‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 70 sur 458 · XXV · texte numérisé non relu

XXV

•(Est-ce que Dieu a soin des bœufs?»

comme dit saint Paul {I Cor. ix, 9) : a-l-il fait la loi pour eux, et pour les chevreaux, et pour les bêtes? et ne paraît-. I pas qu'il a voulu inspirer aux hommes la douceur et l'humanité en toutes choses ; afin qu'étant doux aux animaux, ils sentent mieux ce qu'ils doivent à leurs semblables?

Il ne faut donc pas penser que les bornes qui séparent les terres des particuliers, et les Etats, soient faites pour mettre la division dans le genre humain ; mais pour faire seulement qu'on n'attente rien les uns sur les autres, et que chacun respecte le repos d'autrui. C'est pour cela qu'il est dit : « Ne transporte point les bornes qu'ont mises les anciens dans la terre que t'a donnée le Seigneur ton Dieu.» (Deul. xix, 14.) Et encore : '< Maudit celui qui remue les bornes de ;on voisin.» (Ueut. xxvn, 17.)

Il faut encore plus respecter les bornes qui séparent les Etats, que celles qui séparent les particuliers; et on doit garder la société que Dieu a établie entre tous les hommes.

il n'y a que certains peuples maudits et abominables, avec qui toute société est interdite, à cause de leur effroyable corruption, qui se répandrait sur leurs alliés. « N'aie point, » dit la Loi (Dcut. vu, 2-4), « de société avec ces peuples, ne leur donne i oint la fide, ne prends pas la leur pour Ion lis, parce qu'ils le séduiront ou le feront servir aux dieux étrangers. »

Hors de là Dieu défend ces aversions qu'ont les peuples les uns pour les autres ; et au contraire, il fait valoir tous les liens de la société qui sont entre eux. « N'ayez point en exécration l'Iduméen, parce que vous venez de même sang ; ni l'Egyptien, parce que vous avez été étrangers dans sa terre.» (Deul. xxm, 7.)

Aussi est-il demeuré, parmi tous les peuples, certains principes communs de société et de concorde. Les peuples les plus éloignés s'unissent par le commerce, et conviennent qu'il faut garder la foi et les traités. Il y a, dans tous des peuples civilisés, certaines personnes à qui tout le genre humain semble avoir donné une sûreté pour entretenir le commerce entre les nations. La guerre même n'empêche pas ce commerce; les ambassadeurs sont regardés comme des personnes sacrées : qui viole leur caractère Q est en horreur; et David prit avec raison une vengeance terrible des Ammonites, et de leur roi, qui avait maltraité ses ambassadeurs. (II Reg. x, 3, 4; xn, 30,31.)

Les peuples qui ne connaissent pas ces

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