‹ Œuvres compl`etes (volume 3)Chapitre 3 sur 154 · FR. SALVATOR D'ORME A · texte numérisé non relu

FR. SALVATOR D'ORME A

SI. R. Postulateur dans les causes des Serviteurs de Dieu de l'Institut.

Rome, S. Bonaventure au Mont-Palatin, 1 0 août 1 857.

A Monsieur F. LABIS.

AVIS DU TRADUCTEUR

Le bienheureux Léonard de Port-Mauriee, né en 1 676, entra , à l'âge de 22 ans , dans l'ordre austère des frères Mineurs Observantins Récollets , de la famille de Saint- François. Pour l'intelligence de ces dénominations, il faut savoir que l'ordre de Saint-François se divise en plusieurs branches. Sans parler du Tiers-Ordre et des Clarisses, on distingue les Capucins, les Conventuels ou Cordeliers, les Observantins et les frères Mineurs Réformés ou de la plus stricte observance , appelés en Espagne frères Mineurs déchaussés, et en France comme en Belgique , Récollets. Ce nom leur a été donné parce que leurs couvents dès le principe n'étaient que des couvents de récollection , établis dans diverses provinces de Mineurs Observantins. Ce ne fut qu'en 1 639 qu'ils eurent leurs propres provinciaux , tout en restant soumis au supérieur général des Observantins , qui peut être aussi choisi parmi eux. — Plus tard le vénérableBonaventure de Barcelone, simple frère Laïque, enchérit encore sur cette réforme, en Italie , et forma des couvents dits de Retraite , ou Ritiri, dans les provinces mômes des frères Mineurs Observantins réformés ; ces couvents , les plus austères de l'ordre , quoique soumis aux supérieurs Récollets , ont cependant des règlements particuliers qui en font un Institut distinct. Or c'est dans cet Institut qu'entra le bienheureux Léonard.

Vili AVIS DU TRADUCTEUR.

Toutefois pour éviter des qualifications compliquées , ou même équivoques et inusitées parmi nous, nous l'appellerons simplement Récollet, quoiqu'en italien il se désigne souvent lui-même, par exemple au bas de ses lettres, sous le titre de Missionnaire de l'ordre des Frères Mineurs Observantins Réformés de la Retraite. — Cette observation une fois faite suffira, croyons-nous, pour prévenir dans la suite toute ambiguilé.

Le Bienheureux mourut en 1 751 , à la maison de Retraite de Saint-Bonaventure , le couvent le plus pauvre de la ville de Rome , bâti au milieu des ruines du palais des Césars , au haut du mont Palatin. Il consacra la plus grande partie de sa vie à l'apostolat des missions , qu'il exerça avec un succès prodigieux dans presque toutes les contrées de l'Italie ; aussi fut-il appelé à juste titre par saint Alphonse de Liguori , son contemporain, le grand missionnaire de son époque. 11 réunissait en effet tout ce qui fait le missionnaire accompli : une profonde science des choses saintes . une connaissance très-pratique du cœur humain, une eminente sainteté et un zèle infatigable.

« Il est peu de serviteurs de Dieu , dit monseigneur Malou, plus populaires en Italie que le bienheureux Léonard de Port-Maurice, vénérable et saint missionnaire qui, à l'exemple de saint François de Hieronymo et de saint Alphonse de Liguori, éprouvait une immense charité envers les grands pécheurs, et opérait des prodiges par ses prédications apostoliques... Le bienheureux Léonard était tout a la fois un prédicateur éloquent et un écrivain habile. Depuis peu d'années on a publié en Italie trois ou quatre éditions de ses œuvres (1). » La vogue même dont les

(1) L'Immaculée Conception de la B. V. M., etc. par Mgr. Malou, évêque de Bruges. T. 2, p. 331.

AVIS DU TIUDUCTEUR. IX

écrits du Bienheureux n'ont cessé de jouir en Italie , nous dispense de rapporter ici les éloges qui en ont été faits par les hommes les plus eminente, depuis saint Alphonse jusqu'au savant et pieux évoque de Bruges. Nous nous contenterons de citer le trait suivant qui montre mieux que tout le reste, selon nous, le cas qu'on doit en faire. Le Bienheureux revenait de ses dernières missions , et il avait hâte d'arriver a son couvent de Saint-Bonaventure , pour y rendre le dernier soupir au milieu de ses confrères. Comme il approchait de la ville, il dit à son compagnon , le frère Diego : « Voici une recommandation que j'ai a »vous faire : quand nous serons arrivés au couvent de » Saint-Bonaventure , vous remettrez cette cassette contenant mes sermons, au père gardien; vous lui direz que »je m'en dépouille de bon cœur et que je n'ai plus que » faire de mes manuscrits. Je l'invite cependant a les con- » fier a des religieux capables d'exercer utilement le saint » ministère de la prédication, et sii ne le fait pas, il en «rendra à Dieu un compte rigoureux... » Si le Bienheureux paraissait attacher tant de prix à ses écrits, c'est qu'il les regardait bien moins comme le produit de son propre génie , que comme le fruit des inspirations qu'il avait puisées au pied du crucifix et dans un commerce intime avec Dieu

Et en effet, outre qu'on y reconnaît l'œuvre d'un saint , ces ouvrages sont d'une utilité incontestable et manifeste. C'est la le premier motif qui nous a porté à en entreprendre la traduction. A ce motif déjà suffisant par lui-même , à le bien prendre , il s'en est joint un autre : ce sont les invitations et les encouragements honorables et décisifs qui nous sont venus de divers côtés, et spécia lement de la part des membres de l'illustre famille franciscaine , a laquelle appartenait le bienheureux Léonard.

X AVIS DU TRADUCTEUR

La lettre du R. P. Salvator, que nous avons reproduite en tête de cet avertissement, en est une preuve. Nous aimons h signaler ce concours que nous regardons comme indispensable , et sans lequel nous n'oserions nous donner la mission d'une pareille entreprise.

Quelques opuscules, qui ne forment qu'une minime partie des OEuvres du Bienheureux , ont été publiés dans notre langue ; mais ces traductions , faites apparemment sur ces éditions italiennes profondément altérées, que signale le père Salvator dans sa préface , fourmillent elles-mêmes, et a plus forte raison, d'inexactitudes et d'infidélités. Pour ne point retomber dans les mêmes défauts, quoique nous ne puissions nous flatter d'atteindre a la perfection, nous reprenons le travail a neuf, en suivant l'édition du R. P. Salvator , postulateur dans la cause de la canonisation du Serviteur de Dieu ; ce savant religieux , ayant a sa disposition tous les manuscrits de l'auteur , n'a épargné aucune peine pour reproduire le texte original dans toute sa pureté. Nous nous attachons a conserver dans la traduction la simplicité, la clarté, l'onction et la force qui caractérisent le style du bienheureux Léonard.

L'édition italienne comprend treize volumes, que nous croyons pouvoir réduire commodément à huit , dont voici Tordre et le contenu :

1 . VIE DU BIENHEUREUX LÉONARD, suivie de sa CORRES- PONDANCE.

II. LA YOJE DU PARADIS. Méditations et exercices de piété. — TitÉsoR caché. — Petit jardin de dévotion. — Voie sacrée, ou le chemin de la croix expliqué et mis en pratique.

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