‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 257 sur 325 · PART. X. TBEOL. POLEMIQUE. IV. AVERTISSEMENTS AUX PROTESTANTS. 120Î · texte numérisé non relu

PART. X. TBEOL. POLEMIQUE. IV. AVERTISSEMENTS AUX PROTESTANTS. 120Î

dément: Sortes de Buhylone , s'appliquait aussi a elle-même cet nuire commandement du même I i t- u , faites-lui comme elle vous (i f>nt : d'où nous avons vu qu'elle concluait, qu'il lui était commandé, non-seulement de sortir de Rome, mais encore île l'exterminer à main armée avec tous ses sectateurs, partout où on les trouverait, avec une espérance certaine de la victoire (2767).

VU. — Autres variations de la Réforme : ses vains efforts pour prouver que ces quer.rrs civiles nunt pas été des guerres de religion.

Voilà donc la Réforme convaincue d'avoir entrepris, et encore d'avoir entrepris par maximes, et comme par un précepte divin, les guerres qu'elle semblait détester au commencement. Mais si elle rougissait du dessein de les entreprendre, eile en a encore rougi après l'avoir exécuté. C'est pourquoi, ne pouvant nier le fait, ni faire oublier au monde ses guerres sanglantes ; quand elle a cru que les causes en pouvaient être oubliées par le temps, elle a employé tout ce qu'elle avait de plus habiles écrivains pour soutenir que ces guerres, tant reprochées à la Réforme, ne furent jamais des guerres de religion : et non-seulement M. Bayledans sa Critique de M. Ma imbourg, et M. Burnet dans son Histoire de la Ileformation anglicane (2767*), mais encore M. Jurieu, qui s'en dédit aujourd'hui dans son Apologie de la Reforme, ont épuisé toute leur adresse à soutenir ce paradoxe.

VIII. — Paroles remarquables de M. Jurieu, qui condamne les guerres civiles de la Reforme.

1! n'y a rien de plus étrange que la manière dont il défend les réformés de la conjuration d'Amboise, qui est l'endroit par où ont commencé toutes les guerres : « La tyrannie des princes de Guise ne pouvait être abattue que par une grande effusion dé sang : l'esprit nu christianisme ne souffre point cela : mais si l'on juge de cette entreprise par les règles de la morale du monde, elle n'est point du tout criminelle ; ». et il conclut « qu'elle ne l'est en tout ëas que selon les règles de l'Evangile (2768). » Par où l'on voit clairement, en premier lieu, que toutes ces guerres des prétendus réformés selon lui étaient injustes et contraires à l'esprit du christianisme ; et en second lieu, qu'il se console de ce qu'elles sont contraires à cet esprit et aux règles de l'Evangile, sur ce qu'en tout cas, à ce qu'il prétend, elles sont conformes aux règles de ta morale du monde : comme si ce n'était pas le comble du mal de lui chercher des excuses dans le dérèglement du genre humain corrompu, qui ne l'est pourtant pas a^sezr comme nous l'avons démontré ailleurs

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Ceux qui n'ont que les dragons à la bouche, el qui pensent avoir tout dit pour la défense de leur cause quand ils les ont seulement nommés, doivent souffrir a leur tour qu'on leur représente ce que le royaume

a souffert de leurs violences, et encore presque de nos jours. Ils sont convaincus par a les et par leurs propres délibérations qu'on a en original, d'avoir alors exécuté en effet par une puissance usurpée, plus qu'ils ne se plaignent a présent d'avoir souffert de la puissance légitime. Le fait en a été posé dans l'Histoire des variations (2766), et n'a pas élé contredit; On y a dit qu'on avait en main en original-les ordres des généraux et ceux des villes à la requête des consistoires, pour contraindre les papistes à embrasser la Réforme ]>ar taxes, par logements, par démolitions de leurs maisons, et par découverte de leurs toits. Ceux qui s'absentaient pour éviter ces violences étaient dépouillés de leurs biens. Les registres des hôtels de ville de Nîmes, de Montauban, d'Alais, de Montpellier, et d'autres villes du parti, sont pleines de telles ordonnances. On a été bien plus avant, une infinité de prêtres, de religieux, de Catholiques de tous les états ont éié massacrés dans le Béarn par les ordres de la reine Jeanne, sans autre crime que celui de leur religion ou de leur ordre. Il y a encore des actes authentiques des habitants de la Rochelle, où il est porté que la guerre fut renouvelée à l'occasion des prêtres qu'ils précipitèrent dans la mer jusqu'au nombre do vingt-six ou de vingt-sept, de sorle que ceux tjui nous vantent leur patience et leurs martyres sont en effet les agresseurs, et le sont de la manière la plus sanguinaire. Ces dragons, dont on fait sonner si haut les violences, ont-ils approché de ces excès? Et tout ce qu'on leur reproche d'avoir entrepris sans ordre, de combien est-il au-dessous des violences où les protestants se sont emporiés par des ordres bien délibérés et oien signés? On a avancé ces faits publiquement; M. Jurieu ou quelque autre les ont-ils niés, ou ont-ils dit un seul mot pourles affaiblir? Rien du tout, parce qu'ils savent bien qu'ils sont connus par toute la chrétienté, écrits dans toutes les histoires, et de plus prouvés par actes publics. Mais c'étaient, disaient-ils, des temps de guerres, et il n'en faut plus parler : comme s'ils étaient les seuls qui eussent droit de se plaindre de la violence, et que ce ne fût pas au contraire une preuve contre leur Réforme, d'avoir entrepris par maximes de religion des guerres dout les effets ont été si cruels.

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