PART. IX. TI1E0L. CATECHET. ET PEDAU. — I. CATECHISME DE MEAUX
Pour se soumettre à In puissance des clefs et au jugement des prêtres, qui ont le pouvoir de retenir les péchés, et dé les reme'tre.
Est il nécessaire de déclarer tous ses péchés ?
Oui, il est nécessaire de s'accuser de tous les péchés mortels qu'on a commis.
Et celui qui en retiendrait tin seul volontairement ?
Celui qui en retiendrait un seul volontairement, non-seulement ne recevrait pas l'absolution de tous les autres; mais il commettrait encore un horrible sacrilège.
Ne faut-il pas dire aussi les circonstances ?
Oui ; il y en a qu'il est nécessaire de déclarer.
Quelles sont la circonstances qu'il faut déclarer ?
Celles qui changent l'espèce du péché, et celles qui en augmentent notablement l'énormité dans une même espèce, lesquelles on appelle circonstances notablement aggravantes.
Donnez un exemple des circonstances qui changent l'espèce du péché?
Le vol des choses consacrées à Dieu, comme d'un calice, d'un ciboire ; ou les coups donnés à un ministre de l'Eglise, ne sont pas seulement un péché de larcin contre le septième commandement, ou une violence contre le cinquième, ils renferment encore une autre espèce de péché, savoir un sacrilège.
Que concluez-vous de là ?
Ou'il ne suffit fias de s'accuser d'avoir dérobé ou fia ppé : on est obligé de s'accuser d'avoir volé l'Eglise ou frappé un prêtre.
Dites encore quelque autre exemple
Celui qui a commis un péché mortel contre la pureté, soit par pensée, soit par action, doit déclarer si sa pensée ou action s'est portée vers une personne mariée, ou parente, ou alliée ; et ainsi du reste.
Pourquoi?
Parce que la première espèce d'impureté est un adultère, et la seconde un inceste.
Donnez aussi quelques exemples des circonstances notablement aggravantes.
Celui qui a péché contre le quatrième et le cinquième commandement, haïssant, méprisant, ou frappant, offensant son père, sa mère, son maître, ou quelque autre supérieur, doit déclarer s'il les a offensés outrageusement, ou nuiement frappés.
Kurrive-t-il pas quelque chose de semblable A l'égard du septième commandement, qui défend de dérober?
Oui celui qui a péché contre ce commandement, en dérobant une très-grosse somme, a péché plus grièvement que celui qui en a pris une médiocre; et ainsi il faut déclarer cette circonstance.
Apportez encore quelques exemples sur d'autres commandements.
Celui qui a blasphémé, chanté des chansons déshonnêtes, dit des médisances devant un grand nombre de personnes, a fait un
plus grand mal que si c'eût été devant peu de personnes.
Que doit-il donc faire?
Il doit déclarer qu'il a scandalisé beaucoup de personnes par ces sortes de péchés, et spécifiera peu près le nombre.
Est-il nécessaire de déclarer combien de temps a duré le péché?
Oui ; s'il a considérablement plus duré qu'il ne dure pour l'ordinaire ; comme quand on |iasse des nuits entières dans la gourmandise et l'ivrognerie.
S'il arrive qu'on ait oublié quelque péché ?
Si le péché est mortel, il faut retourner à confesse ; s'il est léger, il faut en demander (lardon n Dieu.
Combien y a-t-il de sortes de confessions?
Deux sortes : la particulière, et la générale.
Qu'est-ce que la confession particulière?
C'est une accusation des péchés qu'on a commis depuis sa dernière confession.
Qu'est-ce que la confession générale ?
C'est une accusation des péchés déjà confessés, ou de toute la vie, ou d'un temps considérable.
Est-il bon de faire une confession générale ?
Il est bon, et quelquefois nécessaire, par exemple, pour remédier aux défauts des confessions précédentes.
Quelle utilité nous revient-il d'une confession générale ?
Elle nous humilie, excite en nous l'horreur
du iiéché, et nous donne de nouvelles forces
pour le surmonter; enfin elle donne. une
grande paix de conscience.
De la satisfaction.
Zacliée satisfaisant à Pieu et au prochain. (Luc. xix, 1, eic.)
Quelle est la troisième partie du sacrement de pénitence ?
C'est la satisfaction.
Qu est-ce que la satisfaction?
C'est réparer l'injure que nous avons faite à Dieu, et le tort que nous avons fait au prochain.
Pouvons-nous offrir à Dieu une satisfaction suffisante pour notre péché?
Non pas avec une égalité parfaite.
Pourquoi?
Parce que Dieu, que nous offensons, est d'une majesté infinie, et que notre satisfaction ne l'est pas.
Que concluez-vous de là?
Qu'elle ne peut jamais être proportionnel à l'offense.
Pourquoi donc s'efforcer en vain de satisfaire à Dieu ?
Pour faire avec sa grâce, ce que nous pouvons, attendant le reste de sa bonté.
Ae pouvons nous pas offrir à Dieu une satisfaction suffisante en quelque manière?
Oui, parce qu'avec sa grâce nous lui pouvons satisfaire d'une manière dont il veut bien se contenter.
Qu'est-ce qui donne le prix à nos satisfactions?
Celle de Jésus-Christ, qui est intime, a
05 (EtJVRES COMPL
laquelle nous unissons les autres comme nous pouvons.
Quelles sont les œuvres que Von appelle sutisfactoires ?
Des œuvres pénibles que le prêlre nous impose en pénitence.
Dites-en quelques-unes.
Les aumônes, les jeûnes, les austérités, les privations de ce qui agrée à la nature, les prières, les lectures spirituelles.
Pouvons-nous aussi satisfaire à Dieu par les afflictions qu'il nous envoie?
Nous le pouvons, en les endurant patiemment en esprit de pénitence.
Qu'est-ce que satisfaire au prochain ?
C'est lui rendre ce qu'on lui a ôté; son bien, si on l'a dérobé ; son honneur, si ou l'a calomnié, ou qu'en quelque autre soi te on ait blessé sa réputation.
Dites-moi la manière particulière de satisfaire au prochain quand on l'a offensé.
C'est de lui demander pardon.
Et celui qui n'est pas dans la résolution de satisfaire?
Sa confession lui est inutile.
Pratique de la confession suivant la doctrine précédente.
Apprenez-nous le moyen de recevoir utilement le sacrement de pénitence.
Il faut observer ce qu'on doit faire avant la confession, ce qu'on doit faire dans la confession, et ce qu'on iloit faire après la confession.
Que faut-il faire avant la confession ?
Il faut premièrement examiner sa conscience.
Qu'est-ce que l'examen de conscience ?
C'est une soigneuse recherche des péchés qu'on a commis.
Cet examen est-il nécessaire?
Oui, parce qu'on ne peut avoir regret de ses péchés, ni les confesser entièrement, si on ne tes connaît auparavant; ce qui ne peut se faire sans examen.
Comment faut il faire cet examen ?
Il laut demander à Dieu la lumière, pour connaître ses fautes, et la grâce de les détester.
Et après ?
Il faut rechercher en quoi on a manqué par pensée, parole, action et omission contre les commandements de Dieu et de l'Eglise.
Avec quel soin cl quelle diligence faut-il examiner sa conscience avant la confession?
Avec le môme soin et la même diligenee qu'on a coutume d'apporter aux affaires de conséquence.
Quel moyen de faciliter cet examen ?
C'est de faire tous les jours l'examen de sa conscience avant qu'on se couche.
Dites les autres choses qu'il faut faire avant ta confession.
11 faut concevoir un regret d'avoir oifensé Dieu, et faire un ferme propos de ne le plus offenser.
ETF.S DE BOSSl'LT.
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Comment excitez-vous ce regret et ce ferme propos ?
En disant ces parolesou autres semblables : a O Seigneui , j'ai péché, et je suis digne de l'enfer !
« O qu'il est horrible de tomber entre les mains du Dieu vivant.
« Qui pourrait demeurer dans le feu éternel, avec ce ver dévorant, avec ce grincement de dents, et ce désespoir, où il n'y a point de remède?
« O mon l'ère, j'ai péché contre le ciel et devant vous, et je ne suis pas digne d'être appelé votre (ils! Je ne veux jamais vous désobéir, ni vous déplaire, à cause de votre bonté.
« O Dieu, ayez pitié de moi, pécheur 1 »
Suffit-il de dire ces paroles de, bouche ?
Non; il les faut dire avec componction de cœur.
Qu'appelez-vous componction ?
C'est avoir le cœur percé de douleur.
Que faut-il faire dans la confession?
Il faut, 1° étant aux pieds du prêtre, lui demander sa bénédiction, en disant en latin : Bénédic, milti, Pater, quia peecaci ; ou en français : Bénissez-moi, mon Père, parce que j'ai pé.hé; puis dire le Confiteor jusqu'à mea culpu, et le temps tle sa dernière confession, et ensuite dire ses péchés.
Est-il nécessaire de déclarer tous ses péchés )
Il est nécessaire de dire tous les péchés mortels; et celui qui y manquerait volontairement ferait une confession nulle, et un horrible sacrilège.
Mais t/tiand le péché est si honteux qu'on n'ose le dire, n est-on pas excusable?
Non ; ce'ui qui n'a pas eu honte de le faire, ne doit pas avoir honte de le dire.
Et si l'on craint que le confesseur ne le publie ?
On ne le doit pas craindre, puisque le confesseur est obligé au secret sous peine de grand péché.
Et si l'on est en danger d'être entendu des autres pénitents ?
Il y faut mettre remède; mais non pas taire son péché.
Comment faut-il confesser ses péchés ?
Avec beaucoup de componction et d'humilité, en commençant par les plus houleux.
Et après les avoir confessés?
Il faut dire : « De ces péchés, et de tous ceux dont je ne me souviens pas, j'en demande pardon à Dieu de tout mon cœur ; et à vous, mon père, pénitence et absolution. »
Après qu'on a dit ce que l'on sait, n'est-il pas à propos de prier le confesseur de nous interroger?
Oui, cela est à propos.
/;/ quand tout cela est fait?
il faut achever le Confiteor, depuis mea culjia, écouter attentivement ce que le prêtre nous dira, et s'il ne nous trouve pas suffisatumenl disposés pour recevoir l'absolulion* il faudra suivre son conseil.
PART. IX. THEOL. EATECHET. ET l>i;i)W,. — I. CATECHISME D MEAUX.
Que fuut-il faire après lit confession î
Il f;uit satisfaire à Dieu et ;m prochain, et
se confesser de ses fautes,
Que faut-il faire pour se corriger de ses fautes î
Se défier de soi-même, et se tenir continuellement sur ses gardes.
Et quoi encore ?
Eviter les occasions et les compagnies qui nous induisent au péché.
Et i/tini encore Y
Prier beaucoup.
Et quoi encore ?
Eviter l'oisiveté.
Les trois leçons suivantes se feront à ceux qui seront plus avancés en capacité et en àye.
LEÇON VII
De la soumission t/u'on doit avoir dans le refus de l'absolution.
Le. prêtre peut-il quelquefois différer ou refuser l'absolution.
Oui ; le prêtre peut quelquefois différer ou refuser l'absolution.
Pourquoi?
Parce que Jésus-Christ lui a donné le pouvoir de lier aussi bien que de délier, et de retenir les péchés aussi bien que les remettre. (Alutth. xvin, 18; Joan. xx, 23.)
Dites-nous les cas auxquels on doit différer l'absolution.
11 y en a de deux sottes : le défaut de la bonne instruction, et le défaut de la bonne volonté.
Qui est celui qui n'a pas l'instruction nécessaire?
Celui qui ne sait pas, au moins en substance, les articles du Symbole des apôtres, Jes commandements de Dieu et de l'Eglise, ni ce que c'est que le sacrement de pénitence, et les dispositions qui y sont requises.
Quand est-ce qu'on présume le manquement de bonne volonté ?
On le présume, si le pécheur doit quelque chose au prochain à quoi il n'ait pas encore satisfait, l'ayant déjà promis à son confesseur.
Dites-nous-en quelque exemple.
Comme s'il refuse de demander pardon à celui qu'il a offensé et de lui restituer sa réputation ou ses biens, étant en pouvoir de le faire.
Que doit faire en ce cas le confesseur ?
Il doit déclarer au pénitent, de la part de Dieu , qu'il n'est pas en état d'être absous.
Quel autre cas y a-t-il de différer ou de refuser l'absolution, faute de bonne volonté?
Si le pécheur est dans l'occasion prochaine du péché mortel, et qu'il ne veuille pas s'en retirer.
Qu'appelez-vous occasion prochaine ?
Celle où on a coutume de pécher.
i)iles-en des exemples.
Comme si en de certaines compagnies, ou dans de certaines maisons, comme au cabaret, on a accoutumé de blasphémer, ou de
faire des jurements criminels, de s'enivrer, do s'emporter de colère, de voler, ou de commettre quelque impureté.
Que dites-vous de tels pécheurs ?
Qu'ils sont coupables d'être absous, .s'ils n'ont une ferme résolution de s'éloigner de ces compagnies et de ces maisons.
Et celui qui en' jouant ne peut s'empêcher de blasphémer OU de tromper?
Il est obligé de quitter le jeu ; autrement il est incapable d'être absous.
Et celui quise sent porté à l'impureté dans les danses ?
Il esi incapable d'être absous, s'il n'est résolu de les éviter.
Et ceux qui ne veulent pas se défaire de leurs mauvais livres ?
De même.
Que dites-vous des chansons qui portent au libertinage, et entretiennent de mauvaises pensées ?
C'est encore pis que les livres.
Que dites-vous de celui qui est dons l'habitude du péché mortel ; par exemple, de blasphème, d'ivrognerie, ou de quelque impureté?
Qu'il doit souffrir humblement le refus de l'absolution, s'il n'en fait aucun profit.
A quoi jugez vous que l'absolution ne profite pas au pécheur ?
Si les rechutes sont toujours aussi promptes et aussi fréquentes qu'auparavant.
Pourquoi doit-on refuser l'absolution à un pécheur qui retombe toujours?
Parce qu'on a sujet de croire qu'il n'a pas le ferme propos de s'amender.
Mais le prêtre ne doit-il pas en croire sen pénitent ?
Non ; l'homme ne se connaît pas soimême, surtout quand il est aveuglé par ses liassions et ses mauvaises habitudes.
A quoi donc peut-on connaître l'homme ?
L'Evangile nous apprend qu'on le connaît à ses œuvres.
Mais le confesseur n'est-il point trop rude, quand il diffère l'absolution à son pénitent ?
Non ; il ressemblo à un médecin qui tente tous les remèdes pour sauver son malade.
Qu'appelez-vous tenter tous les remèdes ?
Tenter les voies de rigueur, quand le pécheur a trop longtemps abusé des grâces de Dieu.
Mais le pécheur âqui on refuse l'absolution doit-il désespérer de son salut ?
A Dieu ne plaise 1 au contraire, il doit croire que les rigueurs de l'Eglise lui sont salutaires. ■
Muis le pécheur à qui on refuse l'absolution à cause de ses rechutes fréquentes, doit- il se retirer tout à fait de la confession ?
Non ; la confession lui est utile en plusieurs sortes.
Comment ?
C'est qu'il s'y humilie ; il y reçoit de bons conseils et des pénitences salutaires; il produit quelques bons désirs, en attendant
U L'Vr.ES COMPLETAS DE UOSSUET.
de bonnes œuvres ; le piètre prie pour lui ; et enfin il va toujours de la grâce à subir le jugement de l'Eglise.
Quels sont les inconvénients des absolutions mal données ?
C'est d'exposer le pécheur à la profanation des sacrements.
Et de là que s'ensuit-il?
Qu'on lui attire la colère de Dieu, au lien de la miséricorde
Quel autre inconvénient y a-t-il ?
D'accoutumer le pécheur à ne profiter pas des remèdes, et les lui rendre inutiles.
Où tombe-t il par là ?
Dans une fausse confiance et dans l'impénitence finale.
Qu'appelez-vous impénitente finale ?
C'est mourir dans le péché.
Qu'arrive- t-il à ceux qui cherchent des confesseurs qui les flattent?
Il leur arrive ce que dit Noire-Seigneur: Si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans la fosse.
Qu'est-ce à dire tous deux ?
C'est-à-dire tant celui oui mène que celui qui suit.
Que doit donc faire un vrai pénitent ?
Se mettre entre les mains d'un confesseur discret, et se soumettre à lui comme à son juge.
LEÇON vin.
De la soumission qu'on doit avoir dans l'imposition de la pénitence.
Quelles pénitences devons-nous désirer qu'on nous impose'!1
Des pénitences salutaires et convenables. (Conc. Trtd., sess. 14, c. 8.)
Qu'appelez-vous des pénitences convenables?
Des pénitences qui servent de remèdes particuliers à nos habitudes vicieuses.
DUes-nous-en quelques exemples.
Ordonner de.s aumônes à ceux qui volent ou qui pèchent par avarice ; des jeûnes à ceux qui ont violé le Carême ; des austérités à ceux qui ont pris des plaisirs déréglés.
Qu'entendez-vous encore par des pénitences convenables ?
Des pénitences qui soient en quelque sorte proportionnées à la grandeur des fautes.
Et les confesseurs qui imposent des oeuvres et des peines très-légères pour des péchés très-griefs?
Ils participent au péché d'aulrui.
A quoi donc doivent servir les pénitences qu'on nous impose ?
A corriger les mauvaises habitudes.
A quoi encore ?
A venger et à châtier les péchés passés.
A quoi encore ?
A nous rendre conformes à Jésus-Christ souffrant et crucifié pour nos péchés.
Mais n'a-t-il pas satisfait pour nous ?
Oui, plus que suffisamment.
Pourquoi donc en pardonnant la peine éternelle rcserve-t-il des peines temporelles ?
F'nr bonté, et pournous retenir davantage dans lacrainie.
Pourquoi l'Eglise nous impose-t-elle de ces peines temporelles dans le sacrement de pénitence ?
Parce qu'il n'y en a point de plus utiles, ni de plus douces, que celles qui nous sont imposées par un jugement de l'Eglise.
Qu'arrivera-t-il à ceux qui, étant réconciliés à Dieu par la pénitence, n'auront pas suffisamment satisfait par leurs péchés en cette vie ?
Ils satisferont en l'autre par des peines bien plus rigoureuses. .
Où ?
Dans le purgatoire.
Et s'ils ne veulent aucunement satisfaire?
Us seront damnés pour avoir fait trop peu de cas de la justice de Dieu.
Quand le pénitent refuse la pénitence que son confesseur lui impose ?
Il lui doit refuser l'absolution.
Ne peut-il quelquefois pas faire accomplir quelque partie de la pénitence, ou la pénitence tout entière à son pénitent, avant que de lui donner l'absolution?
Il le peut avec discrétion, s'il le juge utile à la parfaite conversion de son pénitent.
Et ceux dont les critnes sont notoires, et publiquement scandaleux?
Le concile de Trente déclare que, selon le précepte de l'Apôtre (/ Tim. v, 20, 2i), il faut leur imposer une pénitence publique. (Sess li de réf., cap. 8.)
Pourquoi?
C'est, comme dit le concile, afin que par leur bon exemple ils ramènent à la vertu ceux que leur mauvais exemple en a détournés.
Peut-on se dispenser de cette règle ?
Le concile remet à la conscience de l'évolue de faire ce qui leur sera le plus utile.
Pourquoi instruire les pénitents de ces choses, ne suffit-il pas d'eu instruire les confesseurs?
11 est bon d'en instruire aussi les pénitents, afin qu'ils apprennent à se soumettre a la conduite d'un saga confesseur.
Des indulgences.
Qu est-ce que la foi nous enseigne des indulgences?
Que l'Eglise a reçu de Jésus-Christ le pouvoir de les accorder, et que l'usage en est très-salutaire au peuple chrétien [Conc. Trid., cont. sess. 25, Dec. de indulg.)
Pourquoi sont-elles si salutaires ?
Parce qu'elles sont établies pour relâcher la rigueur des peines temporelles dues au péché.
Est-il nécessaire de savoir précisément comment cette rigueur est relâchée?
Non ; il suffit de croire qu'une bonne mère comme l'Eglise ne donne rien à ses enfants qui ne serve véritablement à les soulager en cette vie et en l'autre.
Est-ce l'intention de l'Eglise de nous dé-
PART. IX. TIIKOI.. CATECHET. ET PEOAG. — I. CATECHISME DE HEAUX.
thttrger par l'indulgence de V obligation de
satisfait-? à Dieu '.'
Nullement; ci, au contraire, l'esprit de l'Eglise est de n'accorder d'indulgence qu'à ceux qui se niellent en devoir de satisfaire de leur côté à la justice divine.
A quoi donc nous sert l'indulgence?
Elle nous sert beaucoup en toutes manières, puisque nous avons toujours sujet de croire que nous sommes bien éloignes d'avoir satisfait selon nos obligations.
Et de là que s'ensuit-il?
Que nous serions ennemis de nous-mêmes si nous n'avions recours aux grâces et aux indulgences de l'Eglise.
Quel est donc, en un mot, l'esprit de l'Eglise dans la dispensation des indulgences ?
C'est d'aider les hommes de bonne volonté à s'acquitter envers Dieu, et suppléer à leur iniirmité.
Que prétend-elle pur là ?
Exciter de plus en plus dans les cœurs la ferveur de la dévotion et l'amour de Dieu, conformément à cette parole de Notre-Seigneur : Celui à qui on donne davantage, doit
toi
aussi aimer davantage, (Luc. mi, ^7.)
Quelle est la meilleure disposition pour bien gagner les indulgences?
C'est de faire de bonne loi tout ce qu'on peut pour les bien gagner, et d'en attendre l'effet de la miséricorde de Dieu, qui seul connaît le secret des cœurs.
Sur quoi sont fondées les indulgences?
Sur les satislactions «le Jésus-Christ et des saints.
Pourquoi ajoutez-vous les satisfactions des saints à celles de Jésus-Christ?
A cause de la bonté de Dieu, qui veut bien, en faveur des plus pieux de ses .serviteurs , se laisser fléchir envers les autres.
Pourquoi encore?
A cause que les satisfactions des saints sont unies à celles de Jésus-Christ, dont elles tirent toute leur valeur.
Qui u le pouvoir de donner les indulgences ?
Le Pape dans toute l'Eglise; elles évêques dans leurs diocèses, avec des limitations que l'Eglise y a apportées.