‹ Œuvres compl`etes (volume 3)Chapitre 64 sur 154 · III · texte numérisé non relu

III

AL MÊME

Monléfiascone , ^juin [I73?\

Cher frère en Jésus-Christ,

Que la paix, de notre bon Jésus soit avec vous.

Me voilà à Montéfiaseone , où nous sommes arrives mouillés et trempes jusqu'aux os ; hier ce fut la même chose : Dieu soit béni !

A peine arrivé, j'ai su que la princesse de Piombino ainsi que FEvêque désiraient m'entendre. Ce soir même donc , quoique bien fatigué , j'ai adressé la parole au peuple ; demain et jeudi j'en ferai encore autant. Comme on doit établir ici le Chemin de la Croix , la princesse veut que vous lui trouviez des estampes, tant pour la cathédrale que pour les religieuses; envoyez-les a Viterbo , où nous commencerons la mission dimanche prochain ; elle satisfera pour le tout.

(f) 19-- de l'édit. kal.

J'espère que les bêtes cle somme seront arrivées avec le bagage ; mais si vous n'avez pas donné de couvertures pour les préserver de la pluie , nous aurons du potage.

Soyez indulgent ; car je vous écris de nuit et a la hâte.

Salut au père Directeur. — Vive Jésus ! — S'il y a des lettres, envoyez-les a Yiterbe. — Vive Jésus !

Fr. Léo.n.vrd.

[ Vilefbe , . . . juin , \ 7 ô 2 .]

Cher frère en Jésus-Christ,

Que la paix de notre bon Jésus soit avec vous.

Je vous remercie des lettres que vous m'avez envoyées. Pour ce qui est deRonciglione , nous y passerons : si tout est prêt et si on le désire, nous y placerons le Chemin de la Croix ; sinon , nous poursuivrons notre voyage , et nous arriverons à Rome un jour plus tôt.

Demain aura lieu la bénédiction 2. Vous ne pourriez croire combien cette ville a été secouée. On y a fait et l'on y continue à y faire une belle récolte. Il s'est encore converti un jeune israélite ; c'est le sermon sur l'éternité qui l'a frappé au cœur.

(1) 17e de l'édit. ital.

(2) La bénédiction, c'est-à-dire la clôture de la mission , qui se terminait toujours par une bénédiction solennelle du Saint-Sacrernent, suivie de la bénédiction papale.

Après la mission nous irons dans les monastères. — Hier soir les religieuses de Saint-Dominique nous ont envoyé le souper ; elles aussi voudraient bien m'entendre ; mais comme ce sera chose assez difficile , elles demandent encore a Sa Majesté la Reine deux exemplaires du Manuel sacré i, pour deux monastères sujets aux pères Dominicains. Envoyez-les le plus tôt que vous pourrez, et adressez-les , en mon absence, au Gardien du couvent des Observai» tins; je lui recommanderai de les faire parvenir à destination , dans le cas où nous serions partis.

Salut au père Directeur ; qu'il fasse dire un Salve regina en commun pour nous. — Dites au père Jean de Dubizze que j'ai reçu sa lettre , et que je m'acquitterai de sa commission.

Fr. Léonard.

AU MÊME

Le travail du Dimanche puni de Dieu d?une manière terrible. [Viterbe], 26 juin [1732] 3.

Cher frère en Jésus-Christ ,

Que la paix de notre bon Jésus soit avec vous. La mission s'est terminée à la gloire de Dieu et a la confi ] Le Manuel sacré est un livre composé à l'usage des religieuses,

par le B. Léonard. Voy. tom. IVe de la présente édition des œuvres

complètes.

(2) -18e del'édit. ital.

(3) Le contenu de cette lettre d'un bout à l'autre nous fait connaître

solation de toute la population de Viterbe. On a donné la bénédiction mercredi , en présence d'une assistance des plus nombreuses.

Il est arrivé ici un événement qui a jeté la consternation parmi les profanateurs des saints jours de fêtes. Il régnait dans cette contrée un abus vraiment monstrueux : c'est qu'on travaillait ces jours-lk et qu'on tenait les magasins ouverts, comme les autres jours de la semaine. Mardi , veille de la Saint-Jean-Baptiste , j'attaquai ce point avec véhémence, et j'exigeai que le jour suivant , à raison delà fête de saint Jean * , on ne travaillât point.... Une mère prétendit conduire sa fille au champ pour arracher le lin ; a peine arrivée , la malheureuse fille tomba morte subitement , sans pouvoir dire Jésus. Ce fait a terrifié tout le monde, et j'espère qu'il servira de frein pour l'avenir.

Nous partirons le lendemain de la Saint-Pierre. Si nous nous ne devons pas nous arrêter a Ronciglione , mercredi nous serons au poste ; mais s'il fauts'y arrêter pour ériger le Chemin de la Croix , nous arriverons jeudi a midi avec frère Diego , qui me dit de vous écrire qu'il vous salue, et qu'il vous aime bien. — Le père André et le père François s'en vont a Sainte-Marie.

Veuillez penser, à parler au sieur Belconi de notre bagage, qui sera envoyé après la Saint- Pierre. — Je suis fort occupé avec ces religieuses ; elles ne me laissent point partir ; j'ai été avec elles depuis le matin jusqu'au soir. — Vive Jésus !

Salut au père Directeur.

Fr. Léonard.

sûrement qu'elle a été écrite immédiatement après la mission de Viterbe en 1 732. L'affinité qu'elle a d'ailleurs avec la précédente indique assez qu'elle fut adressée également au frère Etienne.Voyez la Vie, part. I, ch. -H. Page 107.

( 1 ) La fête de saint Jean-Baptiste était obligatoire à cette époque .

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