epitixrs.