CHAPITRE II
Diverses choses à considérer louchant la justification ; et premièrement, qu'elle est gratuite, selon te concile de Trente.
M y a trois choses à considérer dans la doctrine de la justification. Premièrement,
1*9) biini peccaleres se esse intelligentes, a divin.T juslilia? timoré quo militer conculiumur, ad ceiwWerandam Dei misericordiam se convericndo
la justification elle-même qui est le fondement de la vie nouvelle; après, le progrès de cette vie dans l'homme justifié ; et enfui, son couronnement dans la vie future.
Si nous montrons clairement qu'en ces trois états la doctrine catholique ne diminue point le mérite Ju Médiateur Jésus- Christ, au contraire, qu'elle le met dans un plus grand jour ; la calomnie de notre adversaire sera évidemment rélulée. Parlons de la justification en elle-même.
Je ne vois que trois questions importantes touchant la justification du pécheur. Premièrement, pour quel motif Dieu nous justifie ; secondement, ce que c'est, et en quoi elle consiste, et enfin, par quel acte de nos volontés cette grâce de la justification nous est appliquée. Sur quoi il est digne d'observation que dans le point principal, qui est le premier, nos adveisaires eux-mêmes ne dénieront pas que notre doctrine ne soit irrépréhensible.
Ce qui est le plus important en cette matière pour relever la grâce de Jésus-Christ, c'est de poser que le Père éternel ne nous pardonne nos péchés qu'à cause de lui ; et c'est ce que nous confessons de tout notre cœur. Certes nous croyons qu'il nous justifie, non parce que nous lui étions agréables, mais afin que nous lui soyons agréables : sa grâce ne rencontre en nous que des crimes; parce qu'elle vient effacer les crimes : ce n'est pas nous qui le choisissons , mais il nous choisit; nous ne l'aimons pas les premiers, c'est lui qui commence: et jamais nous ne le chercherions par la loi, s'il ne nous cherchait premièrement par miséricorde. Sa bonté nous trouvant criminels, elle nous aurait en horreur, si elle nous regardait en nous-mêmes; de sorte que, pour se pouvoir approcher de nous, il faut qu'elle nous regarde en Jésus-Christ seul.
C'est pourquoi le concile de Trente représentant les pécheurs effrayés par les justes jugements de Dieu, veut que le premier sentiment qui naisso en leurs âmes, soit la confiance au Libérateur: «Lors,» dit-il (4-9), « que sentant qu'ils sontcriminels, de la crainte de la justice divine dont ils sont utilement ébranlés, ils se retournent à la divine miséricorde et relèvent leur espérance abattue, se fiant que Dieu leur sera propice à cause de Jésus-Christ... » Est-ce là nier cette confiance au Sauveur, ou n'est-ce pas plutôt la poser comme le fondement immobile de notre justification ?
Et ce saint concile, pour nous apprendre que toute 1 espérance de pardon est en Jésus-Christ, (iélinit expressément i qu'il faut croire que les péchés ne se remettent jamais, et n'ont jamais été remis-que par la miséricorde divine gratuitement à cause de Jésus-Christ (50). » Et rapportant les causes de la justification du pécheur : « La ous-e
in spem erignntur, Intentes Detini sibi propter Cliri-
Slum propilium fere. (ConciLTrid., sess. H, cap. 6.)
(5(1 Quamvts autem necessarium sît erederè, in.-