INSTRUCTION SUR LE SACREMENT DE L'EUCHARISTIE
Ce que c'est que le sacrement de l'Eucharistie.
Représenter l'institution de cet adorable sacrement. (Mallh. xxvn; Marc, xiv; Luc. xxii; I Cor. xi.) — Les promesses de Jésus-Christ. (Joan. vi.)
Qu'est-ce que le sacrement de l'Eucharistie f
C'est un sacremest qui contient, sous les espèces du pain et du vin, le vrai corps et le vrai sang de Notre-Seigneur, pourêlre noire nourriture spirituelle.
Mais ce qu'on met d'abord sur raulel et dans le calice, n'est-ce pas du pain et du vin ?
Oui : et c'est toujours du pain et du vin, jusqu'à ce que le prêtre prononce les paroles de la consécration.
Et qu'arrive-t-il par ces paroles?
Le pain est changé au corps, et le vin est changé au sang de Notre-Seigneur.
Ne reste-t-il rien du pain et du vin'
Il n'en reste que les deux espèces.
Qu appelez-vous les espèces du pain?
C'est la grandeur du pain, la rondeur et ;e goût.
Qu'appelez vous les espèces du vin?
C'est la couleur du vin, l'humidité et le goût.
N y a-t->.l sous les espècest du pain que le corps de Notre-Seigneur?
Il y a avec son corps, son sang, son âme, et en un mot la personne entière de Jésus-Christ, parce que tout cela est inséparable.
Et sous les espèces d.i vin?
Jésus-Christ y est aussi tout entier.
Pourquoi donc Jésus-Christ ne nous parle t-it que de son corps et de son sang ?
Parce que c'est par son corps et par sou sang qu'il nous a sauvés.
Comment?
En s'offrant en sacrifice sur la croix.
Et en effet que nous donne-t-il sous chaque espèce?
Tout ce qu'il est, c'est-à-dire un Dieu parfait tt un homme parfait.
Quitte-t-il les deux?
A Dieu ne plaise I il demeure toujours à la droite de Dieu son Père, et n'en sortira que lorsqu'à la lin du monde il paraîtra en sa majesté pour juger les vivants et les morts.
Comment se peut-il donc faire qu'il soit sur l'autel?
Par la toute-puissance de Dieu qui peut tout ce qu'il veut.
Ce n'est donc pas l'homme qui fait ce miracle?
Non; c'est Jésus-Christ dont la parole e.-t employée dans ce sacrement.
C'est donc lui qui consacre ?
C'esi lui qui consacre, comme le vrai sacrificateur; et le prêlre n'est que son ministre.
A quelle fin Jésus-Christ u-t-il établi ce sacrement ?
En mémoire de sa mort.
En quoi consiste cette commémoration de la mort de Notre-Seigneur?
C'est qu'en disant séparément avec Jésus- Christ : Ceci est mon corps, ceci est mon sang, on représente la mort violente que Jésus-
Christ a soufferte par la séparation de son corps et de son sang.
Mais le corps elle sang sont-ils effectivement séparés?
Non; c'est assez que les signes le soient, et que les paroles dont on se sert pour les consacrer soient différentes.
Pourquoi?
Pane (pie par ce moyen la mort de Jésus- Christ et l'effusion de son sang est représentée.
Faut-il adorer le corps et le sang de Jésus- Christ?
Oui, sans aucun doute; parce que ce corps et ce sang sont inséparablement unis à la Divinité
De la sainte Messe, et du sacrifiée de l'Eucharistie,
Représenter la célébrité îles sacrifices de la loi , cl conclure à plus forte raison finir celui-ci. — Salonion dédiant le temple. (/// keg. vin; Il Par. v, VI, vu.)
Quel est le premier usage que l'on fait du corps et du sang de Jésus-Christ ?
C'est de les offrir .en sacrifice à la sainte Messe, au Père éternel.
Qu'est-ce à dire les offrir en sacrifice an Père éternel?
C'est-à-dire les présenter devant sa face sur l'autel, comme la victime la plus agréable qu'on puisse lui offrir.
Pourquoi offre-t-on ce sacrifice?
En commémoration de celui de la crois, et pour en appliquer la verlu.
Jésus-Christ répand-il son sang dans ce sacrifice, comme autrefois sur la croix?
Non; c'est ici un sacrifice non sanglant.
Jésus-Christ est-il immolé dans ce sacrifice?
il y est immolé mystiquement.
Comment ?
En tam que son sang et son corps, présents dans ce mystère, y paraissent comme séparés l'un de l'autie.
Mais le sont-ils en effet?
Nous avons dit plusieurs fois qu'ils ne le sont pas et ne le peuvent plus être, après la résurrection oe Jésus-Christ.
Que doit-on faire en assistant à ce sacrifice?
Contempler Jésus-Christ mourant, comme si on était sur le Calvaire, et se laisser attendrir au souvenir de sa mort.
Qu est-ce que l'Eglise offre dans le sacrifice de l'autel, avec le corps et le sang de Jésus-Christ?
Les vœux et les prières de tous les fidèles.
Pourquoi?
Parce qu'elles sont agréables, étant offertes à Dieu avec le corps et le sang de ><m Fils.
Qu'est-ce que l'Eglise offre encore à Dieu avec ce corps et ce sang ?
Elle s'offre elle-même, afin d'offrir à Dieu tout ensemble le chef et les membres.
Qu'est-ce à dire, offrir tout ensemble le chef et les membres?
C'est offrir Jésus-Christ avec ses fidèles.
.4 qui offre-t-on le sacrifice?
A Dieu seul.
Pourquoi y fait-on mémoire des saints qui sont avec Dieu ?
En actions de grâces pour les bienfaits qu'ils en ont reçus.
Pourquoi particulièrement dans ce sacrifice?
Pour montrer qu'ils ont été sanctifiés par la victime qu'on lui offie.
Pourquoi prie-t-on Dieu d'avoir agréables les prières que les saints lui font pour nous?
Pour faire concourir, dans ce sacrifice, les vœux de toute l'Eglise, tant de celle qui est dans le ciel, que de celle qui est sur la terre.
Ne fait-on pas aussi mémoire des âmes pieuses qui ne sont pas encore dans le ciel?
Oui, on en fait mémoire, afin de tout unir dans ce sacrifice.
Quel soulagement reçoivent ces âmes par ce sacrifice ?
Un très-grand soulagement.
Pourquoi?
Parce que Jésus-Christ, qu'on y offre, est la commune propiliation de tout le genre humain.
Que devons-nous apprendre par ce sacrifice?
A nous offrir en Jésus-Christ, et par Jésus- Cbrist, comme des hosties vivantes, à la majesté divine.
LEÇON III
De la communion
Marie-Madeleine pleurant devant le tombeau de Jésus, et y cherchant son corps enseveli. Quelle ardeur pour ce corps vivant et ylorilié. (Joan. xx, 11.)
Pourquoi Jésus-Christ se présente-t-il à nous sous les espèces du pain et du vin?
Pour nous montrer qu'il est notre nourriture spirituelle.
Qu'appelez-vous notre nourriture spirituelle?
Celle qui donne la vie à l'âme.
Que. croyez-vous recevoir sous les espèces du pain?
Le propre corps de Jésus-Chrisl, et luimême tout entier.
Mais quand on est quelquefois obligé de rompre une hostie ?
Jésus-Christ ne se divise pas pour cela.
Pourquoi?
Parce qu'il demeure tout entier sous chaque parcelle du [tain, et sous chaque goutte du vin consacré.
Cela se peut-il?
Oui, par la toute-puissance de Dieu.
Ne pourriez-vous point apporter quelque exemple sensible de cette merveille?
On se sert ordinairement de l'exemple d'un miroir, qui, étant cassé, fait paraître en chaque parcelle le même visage qu'il représentait en son entier. •