‹ Œuvres compl`etes (volume 3)Chapitre 75 sur 154 · XX · texte numérisé non relu

XX

V MADAMI. I.A DUCHESSE STREZZI.

H lui demande d'ussister à la vèlure d'une sœur converse. — Savon souffrir.

Civita-Castellana, le 27 décembre 1733.

Madami:,

Que la grâce de l'Esprit-Saint soit avec vous.

Si notre bonne Reine était en vie , et que je lui demandasse la faveur que je vais solliciter de votre Excellence , je suis très-sûr que je l'obtiendrais sur-le-champ. Mais puisque madame la duchesse Strozzi tient pour moi la place de la Reine , comment pourrait-il se faire que je ne l'obtinsse pas d'elle également? Cette faveur, c'est que Votre Excellence veuille bien assister à la véture d'une pauvre sœur converse, ainsi que le désire frère Etienne. Rien plus, en d'autres occasions semblables rendez-vous sans vous faire trop prier, madame, tant a cause du bon exemple qui sera donné au monde, que pour le profit que vous en retirerez ; car vous entrerez en participation de tout le bien que fera cette religieuse pendant sa vie. D'ailleurs, raison de plus, vous portez quelque affection spéciale à ce monastère de Saint-Jacques, où il y a beaucoup de religieuses animées d'un bon esprit. Je ne crois pasque notre Clémentine soit inférieure aux autres ; dites-lui que je prie pour elle et que je désire qu'elle soit, non-seulement bonne, mais sainte.

'1) Goedel'édit. ital.

Après cette mission nous allons a Civita-Vecchia , et de là a Rome , où nous nous concerterons sur divers objets.

A Caprarola nous avons été logés dans le palais où ces deux personnages ont été en villeggiature. Oh! que je les ai recommandés à Dieu! On a besoin de lumière, car on traîne, on marche dans l'obscurité ; que Dieu nous envoie ce rayon de lumière, afin que nous ne nous trompions pas de route. Pour nous , entre temps , ne manquons point d'être fidèles à ce Dieu si bon , en tâchant de croître de plus en plus dans la perfection ; car dans les voies de Dieu qui n'avance pas recule, et pour avancer il faut se faire violence et souffrir quelque chose. Mais ce denier de souffrance est précisément celui qu'on ne veut pas dépenser ; on souffre tant pour contenter ses petites passions! et quand il s'agit de les vaincre, nous ne voulons pas remuer un doigt, nous ne voulons pas supporter la plus petite incommodité. Quelle misère ! Réveillons-nous de grâce. Je vous recommande à Dieu, et en ce moment même je vais dire la sainte messe, et je vous déposerai dans le côté sacré de Jésus.

Je suis ,

De Votre Excellence,

Le très-affectionné en Jésus-Christ,

Fr. Léonard.

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