‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 30 sur 325 · DE MI'.AUX. M · texte numérisé non relu

DE MI'.AUX. M

brisée, et comme ré-

laquo

le signil

de péniin visible.

prononce l'absolus péchés

sur le pénitent,

tiou intérieure et la rémission

que Dieu lui accorde.

De la contrition et du bon propos.

La pécheresse aux pieds de Jésus-Christ. (Luc. vu, 36.) L'enfant prodigue. (Luc. xv.) Le pharisien •:i le publicain. (Luc. xvui, 10.)

Quelle est la première partie du sacrement de pénitence?

C'est la contrition.

Qu'est-ce que la contrition ?

C'est un regret d'avoir offensé Dieu, avec une ferme résolution de ne l'offenser plus.

Que veut dire ce mot contrition?

Il vont dire brisure et froissure, comme

quand une pierre est duite on poudre.

Qu'entendez unis donc par le cœur connu ?

Un cœur dur auparavant, et maintenant brisé et froissé par la douleur de ses péchés. ,, .

Pourquoi l'Ecriture se sert-elle de ce

mol ?

Pour montrer combien est louche, et combien est changé un cœur pénitent.

Combien y a-t-il de conditions nécessaires à une bonne contrition ?

Il y en a trois, il faut qu'elle soit surnaturelle, souveraine et universelle.

Que veut dire surnaturelle ?

C'est-à-dire, excitée dans le cœur par le Saint-Esprit, et fondée sur les considérations que la foi nous enseigne.

Qu'entendez-vous en disant (pie la contrition doit être souveraine ?

C'est qu'elle doit être par-dessus toutes choses.

Comment par-dessus toutes choses ?

C'est qu'on doit être plus fâché d'avoir offensé Dieu, qu'on ne le serait de toute autre chose, môme do la perle de la vie.

Qu entendez-vous en disant que la contrition doit être universelle ?

C'est-à-dire qu'elle doit s'étendre sur tous nos péchés.

Qu'enferme donc la contrition ?

Deux choses: la haine et la détestation de la vie passée ; le ferme propos, et le commencement d'une vie nouvelle.

Quelle doit être la haine et le reijret de ses fautes ?

Il faut qu'il exclue la volonté de pécher.

Qu'est-ce qu'il faut considérer pour s'exciter à la haine et aux regrets de ses fautes ?

Il faut considérer la rigoureuse justice de Dieu, et l'horreur du péché mortel, qui nous rend dignes de souffrir éternellement les peines de l'enfer.

Quelle autre considération faut-il encore employer à s'exciter au reijret de ses péchés ?

Que la bonté de Dieu est infinie, qu il est notre créateur, à qui nous devons tout, qui nous aime plus que les meilleurs pères ne font de leurs enfants.

Que faut-il encore penser ?

Que le Fils de Dieu s'est fait homme pour nous, enfant, nécessiteux ; qu'il a enduré toutes sortes d'eutrages pour nous sauver ; et que. les péchés que nous allons confesser ont été la cause de sa mort.

A quel reijret doit-on être excité par cette pensée ?

Si on avait fait mourir son père, on en aurait du regret toute sa vie. Jésus-Christ nous est plus qu'un père, et il a donné sa vie pour nous.

Quelles considérations servent à exciter le ferme propos à l'avenir?

Les mêmes qui excitent péchés passés.

Quelles sont ces considérations?

a s'affliger des

OEUVRES COMPLETES DE BOSSl ET.

Celles de la crainte ; comme de craindre l'enfer et la mort éternelle.

Mais quelles sont les principales considérations qui peuvent exciter en nous le ferme propos ?

Celles de l'amour. On doit être affligé d'avoir offensé un si bon père, et un Sauveur si miséricordieux et si bienfaisant.

Lequel de ces deux motifs est le plus parfait?

Celui de l'amour.

Quelle est la perfection ?

C'est que la contrition parfaite en charité suffit, avec le désir du sacrement, pour nous remettre incontinent en grâce.

Et ceux qui n'ont pas cette contrition parfaite, ne peuvent-ils pas espérer la rémission de leurs péchés ?

Ils le peuvent par la vertu du sacrement, pourvu qu'ils y apportent les dispositions nécessaires.

Quelles sont ces dispositions ?

La première est de considérer la justice de Dieu, et s'en laisser effrayer. (Conc. Trid. sess. 7, can. 6.)

Que faut-il faire ensuite ?

Croire que le pécheur est justifié, c'est-àdire remis en grâce par les mérites de Jésus-Christ ; et espérer en son nom le pardon de nos péchés.

El quoi encore ?

Commencer àaimerDieu comme la source de toute justice. (Ibid., can. 1.)

Qu'est-ce qu'aimer Dieu comme la source de toute justice ?

C'est l'aimer comme celui qui justifie le pécheur gratuitement, et par une pure bonté.

Pourquoi y ajoutez-vous cette dernière condition, de commencer à aimer Dieu ?

Parce qu'il ne paraît pas que le pécheur puisse être vraiment converti sans ce sentiment d'amour.

Pourquoi ?

Parce que si le pécheur ne commence à aimer Dieu, il doilcraindre qu'il ne continue à n'aimer que soi-même et la créature.

Et de là que s'ensuit-il ?

Qu'il ne serait pas converti, et que son cœur ne serait pas changé.

Que dites-vous donc de celui qui dans le sacrement de pénitence négligerait de s'exciter à l'amour de Dieu?

Qu'il n'aurait pas assez de soin de son salut.

LEÇON III

Qu'on peut faire aux plus avancés.

De la contrition et de l'attrition.

Combien met-on ordinairement de sortes de contritions ?

De deux sortes : la contrition parfaite, et la contrition imparfaite. (Conc. Trid. sess. lk, cap. h.)

Comment les appelle-t-on ?

La contrition parfaite retient ordinairement le nom de contrition ; la contrition imparfaite est communément appelée attri-

Quelle sorte de contrition appelle-t-on parfaite ?

Celle qui, étant parfaite par la charité, réconcilie d'abord le pécheur à Dieu avec le vœu du sacrement.

)Qu'appelez-vous le vœu du sacrement ?

Le ferme propos de le recevoir.

Quelle est la contrition qu'on nomme imparfaite ?

C'est celle qui est conçue communément par la laideur du péché, ou par la crainte de la damnation.

Quel est l'effet de la douleur conçue par ces motifs ?

C'est qu'avec, l'exclusion de la volonté de pécher et l'espérance du pardon, elle dispose à recevoir la grâce de Dieu dans le sacrement.

La crainte des peines éternelles est-elle bonne ?

Elle est bonne ; et c'est un mouvement du Saint-Esprit, qui n'habite pas encore en nos cœurs, mais qui nous ébranle pour s'y faire une entrée.

Faut-il dans le sacrement de pénitence exciter la crainte ?

Il faut, selon le précepte de l'Evangile, s'exciter à craindre celui qui, après avoir fait mourir le corps, envoie l'âme dans la gêne etdansles supplices éternels. (Matth.x,. 28; xii, 4.)

A quoi est bonne la crainte ?

A préparer les voies à l'amour de Dieu.

Et celui qui se contente de la crainte sans s'exciter à l'amour de Dieu, qu'en pensezvous ?

Qu'il n'a pas assez de soin pour son salut.

Pourquoi ?

Parce qu'il se repose trop sur une opinion douteuse.

Que faut-il donc faire pour assurer son salut autant qu'on y est tenu ?

Désirer vraiment d'aimer Dieu, et s'y exciter de toutes ses forces.

Le peut-on ?

Oui, avec la grâce de Dieu, toujours prête si on la demande.

De la confession.

David confessant son péché devant Nathan et obtenant le pardon. (II Reg. xu.) Esdras confessant ses péchés et ceux du peuple , et renouvelant l'ailiance avec Dieu. (/ lisants, ix, x.)

Quelle est la seconde partie de la pénitence ?

C'est la confession.

Qu'est-ce que (a confession?

C'est une accusation de tous ses péchés faite à un prêtre approuvé, pour en avoir l'absolution.

Pourquoi la confession des péchés est-elle ordonnée ?

Pour humilier le pécheur.

Pourquoi encore ?

Afin que le pécheur découvrant son mal au prêtre, comme à un médecin, il reçoive le remède convenable.

Pourquoi encore ?

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