‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 433 sur 458 · SAINT A.MO; P · texte numérisé non relu

SAINT A.MO; P

Mes esprits ne taraient dam cette défaillant

Par où preu ri ;

Je mourais : il fallait aux rigueurs

In aussi prom| :

Revenez : nous voulons toujours .< votit msM

Sentir votre pouvoir ; Revenez, rende! nous divine Bol ■<■

Le plaisir de »6os i

Et cessez plus longtemps d'habiter les cas

Quand par de communs vfnix , Egalement charmés votre époux, V*S

Redemandent vos y r.i'.i i i.x io\.

L'Epoux dans les pasteurs que partout il envoie Conduire son troupeau dans ta céleste vuie

Sont ces perplexitéSi Il fait craindre une vie en ses Mini Hop active El rappelle souvent l'âme contemplative

A ses sublimités

Visitez ses jardins : la vigne qu'il coi,:. A vos yeux vigilants, pousse et se tonifie

Sous vos soigneux regards ; Tourne/, les cependant vers la sainte retraite

Si vous voulez d'une âme inquiète et distraite Exiler les hasards.

Malgré son tendre amour Jacob souvent préfère — A l'aimable Rachel, Lia qui le lit père :

L'une excelle en beauté, L'autre dans son maintien moins belle que Rapporte à son époux de quoi remplir le monde

De sa poster;!.'.

Vu secours du prochain la charité vous guiJe, La sainte vérité remplit un CCBUI avide El le met dans les eieux.

Fuyez d'un zèle outré les ardeurs ins El toujours réserve/ aux tranquilles pensées Des moments précieux.

Je voulais occuper ma douce rêverie

De plaisirs innocents, Et seul m'entreienir de ma vigne fleurie,

De ses pampres naissants.

Avec un soin pareil curieux je visite

Les vallons d'alentour, El vois sur le noyer dont h feuille m'invite

Le fruit qu'il met au jour.

Loin de mon cher objet , je crus tromper ma peine

Parmi les coudriers ; Je me trouble : et soudain sur leurs pas je ramené

Mes diligents coursiers.

Ceux qu'à ses chariots Aminadab attelle

Avec leurs pieds ailés, Jamais dans la vigueur d'une course nouvelle

lNe kz ont, égales.

Dans les besoins pressants quittes la joiu>sancc Kl du céleste EpOUX l'agréable présenCt

Aile/ le secourir.

Lorsqu'on ses membres nus dans celte irisle vu-. Accable de douleur, de l'ami, de maladie, Il est piel à mourir.

Mais revenez bientôt où sa voix vous rappelle .

Venez pleurer, gémir, chez le peupl

El la n«lt et le jour.

Adorez en silence, et que voire prière Avec Dieu soit en nous un éternel u>>s:

D'un mutuel amour.

Lame parfaite sous le nom de S

SOI Mil '

Sulamiu- est toujours solitaire el tranqi

Elle ne peut (tuilier le bienheureux asile

ŒUVRES INEDITES DE BOSSl'ET

Où son Ejvoiix la lient ; S'il f;*"i île* ennemis assurei la défaite El ii-M au e»iul ai nue Ime m parfaite,

Souvent ell ■ \ i. v eut.

• ' S lomoti l:i <• Ion lie l'unique ;

loin ci. ii m lin pacifique.

•■ii re I es moi lois i i> < iroi p us épuré rie crime < Hiconli h i.i paix, ni n'offre de viclime ne dos autels.

I ie ui sa< us comme une auire Marie, Des boulines la merveilleel du «ici si chérie,

Il Faudra toutefois, Qu'elle serve à son u>ur et que nouvelle Manlie Au désir de l'Epoux souvent elle s'écarte

Du doux son de sa voix.

P. jeté dans les flots, Bernard, à la tompêle, Hors du poil ilesiié sait exposer sa léle

El vient loin do Glairvaux Où de eliastes plai>iis sou Aine e*t transportée, Z lé pic licateur de l'Eglise agitée

Partager les travaux.

Sur les noyers du jardin de l'Epoux.

Los noyers du jardin sonl dans le s uni cantique Des livres inspirés le langage mystique

Où l'on est ernpêohé Par l'amère e vcloppe et par la dure enceiule De recueillir d'abord dans la parole sainte

Le f, uil du sens caelié.

Il est ain-i ; souvent la divine Ecriture Je le aux yeux éclairés ine lumière pure.

S 'uveut la vérité Sous la lettre gtossière ost la manne caeliée Qui par un soin pieux veut èlre recherchée

Dans son < bscurilé.

Sur la vitesse des chevaux.

Dans ses (ours et retours toujours vif el rapide, L'époux d'une âme liè.le, indolente, insipide,

Déleste la lenteur :

D> piquants aiguillons, il l'anime, il la presse, Et lui laii vivement quitter de sa paresse

La iiiste pesanteur.

Sur un c!ia~ enflammé l'on voit monter Elie ; Par de fervents désirs que Pâme se délie

De !a boue et du s .ne:

Fl que dans c s bas lieux trop longtemps exilée Parmi les bienheureux • n soupirs exhalée

prenne son rane.

Quam pulchra es, arnica mea, quant pnlcbrs os! Omit nu columban m. absqui .1 In'rinspcus lalei, oir.

Sicut yiua enednea, pic., sirul Iragnion, pic., H'Rutie occuliis. — ColunibîP si |» i- aqi as l idcbra ul lima Pic. |Cflnl n, I. 1, ." ; \, l»; m. 9.)

Éclat de i Lnuuse; su forra / . ,

n lion <:. ; ; « uj

L'éolai de la bi au é i i autre éi lai un a :. ;

Ion 3sp i\,

Ton front, les bellt s mains, ion port, ta bonne g are

Foui le | la sir dos yeux.

Dans ses tendres regar Is la colombe innocente

N'a lien de si charmant Quand sur l.-s bords lluius d'une < au flaire et Elle (latte un ama.it. [coûtante

Sur ta bouche tendus deux rubans d'éeai laie

S'eulr'ouvrenl à la voix Qui retient des zéphirs l'haleine délicate

Ll le chantre des bois.

La grenade coupée en sa vermei le écorce

Imite les couleurs :

Dans les divins appas on éprouve une force

Qui chai nie les douleur-.

Comme un camp arrangé lu mots tout en déroute

Sans efforts el s .ns bruit, 'telle ne reluit pas dans sa paisible roule»

La reine de la nuit.

Pour illustrer nos jours le ciel a fait paraître

Ton é> lat nompareil :

Qui ne le connaît pus peut j-ussi méconnaître

Les ray> ns du soleil.

Quoiqu'un voile étendu, d'un *isage modeste

Couvie b-s plus beaux irails; Ta pudeur te trahit el relève le reste

De tes chasies ailrails.

RÉFLEXION

Li gloire de l'épouse au dedans renfermée Rend son mainti n plus beau, sa venu plus aimée

Ei plus vive sa loi ; De ses propres giandeurs son coeur elle détache Le silence est sa jo e, et plus elle se cache

Plus elle pUît au roi.

Pourquoi tant rechercher sa f ible créature? Seul il en 1H l'éclat, la beauié, la parure

Sa main seule y parut :

Il s'admire lui-même, il client sot image; Dés le commencement il bénit son ouvrage

El son travail lui plut.

Bonrc aspirel dies, etc. — ïota pn'chra es, etc.— Parus disiilkms, etc. — Hortus coitclusus . pu:. — Surge ,

.Aqni o, eu. (Cant. n, 17; iv, 7, II, 12, IG.)

V Epoux charmé. — L'Epouse $ons tache, tonte belle, m ccessible. — ses discours. — Vents impétueux. — Per- SCCUllOllS.

Jusqu'à tant qu'au matin des ven s la fraîche haleine Se répande à i'entour,

Que l'ombre fugitive cclaircissc la plaine El ramène le jour ;

J'approche ai de vous, ô montagne de myrrhe,

De vous de qui l'encens Exhale jusqu'.iii ciel la vapeur (iiron attire

Pour réveiller les sens.

Vous èies toute belle*; une giàce admirante

H lè»e chaque irait ; Mais on admire plus 'u tout iucomparal 1 1

L'assemblage parfait.

Plus des yeux étonnés la lumière s'allaclic

A vos rares beauté*, Plus on voit éclater d'un vidage sans lâche

Les nouVi lies clartés.

Venez du mont Liban, des plus gras pa'urages,

De loin, des environs, Des déserts habités p.tr les bè es sauvages :

Mous vous cou 1 01 nierons.

Un seul de vos regards par de secrètes flammes

Sait con»um r les «œurs :

Un seul de vos cheveux pour les plus belles âmes

A des attraits va.nqueurs.

De vos sages discours la giàce nompareille

A du lait les douceurs El passe la liqueur que la savante abeille

Va piller sur les Heurs.

Par sa chaste rigueur l'épou-e inaccessible

Est un jardin fermé, Son cueur pour son époux, à tout autre insensible,

Est toujours animé.

Elle est dans un enclos la fontaine scellée

Qui sait guder ses sce. >ux ; Ni berurer, ni troupeau ne l'ont jamais troublée,

Ni corrompu se-» eaux

Venez, vents du midi ; soufflez sur le parterre

Aquilons furieux :

El portez jus pi'au ciel et par toute la terre

Ses parfums précieux.

RÉFLEXION

L'Eglise a ses parfums, sa foi. sa pa'.ience, b u amour, ses .lésirs ; les vents, la violence

La fureur des lyrans :

Dans sou sein glo ieux Ions les peuples a'lire, El crois-enl sous le fer ses saints dont le martyre

A fait des conq>.éranls.

Que d'u»i cffiur épuré la pudeur est craintive! Fermée à tous ohj ts. solitaire, attentive,

Soi-même elle se craint :

Elle n'aime et ne sent que la loi, que la gloire De son amant jaloux, et seul dans sa mémoire

U se trouve dépeint.

La fortune me rit, la volupté me lente ; Avec tous ses aurais la ?iL i«c se présente

SAINT AMOUR. i.i

Q e \riit-e'|e de moi ?

I e île (HOU S. in , .-ii.

N i OCZ a m 01 s COHrS, Dâil, si

I ; la mon roi.

I nlo el cor rneam, ci, —Toi Bpn in i me lunji .i me •. •

t: jiim'-u-v etc. - luveuei un ru v, i. 3, 6.7)

Veille intérieure - L'Epoux frappe — Lenteur a ouvrir puait — /'/ — l — Lu garde arrête l'Epouse.

Mon cœur jamais ne change et j imais c somm Pour on i éd -i • amani

II brûle nuit ei jour ; el son f. u se lé-ull

A Chiq e h 'lien eut.

Sa \oix trouve toujours mon oreille attentive ; Je ors el je l'e letldfl ;

Je c> nnais les accents de sa bouche plaintive, C'est celui que j'attends.

Je fiappe : Ouvre, dit-il, ma parfait*, un belle. Dont mon CŒ i est < ha< me.

Ma colombe, ma Bonur, ma compagne fidèle,

Ouvre a Ion bien-aiiné.

De ma lête à la nuit trop longtemps exposée

Dans son aimable sein, Mon épouse bientôt essuyera la rosée Avec -a lu Ile main.

Trop paresseux époux ! quoi? faudra-l-il reprend' e

L'habit que j'ai quitté, Et de mes pieds lavés, pour un cœur si peu le

Ternir la nelU :

Par ses doigts empressés de la porie fora

II force le ressort :

Tous mes sens sont émus et mon àme pà De ce nouvel efloiU

Je vole el le verrou déjà sentait le baume

Disi i!é de ses matai ; Mais je voi> disparaître ainsi q l'un \r. i faulôm

Le plus beau des humains.

A ses cris, je courais languissante, attendrie,

Me perdre d <ns s, s bras.

Il me fuit : a mon tour, je p eure, je m'dt rk ;

11 ne me répond pas.

Du guet que je rencontre indignement tr.i

J'en impr se lel e u|is ; Et me plains seulement de me voir an

Bu cherchant mon époux.

Vous, filles de Sion, raconlei lui ma peu El l'extrême langueur

Où me m. l nuit el jour d'une absence ir.liuuiaioe La mortelle rigueur.

1 1 rxioN.

Amante de Jésus, soit qu'il comma do M nniirr. Soit qu'il fripe SU époux, si lu ne sais coin -.,

I rapides moment*; Tu pleureras longtemps sa (vite Irréparable i i ne reverrae plus sa race désirable Qu'après mille tourmente.

D'un amant refuse l'âme est comme glacée, race mal reçue el sa foi mal placée

Cause une triste nuit :

Si l'épouse l'écout • et ranime son zèle, L tiohl cesse et ravi d'un fen qu'on renouvelle

Il en goule le fruit.

L'épouse est trop souvent par la garde arrêtée, Soit que des surveillants fai lement entêtée,

Elle engage son cœur, Ou que (Ks vains conseils la trompeuse surprise Trouille les mouvements et rompe l'entreprise

Du céleste vainqueur.

Averte oculos tuos. (Cant. n, 4.)

Les ammits de la vérité et de la sagesse, étonnés de son excessive lumière.

Vous oui par vos regards m'enlevez à moi mêm<\

Vive source de feux, Reine, je n'en puis plus ; ma faiblesse est extrême;

Détournez vos beaux yeux.

0 maîtresse des couirs, ô vérité première,

Quand vous me prévenez Et que de vos rayons vous jetez la lumière

Sur mes sens étonnés,

J-; me pâme et mon cœur qui loin de moi s'envole

Dans un si grand effort, Ne sait en écoutant votre intime parole

S'il est ou vif ou mort.

Après la vision d'un céleste spectacle

Dans l'abîme plongé Je demeure incertain si j'ai vu ce miracle

Ou si je l'ai songé.

retirez donc l'éclat des lumières irop vives,]

El content de sa foi Nous assujettirons nos volontés captives

A sa suprême loi.

RÉFLEXION

L'époux lient dans ies saints ce sublime langage Quand de la claire vue ils font l'apprentissage ;i

El par tant de clartés Il perce de leurs yeux la tremblante prunelle Qu'il faut que ces essais de la gloire éternelle

Souvent leur soient étés.

Vmsi sentit d'abord sa force dissipée S>n courage abattu, sa voix entrecouoee.

Celui, qui dans les tours De la superbe Suse, aperçut sur la nue M: Fiîsde l'homme en l'air la figure venue

Jusqu'à l'Ancien des jours.

OEUVRES INEDITES DE BOSSUET. IMi

L'un dans h vision voij sa mort assurée L'autre d'un si grand poids a la face atterrée

Qu'il ne peut se lever.

Ou n'exprimant jamais ce que son cœur médite Il commence un discours que sa langue interdite

Ne peut plus acbever.

El toi, de l'Orient apôtre infatigable Quand les ravissements de l'éternelle table

A ton cœur sont passés; N"as-lu pas toujours prêta de nouveaux supplices, A la fois accablé de l'excès des délices

Répondu : C'est assez •

Statura tua assimilata est pa'mœ, etc. — follnm tniirn sient turris eburnea, etc., sicut tunis David. (Cunl. vu, *, 7; iv, 4.)

Elévations de l'Epouse. — Délicatesse de ses traits.

L'épouse esl dans sa taille au palmier égalée,

Arbre ebéri des deux Qui dresse incessamment vers sa voûte étoilée

Son front majestueux.

Ravi de ce grand arbre et de sa belle tête

En moi-même j'ai dit :

J\#aur.ii la dépouille, et jusque sur le faite

J'en choisirai le fruit.

Je tiendrai cependant ta divine mamelle

Comme on presse un raisin four tirer de ses grains la liqueur immortelle

Du plus généreux vin.

De tes membres poli-;, si tendre est la jointure

Qu'on la croil l'aile au tour :

De ton col élevé la superbe structure

Paraît comme une tour :

Tour qui par sa blancbeur efface de l'ivoire

L'éclat el la beauté; La tour qui de David conserve la mémoire

A moins de majesté.

Qnoiou'élernellement sur sa base affermie

Par d'assurés remparts ; Les carquois arrachés à la troupe, ennemie

L'ornent de toutes parts.

Et qu'on voie à l'entour pêle-mêle étendues,

Les troupes de guerriers ; Les cuirasse*, les dards, les lances suspendues

Leurs larges boucliers.

nÉFLEXION.

Quand l'âme pousse au ciel sa sublime pensée F» ou'en son cher objet tout entière passée *

Pour lui seul elle dit ; Quand au-dessus des sens heureusement perdue Dans un vaste inconnu sa voix perçante cl nue

Hors d'elle la ravit.

Unie au Toul-Puissaut, en vertu elle abonde : Chacun suce à l'envi sa mamelle féconde, En tout temps, en tout lieu ;

!';t POESIES, — LE

Pleine de vérité, de ce suc assouvie Dans ses sages discours, non plus que dans sa ue On ne trouve que Dieu

La se voit à ses pieds avec sa pompe vainc Et le long attirail de sa gloire, incertaine,

Le monde <lé -aimé ; Son pouvoir est à bas, sa grandeur étouffée El paraît au-ilessus de ce riclie trophée

Le nom du bien-aimé

L'épouse est au milieu des beautés différentes Un rare composé de douceurs attirantes

Où tout est réuni, On y voit la grandeur et la délicatesse, La grâce avec la force et partout la justesse

D'un ouvrage lini.

De ses membres sacrés Jésus fait la jointure Sa tarole éternelle en est la nourriture :

Mêlé dans tous le corps Son esprit au dedans l'anime, la maîtrise, El riche en dons divers découvre dans l'église

Ses immenses trésors

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