‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 33 sur 325 · PART. IX. THEOL. CATECHET. ET PEDAC;. — I. CATECHISME DE ME AUX · texte numérisé non relu

PART. IX. THEOL. CATECHET. ET PEDAC;. — I. CATECHISME DE ME AUX

Cet exemple explique-t-il parfaitement ce mystère !

Non, il n'y ;i rien dnns la nature qui en puisse égaler la grandeur.

Pu urq u ni recevons-nous Jésus-Christ?

Pour ôlre consommé eu on avec lui.

Qu'est-ce qu'être consomme en un avec lui?

C'est être uni avec lui, et lui avec nous, corps à corps, et esprit à esprit.

Comment s'accomplit cette union de notre part î

C'est que, prenant par la bouche le corps de Jésus-Christ, par la foi nous nous unissons à sa <li\ inité.

l'A Jésus, que fait-il de son côté?

Jésus, réciproquement par notre corps, auquel il s'unit, tait passer la vertu de sa divinité dan- notre âme.

i\V sanctifie- t-il pas aussi notre corps ?

Oui, il sanctifie notre corps, et nous apprend à le conserver en toute pureté.

Qui a porté Jésus-Christ à se donner à nous de cette sorte ?

Son aruour.

Comment le devez-vous recevoir?

Avec amour, et ne vivre dorénavant que pour lui.

Par où est-on excité à cet amour envers Jésus-Christ?

Par sa mort et sa Passion, dont on célèbre la mémoire toutes les fois que l'on communie.

Faut-il communier souvent?

L'Eglise désirerait que l'on communiât tous les jours, toutes les fois que l'on entend la sainte Messe, comme dans la primitive Eglise. [Cône. Trid. sess. xxn, cap. ▼î.)

Pourquoi donc ne le fait-on pas ?

Parce qu'on n'est pas assez parfait.

Que faut-il faire du moins toutes les fois qu'un entend la messe?

Communier spirituellement.

Qu'est-ce que communier spirituellement?

C'est, en se souvenant de la mort de Nôtre-Seigneur, désirer de communier en effet.

Que faut-il faire pour communier spirituellement ?

Il faut, autant qu'on peut, s'exciter à la même dévotion que si l'on communiait sacramentellement.

Quand est-ce qu'on est obligé de communier sacramenteilemenl ?

Dans le péril de la mort; et au surplus l'Eglise n'oblige de communier dans tout le cours de l'année, qu'une fois dans la quinzaine de Pâques; mais les fidèles ne doivent pas se contenter de celte seule communion.

1' a-t-il quelque règle certaine pour fréquenter la communion?

Non; cela dépend de la disposition de chaque fidèle, et du profit qu'il fait de la communion, par son application à mener une bonne vie.

Mais quelle règle peut-on suivre dans la vie commune ?

Jl est à souhaiter que tout fidèle se mette

tue

le

qu'il Faut a] Luc. x:v, Il

en état de communier au moins une fuis mois, et les fôtes solennelles de l'année.

Miis qu'y a-l-il de plus certain?

C'est que chacun devrait vivre de manière qu'il [lût communier tous les jours.

Peut-on communier plusieurs fois en un jour ?

Non.

/:'/ que faut-il faire le reste de la journée ?

La passer en actions de grâces, et savourer cette viande céleste.

Pratique de la communion suivant la doctrine précédente ; et premièrement, ce qu'il faut faire avant la communion.

La parabole des conviés et do l'habit nuptial, pour expliquer la netteté intérieure et extérieure apporter à la sainte table. {Hat'.ti. xxn, i; Oi, etc.)

Que faut-il (aire pour bien communier?

Il y a des préparations qui regardent l'âme, et il y en a qui regardent le corps.

Quelles sont les préparations de l'âme pour faire une bonne communion?

C'est la paix avec Dieu, la charité avec le prochain ; ce sont les actes de foi et d'humilité ; c'est le souvenir de la Passion du Fils de Dieu.

Qu'appelez-vous la paix de l'âme avec Dieu ?

C'est la pureté de conscience, qui ne sent aucun reproche du péché, au moins qui soit mortel.

Dites-moi pourquoi il faut recevoir ce sacrement en état de grâce ?

C'est que ce sacrement est la nourriture de l'âme, et que la nourriture suppose la vie.

Que concluez-vous de là?

Qu'il faut que l'âme vive de la vie de la grâce, pour recevoir sa nourriture par ce sacrement.

Est-ce un grand péché que de communier avec un péché mortel dans l'âme?

C'est le péché de Judas, et un horrible sacrilège.

Qu'appelez-vous la charité avec le prochain?

C'est l'esprit d'union et de concorde avec lui ; et une sincère réconciliation, si on était auparavant dans l'inimitié.

Apprenez-moi â faire quelque acte de foi qui dispose à la communion ?

Mou Sauveur, je crois fermement que

votre corps, votre sang, votre âme et votre

^divinité sont au saint Sacrement de l'autel,

parce que vous l'avez dit. Je suis prêt à

donner ma vie pour cette vérité.

Et comment faites-vous un acte d'humilité?

Combien de foisai-je mérité par mes péchés de souffrir la soif du mauvais riche, et la faim des damnés ! Cependant, ô mon Dieu ! vous daignez devenir vous-même mon aliment et mon breuvage.

Pourquoi faut-il penser au mystère de la Passion, pour se préparer à la communion?

C'est que le Fils de Dieu ajant institué le sacrement de l'Eucharistie en mémoire do

OECVBES COMPI.. DE BOSSCET. VIII.

sa Passion, celte dévotion est selon l'esprit

du mystère.

N'y a-t-il point quelque autre préparation de l'âme ?

11 faut, autant qu'il se peut, dès le jour précédent de la communion, s'y préparer par la récollection et par la retraite.

Et quoi encore?

Se priver des plaisirs même permis.

Pourquoi?

Pour apporter à Jésus-Christ un esprit et un corps plus pur et être tout occupé de

lui.

Quelles doivent être les préparations au corps pour bien communier?

Il faut être à jeun et n'avoir pris aucune chose par forme de nourriture ni de médicament depuis le minuit.

Si en lavant la bouche on avait avalé quelque goutte d'eau,. sans y penser, cela pourrait-il empêcher la communion?

Il faut prendre garde que cela n'arrive point : mais pourtant la chose étant arrivée, elle ne doit point empêcher qu'on ne communie.

Ce qu'il faut faire quand on est prêt à communier, et dans la communion même.

L'humilité et la foi du centenier quand Jésus veut entrer chez lui. (Matth. vin, 8.) — La foi de la femme qui se croit guérie en louchant seulement le bord de sa robe. — Jésus accablé du monde qui l'environnait, ne se sent véritablement touché que de celle qui le touche avec foi. (Mailh. IX, 2»; Lue. vin, 42, 43, 45, 40, etc.)

Que faut-il faire quand on est prêt à communier?

Il y a des choses qui regardent l'ame et d'autres qui regardent le corps.

Que faut-il faire à l'égard de l'âme ?

Il faut premièrement entendre la Messe à laquelle on désire de communier avec une dévotion particulière.

Que faut-il faire particulièrement pour cela?

Se joindre à l'intention du prêtre, qui, un peu après l'élévation, incliné profondément vers l'autel, demande la grâce de Dieu pour tous ceux qui communieront.

Il est donc à propos d'entendre la Messe, et de communier à celle qu'on entend?

Oui, autant qu'il se peut; et c'est l'esprit de l'Eglise.

A quel endroit de la Messe est-il ù propos de communier ?

Après la communion du prêtre, et avant ■ qu'il achève la Messe.

Pourquoi ?

Pour se conformer au prêtre, se préparer avec lui à la communion, communier avec lui, et faire avec lui ses actions de grâces.

A quoi faut-il principalement penser?

A la mort et à la Passion de Notre-Seigneur.

Pourquoi ?

Pour s'exciter à un tendre amour envers lui.

Que faut-il faire encore?

De fréquents actes de foi.

En quel endroit principalement ?

Quand le prêtre se retourne, l'hostie à ia main, en disant ces paroles : Ecce Agnus Dci , c'est-à-dire Voici l'Agneau de Dieu, voici celui qui ôtc les péchés du monde; il faut dire la même chose en son cœur.

Et quels autres actes faut-il faire ?

Des actes d'adoration et d'humilité.

En quel endroit principalement ?

Quand le prêtre dit : Domine, non mm diynus, il faut dire de cœur avec lui : Seigneur, je ne suis pas digne que vous veniez a moi ; mais dites seulement un mot, et mon âme sera sauvée.

Et quand le prêtre dit : Corpus Domini nostri Jesu Christi custodiat animam tuam in vitam œternam. Amen?

Il faut dire du moins de cœur : Amen : « Il est ainsi. nie crois, Seigneur, que ce que jo reçois, c'est votre corps : qu'il conserve mon âme pour la vie éternelle.

Quel est donc le vrai esprit de la communion ?

De se conformer aux intentions de l'Eglise et aux paroles du prêtre.

Qu'y a-t-il â observer pour le corps ?

A être modeste et propre autant qu'il se peut, mais sans affectation.

Que faut-il obset-ver particulièrement à l'égard des habits ?

Les hommes doivent poser le chapeau, la calotte, l'épée , les gants, et les femmes doivent baisser leurs jupes et faire descendre leurs coiffes un peu plus bas que les yeux; ne point paraître la gorge découverte, ni avec des mouches sur le visage, ou avec des parures qui sentent la vanité.

Que doivent-elles apprendre de là ?

A mépriser toute leur vie ce qu'elles n'osent porter devant Jésus-Christ.

Comment faut-il tenir la tête ?

Il faut tenir la tête ferme et droite sans la remuer, ni l'avancer, ni la retirer en arrière crainte d'accident.

Comment les yeux ?

11 ne faut pas les laisser égarer çà et là, mais on doit les tenir baissés, ou les arrêter sur la sainte hostie.

Comment faut-il ouvrir la bouche?

Avec médiocrité, ni trop ni trop peu.

Comment faut-il avoir la langue ?

Un peu avancée sur les lèvres.

Ne faut-il pas mâcher la sainte hostie ?

Il n'est pas nécessaire.

Qu'en faut-il donc faire?

La laisser quelque peu de temps sur sa langue; puis étant un peu humectée, l'avaler avec révérence.

Ne la faut-il pas laisser fondre tout à fait dans la bouche ?

Non; à cause du péril qu'il y aurait de ne pas communier.

Mais que faudrait-il faire si la sainte hostie s'attachait au palais?

Il ne se faut point troubler de cela ; mais la détacher seulement avec la langue, sans y porter les doigts.

PART. IX. TIIEOE. f.ATECHET. F.T PEDAG.

[prit avoir communié, faut-il essuyer les lèvres avec la nappe?

Non; mais si on sent OU si on doute quo quelque particule de la sainte hostie soit demeurée sur les lèvres, il faut avec révéreuce l'attirer dans sa bouche sans y appliquer les doigts.

Si quelquefois le prêtre, en communiant, donnait deux ou trais hosties, ou bien n'en donnait que Ici moitié d'une , cela devrait-il troubler le communiant ?

Non; puisqu'on ne reçoit pas plus en trois hosties qu'en une, ni moins en la moitié d'une qu'en une tout entière.

Faut-il faire des prières vocales, et jeter des soupirs, quand on est sur le point de communier?

Il faut cesser pour lors de le faire, et prier de l'esprit plutôt que du mouvement des lèvres.

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