‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 36 sur 325 · AUX CURÉS, VICAIRES ET CATÉCHISTES DU DIOCÈSE · texte numérisé non relu

AUX CURÉS, VICAIRES ET CATÉCHISTES DU DIOCÈSE

Jacques-Bénigne, par la permission divine, évoque de Meaux,aux curés, vicaires et catéchistes de notre diocèse, salut et bénédiction.

Vous n'ignorez pas, mes frères, qu'une des principales fins que l'Eglise se propose dans l'institution des fêtes, c'est l'instruction des fidèles; et c'est une vérité que vous devez très-souvent inculquer et répéter à vos paroissiens dans vos prônes, dans vos sermons et dans vos catéchismes.

Vous leurdevez faire entendre que l'année chrétienne, aussi bien que l'année ordinaire, est comme distribuée en ses saisons, et que les solennités sont répandues en divers temps, afin de nous instruire par ce moyen de ce que Dieu a daigné faire pour notre salut, et de ce qu'il y a de plus nécessaire pour y parvenir.

En effet, si les Chrétiens prenaient bien seulement l'esprit des fêtes, ils n'ignoreraient rien de ce qu'ils doivent savoir, puisqu'ils trouveraient dans ces fêles tous les bons enseignements et ensemble tous les bons exemples.

C'est ce qui nous, a porté à vous donner ce Catéchisme des Fêtes, à l'exemple de plusieurs diocèses où on le fait avec une grande utilité.

On marquera à chaque endroit de ce Ca-

téchisme en quels jours ces instructions doivent être faites; et pour les rendre plus utiles, vous y pourrez joindre un catéchisme qu'on appelle celui des images : où, eh proposant des images pieuses attachées à la chaire, ou en quelque autre lieu apparent, on s'en sert pour rendre le peuple et les enfants attentifs.

Il n'y a que la fêle de la Trinité dont il n'esl pas a propos de proposeraucune image, parce qu'encore que les figures qu'on en voit quelquefois dans les églises, (missent avoir leurs raisons, et puissent être expliquées en un bon sens, il faut prendre garde que les enfants ne soient frappés d'abord de ces idées, dont l'impression demeure trop dans leurs esprits, et qui leur mettent dans la pensée quelque chose de corporel. Mais au lieu que dans les autres l'êtes dont le mystère s'est accompli visiblement, on peut concilier l'attention par les images qu'on en donne; quand il s'agit de parler delà Divinité, ou d'expliquer la Trinité adorable, on doit commencer à rendre le peuple attentif, en lui faisant remarquer qu'en celte fête on ne lui propose aucune image sensible, parce que ce qui regarde la divinité et la trinilé des Personnes est tout a fait au-dessus des sens et de l'intelligence humaine.

Le fondement de ce catéchisme doit être un court récit de ce qui s'est passé dans la fête, ou une courte exposition de ce qui en fait le principal sujet : et ici il faut éviter la sécheresse des narrations ordinaires , en y

PART. IV. Tlll.OL. CATECHET. ET

mêlant de temps en temps dos affections et des réflexions pieuses.

Ce Catéchisme des Fûtes, que nous vous niellons entre les mains, vous paraîtra s'élever nn peu au-dessus des Catéchismes préits : aussi le proposons-nous pnneipalement pour les personnes plus avancées ; par exemple pour ceux qui ont communié ,

et dans les derniers temps

Mais vous devez si bien

aussi soigneusement

de l'instruction.

faire , qu'il soit

appris que les Catéchismes précédents; parce que c'est un fondement qui servira à ceux que vous instruirez, dans tout le reste de leur vie, pour entendre utilement les sermons, et assister avec fruit a l'office divin.

Avertissez souvent les personnes âgées délire attentivement ce catéchisme, puisqu'il a de si grands usages; et vous pouvez le regarder vous-mômes comme devant

PEDAG. — 1. CATECHISME lu. MEAUX. III

faire le fond de l'instruction que vous ferez les jours de fête.

Au reste, si vous voulez expliquer à votre peuple la doctrine chrétienne d'une manière qui lui profite, dites peu de choses à la fois; répétez-les .souvent, et inculquezles avec force. Tournez-les en différentes manières, afin de faire toujours de nouvelles et de plus profondes impressions dans les esprits. Faites-en l'application à quelque chose de pratique, selon qu'on en a ici donné l'exemple; et songez que celui qui est proposé pour parler toute sa vie à un même peuple, doit être aussi court dans ses instructions que soigneux et assidu à les l'aire.

Donné à Meaux, dans notre palais épiscopal , le sixième jour du mois d'octobre mil six cent quatre-vingt-six.

J. -BÉNIGNE, évoque de Meaux.

Par mondit seigneur, Ko\er

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