X.XXIII. — Conclusion et abrège' de ce discours
Voilà de très-bonne foi toutes les plaintes de votre ministre sur le livre xv des Variations. On a démontré dans ce livre trente autres absurdités de la doctrine des protestants sur l'unité de l'Eglise, je le dis sans exagérer, et vous pouvez vous en convaincre par une lecture de demi-heure. De toutes ces absurdités qu'on démontre à M. Jurieu, il n'a relevé que celle que vous venez d'entendre, où il succombe manifestement comu.e vous voyez. Un de ces messieurs de
Hollande, qui entretiennent le public des ouvrages de gens de lettres, remarque ici,
en parlant de ce xv' livre des Variations, que -ans doute , en l'écrivant, je n'avais pas lu le livre de {'Unité , où M. Jurieu répond à M. Nicole. Je n'avais garde de l'avoir vu, puisqu'à peine était-il impr mé lorsque mon Histoire a paru. Je l'ai VU depuis, et je m'assure que M. Jurieu ne dira pas qu'il y ait seulement louché, ou prévu la moindre des observations qui me sont particulières Chacun a les siennes, et outre la diversité qui se trouve dans les esprits, on prend diverses vues selon la matière qu'on se propose. Concluons donc que toutes mes remarque, sonl en leur entier, mais concluons encore plus certainement, a| lès toutes les raisons qu'on vient de voir, que j'ai très-bien démontré, que de l'aveu du ministre on peut se sauver dans l'Eglise romaine; qu'elle n'est donc ni .idolâtre, ni antiehrétienne, qu'il y faudrait revenir pour assurer son salut, comme à celle à qui ses ennemis mêmes rendent témoignage; puisque les ministres, qui l'attaquent avec tant de haine, qui osent môme donner la préférence sur elle à une Eglise arienne, 'ont forcés parla vérité à la reconnaître; qu'ils sont encore obligés à reconnaître dans certains points l'autorité infaillible de l'Eglise universelle, et les promesses sur lesquelles elle est fondée ; qu'ils n'ont aucune raison de les limiter, et qu'ils n'y apportent que des restrictions arbitraires! que soumettre son jugement à l'Eglise universelle, ce n'est 1 as se soumettre à l'homme mais à Dieu; que cette soumission est le plus sûr fondement du repos et des savants et des simples; que faute de se soumettre à une autorité si inviolable, on se contredit sans cesse, on renverse tous les principes qu'on a établis, on renverse la Réforme même et tout ce que jusqu'ici on y avait trouvé de plus certain, et qu'enfin on se jette dans le fanatisme et dans les erreurs des quakers. Au reste, qu'après avoir posé des principes par lesquels on est forcé de recevoir les sociniens dans l'Eglise, jusqu'à mettre des prédestinés parmi eux ; lorsqu'on songe à les exclure du nombre des communions chrétiennes, on ne peut le faire que par des moyens par où on s'exclut soi-même, en sorte, que d'un côté, on rend témoignage à l'Eglise; de l'autre, on tend la main aux sociniens, et de l'autre, on ne se laisse à soi-même aucune ressource.
,-~2ï) L";\ xv, col. 880 seq.
HS3 ŒUVRES COMPLETES DE BOSSU ET. "*i
HT AVERTISSEMENT
SUR LES LETTRES DU MINISTRE JURIEU