MU
OEUVRES COMPLETES DE B.iSSLET.
n'est pas une excuse dans les articles fondamentaux ; autrement nous serions obligés d'excuser, et les hérétiques, et les infidèles, auxquels Dieu par un secret jugement n'a pas révélé ses mystères.
Il faut donc nécessairement que vous confessiez que nos pères n'erraient pas dans les fondements; et qu'ensuite vous disiez le même de nous, puisqu'il parait si évidemment que nous professons la même doctrine.
Que si l'on demeure d'accord que ces grands articles de notre créance ne nuisent pas à notre salut, nous laissons aux personnes sensées de peser en elles-mêmes, d'un jugement sain, ce qu'elles doivent croire dés autres.
Ici votre catéchiste s'élève, et, pour metire quelque différence essentielle entre nos ancêtres et nous, il dit que nous avons ruiné cette salutaire confiance en Jésus-Christ seul, en laquelle nos pères ont été sauvés. (Test là qu'il se réduit connue dans son fort ; et il parait que c'est l'unique raison pour laquelle il ne craint pas de nous condamner. En effet, nous confessons que s'il est ainsi, nous sommes dignes du dernier supplice.
Pour autoriser un si grand reproche, il nous objecte que lecoi cilede Trente a rejeté la justification par la foi, et établi le mérite des œuvres. Mais s'il n'a que celte seule raison pour nous séparer d'avec nos ancêtres, il s'appuie sur un mauvais fondement; puisque ses propres auteurs ont dû lui apprendre que la doctrine que nous prêchons était déjà crue au xm* siècle :
et nous avons promis de lui faire voir que nous lu tenons de l'ancienne Eglise.
Il a recouru aux vieux Rituels dont usaient nos pères; et nous lui montrerons dans ces Rituels que le mérite des bonnes œuvres [lassait pour certain, puisque les fidèles y sont exhortés dans les assemblées ecclésiastiques a se confesser aux jours solennels, afin que leur autres soient méritoires (46).
Il tire de ces anciens Rituels la forme de consoler les agonisants, par laquelle il justifie que nos pères avaient toute leur confiance au Sauveur. Or nous lui faisons lire dans les Agendes que nos derniers évoques ont fait publier cette même confession, celle même foi, cette même espérance au libérateur, laquelle à son avis sauvait les fidèles qui vivaient dans l'Eglise romaine en l'an 1543.
Quand nos Rituels s'en tairaient, toutes les prières ecclésiastiques témoigneraient assez cette vérité. Nous ne demandons que par Jésus-Christ, nous ne rendons grâces que par Jésus-Christ, nous ne nous présentons ■ levant Dieu qu'au nom et par les mérites de Jésus-Christ. Ce nom salutaire du Médiateur conclut toutes les oraisons de l'Eglise, et
nous sommes très-assurés que c'est en cenom seul qu'elles sont reçues.
Lorsque nous honorons la mémoire des apôtres et des martyrs, et des autres fidèles de Dieu, qui régnent avec lui dans sa gloire, nous le prions au nom de son Fils, qu'il ait agréables les oraisons que les saints ses serviteurs lui offrent pour nous. N'est-ce pas déclarer assez nettement que nous n'espérons rien de leur assistance, si leurs vœux ne sont présentés par notre Sauveur?
C'est que nous sommes persuadés qu'encore que l'Eglise de Dieu sur la terre, et les esprits bienheureux dans le ciel, ne cessent jamais de prier, il n'y a que Jésus qui soit exaucé, parce que les autres ne le sont qu'à cause de lui.
Bien plus, il n'y a que Jésus qui prie, parce que premièrement, c'est son Esprit- Saint qui forme en nos cœurs toutes nos prières ; et après, c'est que nous sommes ses membres, et c'est ce divin chefqui fait tout en nous. C'est pourquoi le grave Tertullien dit si bien dans son Traité de lu pénitence ('*!} : « Si l'Eglise, c'est Jésus-Christ, lorsque tu te prosternes devant les genoux de les frères, tu louches Jésus-Christ, tu pries Jésus- Christ. Quand ils versent des larmes sur toi, c'est Jésus qui soutire, c'est Jésus qui prie Dieu son Père. On obtient toujours aisément ce qu'un fils demande. »
C'est dans cette pensée si évangélique que nous demandons le secours des saints avec tant de dévotion : en eux nous prions Jésus- Christ, nous croyons que Jésus-Ch;ist prie en eux pour nous ; et c'est pourquoi nous ne doutons pas que leurs intercessions no soient très-puissantes.
Je ne comprends pas comment on peut dire qu'une prière conçue de la sorte ruine la confiance au Sauveur. Aussi le catéchiste a-l-il confessé que nos pères priaient les saints sans préjudice de leur salut, et sans détruire le bon fondement qui appuie les Ames fidèles en Jésus-Christ seul. Nous avons exposé très-fidelement ce qu'il a prêché dans son Catéchisme.
Quel prétexte peut-il donc prendre pour exclure les catholiques du ciel, après avoir excusé leurs pères ? S'il se contente d'exiger de nous cette sainte confiance en notre Sauveur, nous nous ■en glorifions comme nos ancêtres; s'ilse rejette sur les autres points, nous lui avons fait voir nettement que nos ancêtres les croyaient aussi bien que nous; et nous sommes entièrement dans la même cause.
Ainsi ne douiez pas, nos chers frères, qu'en justifiant, nos ancêtres il ne nous invite sans y penser à prendre la voie la pi us assurée, et à retournera l'Eglise en laquelle nos pères ont fait leur salut.
C'est le plus docte, c'est le plus ancien, c'est le plus célèbre de vos ministres; il ne
(46) Agende de loiô, page 83.
(47) Tektili.., l)e pœnil., cap. 10. Eeciesia vero Chrislus. Ergo ciim le ait fratrum gor.ua proiendis, Uhrisium conirccias , Clirisium exoras. JE<\\\e illi
(•uni super te laminas agunt , Curistus paiitur, l'.hrisius Paticiii deprecalur. Facile impelratuf seinpor quoi] Filins postulai.