SECTION SECONDE
OU IL EST PROUVE, CONTRE LES SUPPOSITIONS DU MINISTRE, QUE LA FOI DU CONCILE DÉTRENTE, TOUCHANT LA JUSTIFICATION ET LE MERITE DES BONNES OEUVRES, NOUS A ETE ENSEIGNEE PAU L'ANCIENNE EGLISE, ET QU'ELLE ETABLIT TRES-SOLIDEMENT LA CONFIANCE PL' FIDELE EN JESUS- CHRIST SEIL.
Le plus insupportable -reproche que le ministre fasse à l'Eglise, c'est qu'il dit que !a session sixième du sacré concile do Trente établit une doctrine nouvelle touchant la justification et les bonnes œuvics, qui renverse cette bienheureuse espérance que le Chrétien doit avoir en Jésus-Christ seul. Or, encore que celte calomnie si visible ait été suffisamment réfutée; toutefois, pour n'oublier rien qui puisse éclaircir les errants, proposons un peu plus au long la foi de l'Eglise et du saint concile de Trente; faisons voir son antiquité vénérable, et prouvons, par des raisons invincibles, qu'elle ne tend qu'à glorifier le Père céleste par son Fiis bien-aimé notre Rédempteur.
Dans l'explication de noue créance, je la rapporterai simplement comme elle est dans le concile de Trente ; parce que c'est ce concile que l'on accuse, et parce que nul ne pourra douter que nous ne tenions pour certain tout ce qu'il prononce.
Afin que notre dispute soit nette, je proposerai avant toutes choses les principes dont nous convenons; et quand nous serons venus au point contesté, après avoir dit quelle est notre foi, sans m embarrasser de questions inutiles, j'en déduirai les vrais fondements autant qu'il sera nécessaire pour la fin que je me suis proposée, qui est de montrer simplement, que bien loin d'avoir détruit, comme on nous l'impose, celte salutaire confiance au Libérateur, nous IV vous très-solidement établie. Commençons à poser les principes, deiquels, par la grâce ue Dieu, nous sommes d'accord.