La chute d'Adam, et le Sauveur promis
Dieu créa pareillement la femme; il appela l'homme Adam, et la femme Eve, et voulut que tout le genre humain naquît de ce premier mariage. Il mit nos premiers parents dans son paradis; c'était un jardin délicieux. Et pour montrer qu'il élait leur souverain, il leur donna un commandement, qui fut de ne pas manger du fruit d'un certain arbre. Dieu appela cet arbre l'arbre de la science du bien et du mal : le bien était demeuré soumis à Dieu, et le mal devait paraître si l'homme désobéissait au commandement divin. L'homme avait été créé 'saint et bon, mais il n'était pas pour cela incapable de péché, ni absolument parfait. Le démon le tenta ; il désobéit à Dieu, et mangea le fruit détendu. Aussitôt Dieu lui prononça son arrêt de mort : et, par un juste jugement, son péché devint le péché de tous ses enfants , c'est-à-dire, de tous les hommes. Dieu le chassa de son paradis, et le mit sous la puissance du démon, par qui il s'éfait laissé vaincre. Mais en même
temps, touché de pitié, il lui promit que de sa race il lui naîtrait un Sauveur, par qui l'empire du démon serait détruit, et l'homme délivré du péché et de la mort : c'est le Christ, ou le Messie qui devait naître au milieu des temps.
III. — La corruption du monde et le déluge. Les hommes, ainsi corrompus dès leur
origine, devenaient plus méchants à mesure qu'ils se multipliaient. Caïn, l'un des lils d'Adam, tua son frète Abel, le juste, dont il était jaloux; et sa postérité imita ses crimes. Dieu donna Seth à Adam au lieu d'Abel. La connaissance et le service de Dieu se conserva dans la famille de Seth, jusqu'à ce que cette famille bénite s'élant mêlée avec celle de Caïn, méchant et maudit, tout le genre humain fût corrompu. Alors Dieu résolut de noyer tous les hommes par un déluge universel, en réservant seulement Noé avec sa famille, afin de repeupler de nouveau la terre. Avant que d'envoyer le déluge, Dieu ordonna à Noé de faire de bois, en forme de coffre, un grand bâtiment qu'on appela l'Arche , et il y renferma les hommes et les animaux qu'il voulut sauver, de toutes les espèces. Les eaux s'élevaient par toute la terre, jusqu'à couvrir les plus hautes montagnes. L'arche, protégée de Dieu, voguait dessus. Noé en sortit quand la terre fut desséchée, et un an après qu'il y était entré. La première chose qu'il fit fut d'élever un autel et d'offrir à Dieu un sacrifice en action de grâces.
IV. — L'ignorance et l'idolâtrie répandue* par toute la terre ; la vocation d'Abraham ; les promesses et l'alliance.
La terre se repeupla d'hommes et d'animaux, et toutes les nations se formèrent des trois enfants de Noé, Sem, Chain et Japhet. En s'éloignant des commencements, les hommes oublièrent Dieu qui avait fait le ciel et la terre, et les avait faits eux-mêmes. On adora les créatures où l'on vit quelque chose d'excellent, comme les astres, le ciel, les hommes extraordinaires; et l'idolâtrie commençait à se répandre par tout l'univers. La véritable religion ne laissait pas de se conserver, avec la mémoire de la création du monde : les hommes se la laissaient les uns aux autres par tradition, et comme de main en main. Miis de peur qu'avec le temps elle ne se perdit tout à fait parmi tant de corruption, Dieu appela le patriarche Auraham, ne de la race de Sein ; il fit alliance avec lui, en lui promettant d'être sou Dieu et sa postérité, et l'obligeant aussi à le servir, lui et ses des-
cendants. La circoncision fui établie comme
le sceau de l'alliance. Abraham fut introduit dans la terre de Chanaan, que Dieu lui promit de donner à sa postérité. C'est celle que nous appelons la Judée, la Palestine, ou la Terre-Sainte. Dieu y voulait être servi par les descendants d'Abraham, ?our combler ce patriarche de ses grâces, '1 lui promit de nouveau le Sauveur du monde, qui devait naître de sa race, et par lequel toutes les nations de la terre, après s"être longtemps égarées , devaient retourner un jour au vr;ii Dieu qui avait fait le ciel et la terre, les hommes et les animaux.
Dieu confirme son alliance et les promesses du Christ qui devait venir à Isaac, fils d'Abraham, et à Jacob, son petit-lils. 11 donna à Jacob le nom d'Israël Abraham, Isaac et Jacob vécurent dans la Palestine, tantôt d'un côté, tantôt d'un autre, sans y avoir de demeure fixe. Leur vie était simple et laborieuse; ils nourrissaient de grands troupeaux : Dieu bénissait leur travail à cause qu'ils le servaient, et ils étaient respectés des princes et des habitants du pavs. Jacob y eut douze enfants, qu'on appelle les douze patriarebes, c'est-à-dire, les premiers pères des Israélites, et la tigede leurs douze tribus. C'est de là que sont sortis les Israélites, et on les appelle aussi les Hébreux.
V. — Le peuple de Dieu, captif en Egypte et délivre par Moïse.
Une famine universelle obligea Jacob à quitter la terre de Chanaan, pour se retirer avec ses enfants dans l'Egypte, qui n'en était pas éloignée. Tout abondait en Egypte, par la prévoyance de Joseph, un des (ils de Jacob, et celui qu'il aimait le mieux: mais il croyait l'avoir perdu, et l'avait pleuré comme mort, il y avait déjà longtemps. Cependant Dieu l'avait conservé miraculeusement; et Pharaon, roi d'Egypte, lui avait donné tout pouvoir dans son royaume. Jacob reçu en Egypte par ce moyen, s'y établît avec sa famille ; et là, prêt à expirer, il bénit ses enfants, chacun en particulier. Parmi tous ses enfants, Juda devait être le plus célèbre. C'était du nom de Juda que là Palestine devait un jour tirer son nom, et devenir la Judée. De ce même nom tous les Hébreux devaient aussi un jour êtreappelés Juifs. Jacob en le bénissant, lui annonça la gloire de sa postérité, et lui prédit que le Christ, sorti de sa race, serait l'attente des peuples.
La famille de Jacob devint un grand peuple ; elle demeura dans la foi des patriarches, et servit le Dieu d'Abraham, u isaac et de Jacob, que l'Egypte plongée dans l'idolâtrie, ne connaissait pas. Cependant un autre Pharaon monta sur le trône, et ne se souvint plus des services de Joseph. La jalousie de ce prince et de ses sujets leur fit prendre la résolution d'exterminer les Hébreux. Dieu les sauva de leurs mains, sous la conduite de Moïse, par des prodiges inouïs. L'Egypte fut frappée de dix terribles fléaux de Dieu,
qu'on appelle les dix plaies d'Egypte. L'eau des rivières fut changée en sang , et les Egyptiens trouvaient à peine de quoi boire; les grenouilles remplirent toutes leurs maisons ; des mouches de diverses sortes pénétraient partout, et ne leur laissaient aucun repos; Dieu envoya la mortalité et des ulcères terribles sur les hommes et sur les animaux; la grêle ravagea les moissons, dont les restes furent dévorés par des sauterelles qui couvraient la face de la terre ; toute l'Egypte fut couverte de ténèbres épaisses, on "ne se connaissait plus ; enfin, Dieu envoya son ange, qui en une nuit fit mourir tous les premiers-nés des Egyptiens, depuis le fils du roi assis sur son trône, jusqu'au fils de la servante occupée au moulin, et dans les services les plus bas de la maison. Pharaon à cette fois écouta la voix de Dieu, et laissa sortir les Israélites. La mer Rouge s'ouvrit devant eux pour leur faire un passage, et un peu après ils virent flotter sur les eaux le corps de Pharaon et ceux de ses soldats, qui lés poursuivaient : c'est qu'ils s'étaient repentis d'avoir obéi à Dieu; Dieu aussi les fit périr sans miséricorde.
VI. — Le peuple dansle désert, la loi, Ventrée dans la terre promise. Josué, David, Salomon. Le temple, le schisme de Jéroboam, la captivité de Babylone , les prophéties, l'attente du Christ.
Les Israélites restèrenkjquarante ans dans le désert, mais Dieu les protégeait. La manne tomba du ciel pour les nourrir ; un rocher, frappé par la verge de Moïse, leur fournit des eaux en abondance. Dès le commencement, Dieu leur parut sur le mont de Sinaï, avec une démonstration étonnante de sa majesté et de sa puissance, au milieu des éclairs et des tonnerres ; il écrivit de son doigt les dix commandements qu'on appelle le Décalo;ue, sur les deux tables de pierre, et leur donna la loi sous laquelle ils devaient vivre dans la terre de Chanaan, jusqu'à la venue du Christ.
Le temps était arrivé où Dieu avait résolu de donner aux Israélites cette terre promise à leurs pères. Moïse, leur législateur, les mena jusqu'à l'entrée : Josué les y introduisit, et la partagea entre les douze tribus. Dieu enfin suscita David, qui en acheva la conquête; la royauté fut établie dans -sa famille : Dieu lui promit que le Christ sortirait de lui. Aussi David était-il de la tribu de Juda, dont le Messie devait naître, selon l'oracle de Jacob. David chanta dans ses Psaumes les merveilles du Sauveur qui devait venir : il en vit la figure dans la personne de Salomon son (ils et son successeur. Durant le règne de Salomon, le temple fut bâti dans Jérusalem, et celte sainte cité fut la ligure de l'Eglise chrétienne. Salomon ne fut pas fidèle à Dieu, et aussi son royaume fut divisé sous Roboam, son fils et son successeur. Des douze tribus il yen eut dixqui se séparèrent du temple et de la famille de David, à qui Dieu avait donné le royaume. Jéroboam fut le chef de ces rebelles. C'est
PART. IX. TIIF.01. CVlT.f.lIlT. ET l'KDAG. — I. CATECHISME DE Ml.AI \.
la figure des scbisma tiques et de leurs auteurs, (|ui se séparent 'le l'Eglise. Dieu les rejeta! et le nom en est aboli. La tribu de Juda fut le chef de ceux qui demeurèrent fidèles. Mais les Juifs oublièrent souvent le Dieu île leurs pères, et leurs infidélités leur attirèrent divers châtiments, Après les impiétés d'Achaz et de Manassès, rois de Juda, Dieu appela Nahuchodonosor, roi de Bahylone, pour punir les ingratitudes de son peuple : Jérusalem tut détruite, le temple réduit en cendres, et tout le peuple mené captif en Babylone. Mais Dieu se souvenait toujours de ses anciennes miséricordes, et des promesses qu'il avait laites h Abraham, Isaaç et Jacob. Ainsi, après soixante-et dix ans de captivité, il ramena son peuple dispersé dans la terro de ses pères. Jérusalem fut réparée, et le temple rétabli sur ses ruines. Cvrus, roi de Perse, fut choisi de Dieu pour accomplir cet ouvrage. Ksdras et Néhémias y travaillèrent sous les ordres des rois de Perse. En ce temps, et durant plusieurs siècles, Dieu ne cessa d'envoyer ses prophètes, qui reprenaient le peuple, et fortifiaient les serviteurs de Dieu dans son culte. Ensemble ils prédisaient le règne éternel, et les souffrances du Christ, «t le peuple de Dieu vivait dans cette attente.
VII. — La venue de Jésus-Christ : sa prédication : sa mort : sa résurrection : son ascension : sa toute-puissance.
Il y avait environ quatre mille ans que le monde vivait dans les ténèbres. Dieu n'était connu qu'en Judée, et dans le plus petit peuple de l'univers. L'heure bienheureuse étant arrivée, où ce Christ tant promis devait venir, Dieu envoya au monde son propre Fils ; le Verbe de Dieu se fit homme. La nouvelle de sa prochaine venue fut annoncée à Marie qui devait être sa mère, et néanmoins toujours vierge. Elle crut, le Christ, Fils de Dieu, fut conçu dans ses entrailles. Il naquit à Bethléem : il fut circoncis et nommé Jésus, c'est-à-dire Sauveur. Il croissait en obéissant a Marie sa mère, et à Joseph son nourricier. A l'âge d'environ trente ans, il fut baptisé par Jean-Baptiste, il prêcha dans la Judée, et il annonça l'Evangile, c'est-à-dire la bonne nouvelle; et cette bonne nouvelle, c'est la rémission des péchés, et la vie éternelle à ceux qui croiraient en lui, et vivraient selon les préceptes de la loi nouvelle qu'il prêchait. Pour jeter les fondements de son Eglise, il appela ses douze apôtres, dont saint Pierre fut établi le chef par Jésus-Christ. Cependant la jalousie des pontifes, des pharisiens et des docteurs de la loi s'élevait contre lui, à cause qu'il reprenait leurs erreurs et leur hypocrisie. Enfin, il fut crucifié sur leCalvaire, auprès de Jérusalem, entre deux voleurs. Les Juifs continuèrent à l'outrager au milieu de son supplice; et comme il eut demandé à boire, on lui présenta dans une éponge du fiel et du vinaigre. Tout ce qui était écrit de lui dans les psaumes et dans, les prophéties, fut accompli ; il expira sur la croix ; son corps