‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 41 sur 325 · PART. IX. TI1E0L. CATECHET. LT PEDAG. — I. CATECHISME DE MEAUX · texte numérisé non relu

PART. IX. TI1E0L. CATECHET. LT PEDAG. — I. CATECHISME DE MEAUX

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Oui. puisqu'elle instruit les hommes.

Que leur apprend elle ?

a ne se montrer qno quand Dieu y appelle; et au surplus! aimer une vie cachée,

laborieuse et pauvre.

Qu'apprendril en particulier aux enfants ?

(,» i u • leur verlu consiste principalement à obéir à leurs parents.

Et quoi encore?

Qu'ils 'loi vent être dans le temple en écoutant les docteurs, en les interrogeant, et en répondant à leurs demandes.

Où peuvent-ils pratiquer cela '!

Dans le catéchisme, où ils doivent écouter et répondre.

Doivent ils aussi interroger?

Oui, pour apprendre eo qu'ils ne savent pas.

Et de là que s' ensuivrait-il î

Qu'à l'exemple de Jésus-Christ, ils croîtraient en âge et en sagesse.

La sagesse de Jésus-Christ n'était-elle pas parfaite dès son enfance?

Oui, sans doute ; mais il la déclare Ions les jours do plus en plus, afin d'apprendre aux enfants à faire de continuels progrès.

Quelle vie menait la sainte Vierge?

Une vie aussi cachée que Jésus-Christ.

A quoi s' occupait-elle?

A méditer ce que faisait Jésus, et tout ce qu'on disait de lui.

En quoi donc consistait la sainteté de la famille de Jésus-Christ ?

A fréquenter le temple dans le temps que la loi avait ordonné , à obéir à Dieu en toutes choses, à faire son travail, et à se cacher.

Qu apprenons-nous de tout cela?

Que la vraie sainteté ne consiste pas à faire des actions éclatantes; mais à se sanctifier dans son état, en grande humilité et pauvreté.

Mais pourquoi les évangélistes nous disentils si peu de chose de Jésus Christ et de sa sainte famille?

Ils en disent ce qui suffît pour nous instruire; et en même temps ils nous apprennent à n'être pas curieux.

De quoi devons-nous être curieux?

De profiter de ce que nous savons ; et au surplus, nous humilier de notre ignorance.

LEÇON VII

Au dimanche de la septuagésime ; tant pour ' ce dimanche que pour les suivants.

Représenter les enfants d'Israël dans la captivité de Bahylone, où ils ne veulent chanter aucun cantique d'allégresse. (Psal. cxxxvi.)

Que remarquez-vous de particulier dans l'Eglise en ce saint temps?

C'est qu'on y retranche les chants de joie, comme Alléluia, Gloria in excelsis, Te Deum; et que l'on change d'ornements.

Pourquoi cela se fait-il?

Kn signe d'affliction et de deuil.

Pourquoi cette affliction et ce deuil?

Pour deux raisons.

Quelle est la première?

C'est que ces jours nous représentent les

jours d'Adam, dont on commence à iire l'histoire dans l'Eglise.

Que liaient dire ces jours d'Adam?

Les jours de douleur et de | énitence, comme il convient à des pécheurs et à îles bannis.

Que nous apprend donc l'Eglise par ce deuil public !

Elle nous apprend à retrancher les joies, les festins, les mascarades, et les autres récréations insolentes.

Pourquoi?

l'our pleurer comme de bons enfants avec l'Eglise leur mère, la mort et !a Passion de notre Sauveur.

Quelle est la seconde raison?

Pour nous disposer à bien passer le saint temps de Carême.

D'où vient donc qu'en ce temps-ci, plutôt qu'en tout autre, la bonne chère, les divertissements et les vanités sont plus en usage?

C'est une invention du démon pour contrarier les desseins de l'Eglise.

Quels maux arrive-t-il encore pur cette mauvaise coutume ?

C'est qu'elle empêche le fruit du jeûne, et toutes les bonnes œuvres que les Chrétiens pourraient faire en Carême.

Que faut-il faire pour se conformer aux desseins de l'Eglise en ce temps de carnaval?

Il faut, premièrement, se rendre volontiers aux lieux où se font les prières de quarante heures; tâchant de faire compagnie à Notre-Seigneur, tandis que la plupart des hommes l'abandonnent.

Et quoi encore?

Il faut se retirer des jeux, des festins, des mascarades, des danses, et des autres récréations insolentes. Si l'on s'y trouve par quelque sorte de nécessité et de bienséance, il faut s'y comporter avec une modestie et une retenue plus grande qu'en d'autres temps.

A qui pouvons-nous comparer ces coureurs de nuit, qui font tant de désordres et d'insolences avec leurs masques?

Aux Juifs et aux soldats qui dépouillèrent Noire-Seigneur, qui lui bandèrent les yeux, et lui firent mille outrages pendant la nuit de sa Passion.

LEÇON VIII

Au premier dimanche de Carême.

Représenter Jcsus-Clirisi dans le désert ; ou le jeûne et le deuil de Ninive pénitente. iJoan. i.)

D'où vient le Carême ?

Il vient d'une institution ancienne et apostolique.

Pourquoi le Carême est-il établi ?

Pour honorer la retraite du Fils de Dieu, qui jeûna quarante jours dans le désert.

Pourquoi encore ?

Pour faire pénitence de nos péchés, par les jeûnes et les autres mortifications.

Pourquoi encore ?

Pour nous disposer à la célébration de la Passion de Notre-Seigneur, et à la fête de Pâques.

GEUYltES COMPLETES DE BOSSUET.

A quui l'Eglise veut-elle nous porter par le jeûne et l'abstinence du Carême?

Au véritable jeûne et à la véritable abstinence.

Quelle est-elle?

C'est de s'abstenir du péché.

Et quoi encore?

Des jeux, des amusements, et des divertissements ordinaires.

Que faut-il donc faire pour bien passer le Carême selon l'esprit de l'Eglise?

Modérer avec le manger, le sommeil et les divertissements, pour vaquer à la prière.

Comment les Chrétiens doivent-ils passer le Carême ?

En jeûnes, en prières, en aumônes plus grandes qu'en un autre temps, s'éloignant - des compagnies, s'humiliant à la vue de leurs péchés qui ont causé la mort de Noire- Seigneur.

Qui sont ceux qui sont obligés au jeûne ?

Toutes personnes qui ont vingt et un ans accomplis, s'ils n'en sont légitimement dispensés.

Ceux qui ne sont pas obligés au jeûne, sont-ils tout à fait exempts de la mortification ?

Non, et ils doivent, autant qu'ils peuvent, untrerdans l'esprit de l'Eglise, en se retranchant quelque chose.

D'où vient que dans le temps de Carême on couvre la croix et les images, et qu'on tend un voile devant l'autel?

En signe de deuil et de pénitence.

Quel doit, donc être le sentiment du Chrétien dans le Carên e ?

Une sainte tristesse, un sainfgémissemenl, une humble et sincère pénitence.

Et quelle doit être la pratique?

Entendre ia parole de Dieu sans aucune curiosité, avec foi et componction.

Et quoi encore ?

Assister à l'ollice, et y gémir avec l'Eglise.

Et quoi encore ?

Se préparer à sa confession et la faire dans les premiers dimanches de Carême, selon les pieux statuts de ce diocèse, pour éviter l'empressement du temps de Pâques.

Au dimanche de la Passion pour le dimanche des Rameaux.

Quelle solennité avons-nous dans l'Eglise dimanche prochain?

Le dimanche des Rameaux, autrement dit Pâques fleuries.

Pourquoi iuppelle-t-on le dimanche des Hameaux.

A cause de la procession qui se fait en ce jour, où chacun porte un rameau ou une pulme à la main.

Pourquoi fait-on cette procession ?

^ En mémoire de l'entrée triomphante de Noire-Seigneur dans Jérusalem, six jours avant sa Passion.

Que signifiait ce triomphe de Notre-Seigneur si peu de temps avant sa mort?

Que par sa mort il triompherait dît diable,

du monde et de la chair, et nous ouvriiail l'entrée du ciel.

Pourquoi est-ce qu'au retour de la procession on frappe trois fois à la porte, et qu'à la fin elle s'ouvre ?

Pour signifier que Notre-Seigneur par sa mort entra dans le ciel, et nous en ouvrit l'entrée.

Qui furent ceux qui allèrent au-devant de Notre-Seigneur?

Le simple peuple et les enfants.

Pourquoi?

Parce qu'il aime la simplicité et les louanges des âmes innocentes.

D'où vient que les grands de la ville de Jérusalem et les docteurs de la toi ne vinrent pas au-devant de lui ?

Leur orgueil les rend indignes d'avoir part au triomphe de Notre-Seigneur.

Que faut-il donc faire pour y avoir part ?

Etre doux comme lui, et humble de cœur.

Pourquoi Jésus-Christ monla-t-il sur une ânessc ?

Pour accomplir les prophéties.

Et d'où vient que Dieu l'avait ainsi prédestiné?

Atin d'éloigner de nous l'esprit de grandeur.

Le dimanche des Rameaux pour la semaine

sainte.

Comment appelle-t-vn la semaine ou nous allons entrer?

La grande Semaine, ou la Semaine péneuse, ou la Semaine sainte.

Pourquoi esi-elie ainsi appelée?

A cause du grand mystère de notre rédemption que Notre-Seigneur y a opéré, et des grands travaux qu'il y a soufferts.

Qu'est-il arrivé le mercredi?

Ce jour-là Notre-Seigneur fut vendu aux Juifs par Judas, son disciple, trente deniers.

Qu'est-ce qui fut fait le jeudi?

Notre-Seigneur sur le soir lava les pieds de ses apôtres, et institua le très-saint Sacrement.

Quand est-ce que Notre-Seigneur fut livré entre les mains des Juifs ?

La nuit du jeudi au vendredi, Judas qui venait de faire sa première communion, entrant dans le jardin des Olives, salua Notre- Seigneur par un baiser, selon la coutume; et ce fut le signal aux soldats qu'il avait amenés de se saisir de Jésus-Christ, et de le lier comme ils tirent.

Qu'est-ce que Notre-Seigneur souffrit cette nuit-là ?

Il fut conduit comme un criminel devant Anne et Caïpbe, qui étaient les princes des sacrificateurs; saint Pierre le renia trois fois ; ses disciples s'enfuirent : et toute la nuit étant laissé à la discrétion des soldats, ils lui tirent soutfrir toutes les indignités possibles, blasphémant son saint nom, lui donnant des soufflets, et se moquant de lui.

Qu'arriva-t-il le vendredi ?

Les Juifs aès le grand matin l'accusèrent

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PART. I\. Tlir.OL. CATECHET. ET l'KDAG.

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