PREFACE
Le bienheureux Lé-.nard fut l'Apôtre de son siècle en Italie, et après les Bernardin de Sienne, les Antoine de Padoue, les Vincent Ferrier, on n'en compte guère qui aient remiié aussi profondément les populations. Partout, dans les villes comme à la campagne, des foules innombrables se pressaient autour de lui pour l'entendre; il n'y avait point d'église, point de basilique assez vaste pour contenir son auditoire, qui s'élevait souvent à quinze et vingt mille personnes, quelquefois même à un chiifre beaucoup plus considérable. Presque toujours il se voyait obligé, dans ses missions, de dresser son estrade en plein air. A Rome même, il dut prêcher le jubilé successivement sur la place de Sainte- Marie au Transtévère et sur la place Navone, et ces v^astes enceintes se trouvèrent encore trop étroites. A Gênes, il dut se transporter en rase campagne, avec la foule immense de ses auditeurs.
Qu'est-ce donc qui rendait l'humble enfant de Saint-