Ce qu'il faut faire avant de le recevoir
k. Ce qu'il faut faire on le recevant.
o. Ce qu'il faut faire après l'avoir reçu. I. — Ce que c'est que l'Eucharistie.
Qu'est-ce que le saint Sacrement?
Jésus-Christ nous l'apprend par ces paroles :
Ceci est mon corps livre pour vous [Matlh. xxvi, 26);
Ceci est mon sang du Nouveau Testament, répandu pour lu rémission des péchés. {Ibirf.,
C'est donc ce même corps, conçu du Saint- Esprit, né de la Vierge Marie, crucifié, res-
suscité, élevé aux cieux, placé à la droite du Père, avec lequel Jésus-Christ viendra juger les vivants et les morts.
C'est ce même sang, infiniment précieux, qui a été répandu pour nous , et par lequel nos péchés ont été lavés.
Ce corps et ce sang, après la résurrection, sont inséparables. Ainsi, avec le corps on reçoit le sang ; avec le sang on reçoit le corps; et on reçoit avec l'un et l'autre l'âme et la divinité de Jésus-Christ, qui ne peuvent en être séparés ; c'est-à-dire qu'on reçoit Jésus-Christ entier, Dieu et homme tout ensemble.
Avec Jésus-Christ vont toutes les grâces, toutes les lumières, toutes les consolation-, enfin toutes les richesses du ciel et de la terre ; tout nous est donné avec Jésus-Christ , et qui se donne soi-même ne peut plus rien refuser.
Voilà ce qu'il faut croire d'une ferme foi. N'importe que nos sens, ni notre raisonnement naturel ne comprennent rien dans ce nnsière. Le Chrétien n'a rien à écouter que Jp.sus-Christ ; Celui-ci est mon Fils biennimé dans lequel je me suis plu ; écoutez-le. (Matlh. xvn, 5.) Il est la vérité même; il fait tout ce qu'il lui plaît par sa parole; il est cette parole éternelle par qui tout a éié tiré du néant. Exerçons ici notre foi par le mépris du rapport que nous font nos sens. Il n'y a rien ici pour eux. C'est un exercice pour la foi. N'écoutons que Jésus-Christ, et jouissons du bien infini qu'il nous présente.
II. — Pourquoi le sacrement de l'Eucharistie a-t-il' été institué?
Pourquoi est institué ce sacrement?
Jésus-Christ l'a expliqué par ces paroles:
Faites ceci en mémoire de moi (Luc. xxii,
19); et encore: Comme mon Père vivant m'a
envoyé, et que je cis pour mon Père, ainsi ce-
liil PART. IX, llll.nl.. CaTECHET. I I PI
lui gui me mange vivra pour moi. (Joan. n, 58.)
Souvenez-vous de celle nuit triste et bienheureuse touil ensemble , où Jésus- Christ fut livré pour cire crucifié le lendemain. Lui qui savait toutes choses, qui sentait approcher son heure dernière, ayant toujours aimé tendrement les siens , il les aime jusqu'à la mort; et assemblant, en la personne de ses saints apôtres, tous ceux pour qui il allait mourir, il leur dit, en leur laissant le don précieux de son corps et de son sang : Faites ceci en mémoire de moi. (Luc. xxn, 19.) Célébrez <e saint mystère jusqu'à ce que je vienne juger les vivants et les morts, et souvenez-vous, en le c< lébrant, de ce que j*ai fait pour votre salut. Souvenez-vous de mon amour ; souvenezvous de mes bontés infinies ; rappelez en votre mémoire tout ce que j'ai fait pour vous, et surtout n'oubliez jamais que je vais mourir pour votre salut. C'est moi-même qui donne ma vie volontairement ; personne ne me la ravit. (Joan. x, 1S.) .Mais je la donne de bon cœur, parce que vous avez besoin d'un tel sacrifice.
Méditons donc, à la sainte table, l'amour que le Fils de Dieu a pour nous. Cet amour lui a fait faire pour notre bien des choses incompréhensibles : pour s'approcher de nous et s'unir a nous, il a pris une chair humaine. Cette chair qu'il a prise pour l'amour de nous, il l'a donnée pour nous avec tout son sang : non content de donner pour nous son corps et son sang à la croix, il lia us le donne dans l'Eucharistie; et tout cela nous est un gage qu'il se donnera un jour à nous dans le ciel, pour nous rendre éternellement heureux.
Songeons à toutes ces choses; et nous laissant attendrir à tant de marques d'amour de notre Sauveur, ne soyons plus qu'amour pour lui. C'est ce qu'il attend de nous; et t'est pour exciter cet amour qu'il a institué ce saint mystère.
Il nous le dit lui-même par ces paroles : Comme mon Père vivant m'a envoyé, et que je vis pour mon Père, ainsi celui qui me mange vivra pour moi. (Joan. vi, 58.) On voit par ces paroles, que l'effet véritable de la communion, c'est de nous faire vivre pour Jésus-Christ, comme il a vécu pour son l'ère : exemple admirable proposé aux Chrétiens. Jésus-Christ ne respirait que la gloire de son Père; il n'y a rien qu'il n'ait fait et qu'il n'ait soutien pour la procurer; sa nourriture était de faire en tout et'partout la volonté de son Père; il a subi volontairement une mort infâme et cruelle , parce que son Père le voulait ainsi : Le prince de ce monde, dit-il, c'est-à-dire le démon, ne trouvera rien en moi qui lui donne prise , parce que je suis sans péché ; et toutefois je m'en vais m'abandonner à sa puissance, et soutTrir, entre les mains de ceux qu'il possède, une mort infâme, afin que le monde voie que j'aime mon Père, et que je fais ce qu'il me commande. (Joan. xiv, 31.) . L'amour qu'il a pour son Père lui fait ai-
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lui
mer ses comman lements , quelque rigoureux qu'ils soient aux sens, il ne vit que pour son Père, puisqu'il est prêt à chaque moment à donner s,-i y,,, pour lui plane : ainsi, celui qui reçoit Jésus-Christ doit vivre uniquement pour lui ; c'est-à-dire qu'il doit être tout amour pour son Sauveur, ne respirer que sa gloire , aimer ses commandements, sacrifier tous ses désirs pour lui plaire; il faut que Jésus-Christ soit sa joie, et le possède tout < nlier au corps et eu l'âme. Car c'est ainsi que s'accomplit cette parole : Qui me mange doit vivre pour moi. Joan. vi, 58.)
111. — - Ce qu'il faut faire avant que de recevoir l'Eucharistie.
Que faut-il faire avant la communion?
Saint Paul nous le dit par ces paroles; après avoir rapporté comme Jésus-Christ nous donne son corps et son sang, avec ordre de célébrer ce saint mystère en mémoire de sa mort, il ajoute ce qui suit : Quiconque mangera ce pain ou boira le lalice du Seigneur indignement, sera coupable du corps et du sang du Seigneur. Que l'homme donc s éprouve lui-même, et ne présume point manger de ce pain ni boire de cette coupe sans cette épreuve; car celui qui mange et boit indignement, mange et boit son jugement, ne discernant point le corps du Seigneur. C'esi pour cela qu'il y en a plusieurs parmi vous qui tombent malades, et que plusieurs meurent. Que si nous nous jugions nousmêmes, nous ne serions point jugés. Et quand nous sommes jugés, nous sommes repris par le Seigneur, afin de n'être point condamnés avec le monde. (I Cor. x, 27-33.)
Ces paroles de saint Paul sont terribles, et doivent être écoutées avec tremblement de tous ceux qui approchent de la sainto table.
Llles nous apprennent : 1. Que ceux qui communient indignement sont coupables du corps et du sang de Jésus-Christ, c'est-àdire qu'ils sont coupables du crime de Judas qui l'a livré, et du crime des Juifs qui l'ont mis à mort et qui ont répandu son sang innocent. Car communier indignement, c'est lui donner avec Judas un baiser de traître, c'est violer la sainteté de son corps et de son sang, les profaner, les fouler aux pieds, les outrager d'une manière plus indigne que n'ont fait les Juifs qui ne le connaissaient pas dans leur fureur ; au lieu que le Chrétien sacrilège l'outrage en le connaissant pour le Koi de gloire ei l'appelant son Sauveur.
II. Ces paroles nous font voir jusqu'où va le mépris que ces Chrétiens sacrilèges ont pour Jésus-Christ, en ce qu'ils ne discernent point le corps du Seigneur, et lo mangent comme ils feraient un morceau de pain, sans songer auparavant à purifier leur conscience : ce qui est le mépris le pius outrageux qu'on puisse faire à un Dieu qui se donne à nous.
III. Saint Paul conclut de là que celui qui mange indignement le corps de Jésus-Christ,
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mange et boit son jugement : car comme nelui qui pèche aux veux du juge, qui a en mains la puissance publique pour châtier les scélérats, s'attire une prompte et inévitable punition, ainsi ce chrétien téméraire qui communie sans avoir purifié sa conscience, mène son juge en lui-même, où il semble ne l'introduire qu'afin qu'il voie de plus près ses crimes, et qu'il soit comme forcé à en prendre une prompte et rigoureuse vengeance.
IV. Saint Paul nous enseigne que Dieu châtie souvent, dès cette vie, les communions indignes en frappant ceux qui les font de maladies mortelles et de morts soudaines; ce qui doit faire appréhender que les communions sacrilèges, si fréquentes parmi les chrétiens, n'attirent, et sur les particuliers et sur la chrétienté, des châtiments effroyables.
V. Le même saint Paul nous apprend que ces châtiments temporels qui nous sont envoyés pour nous avertir, quelque terribles qu'ils soient, ne sont rien en comparaison de ceux qui sont réservés en l'autre vie aux malheureux chrétiens que de tels avertissements n'auront pas pu détourner de leurs communions sacrilèges.
VI. Ce saint apôtre conclut de tout cela que l'homme doit s'éprouver lui-même avant que d'approcher delà communion, et ne présumer pas de la recevoir sans avoir fait cette épreuve.
Elle consiste en deux choses : premièrement à examiner sa conscience et à se juger indigne de la communion quand on se sent souillé d'un péché mortel ; secondeme. t, à éprouver ses forces durant quelque temps, pour voir si on aura le courage de surmonter ses mauvaises habitudes. Car on ne doit point présumer de recevoir ce saint sacrement, qu'il n'y ait une apparence bien fondée qu'on est en état d'en profiter.
Celte épreuve se doit faire par l'avis d'un sage confesseur, qui sache nous donner si à propos ce remède salutaire que nous nous en portions mieux, et que notre vie devienne tous les jours meilleure.
Car, sans doute, c'est profaner le corps et le sang de Jésus-Christ, que de les recevoir sans qu'il y paraisse à notre vie. Ce n'est point discerner le corps de Notre-Seigneur d'avec une nourriture ordinaire, que de demeurer toujours aussi grand pécheur après l'avoir reçu qu'auparavant; il n'y a rien qui endurcisse davantage les pécheurs, ni qui les mène plus certainement à l'imnénitence que de recevoir les sacrements sans en profiter, parce que, s'accoulumaul à le-- recevoir sans effet, ils n'en sont plus touchés et ne se laissent aucun moyen de se relever. Dieu retire ses grâces de ceux qui en abusent, et plus elles sont abondantes dans l'Eucharistie, plus on se rend odieux à la justice divine, quand on les laisse écouler sans fruit.
Que le pécheur s'éprouve donc soi-même , et qu'il juge sérieusement devant Dieu, avec un sage confesseur, s'il est en état de profi-
ter de la communion; car, s'il n'en profitepas, il se met dans un danger évident d'être pire qu'auparavant , selon cette parole de Jésus-Christ : le dernier état de cet homme