UE PERFECTION RELIGIEUSE
VOUS ayez toujours sous la main !o moyen de payer voire tribut à votre aimable et puissante Souveraine. Sainte Terese la choisit pour sa mère, et pour supérieure de tous ses monasières, dont elle remettait les clefs entre ses mains. Voudriez-vous vous priver du bonheur de vous choisir aussi une telle mère? A Dieu ne plaise! Dès aujourd'hui allez vous prosterner devant quelque image de Marie ; là, en présence de l'adorable Trinité, de votre ange gardien et de tous vos saints patrons, choisissez-la pour votre mère bien-aimée, et désormais montrez-vous en toute occasion, et par écrit et de vive voix, une véritable enfant de Marie. Voilà la noblesse dont je veux que vous vous glorifiiez en cette vie. Toutes les fois donc qu'on vous demandera votre nom, répondez franchement : « Je m'appelle sœur N. N., fille indigne de Marie, » et si vous écrivez quelque lettre, signez : « N. N., fille indigne de Marie. » Soyez fière d'un si beau nom. Mais prenez garde qu'au nom correspondent les œuvres, et pour cela faites en sorte que votre dévotion envers la très-sainte Vierge soit une dévotion noble, généreuse et constante. Ne vous contentez pas de lui offrir des paroles pat* vos prières vocales, mais offrez-lui votre cœur par les sentiments les plus purs; pensez souvent à elle, parlez-on avec amour, et Ciites que tous ceux avec qui vous êtes en rapport deviennent des enfants dévoués de Marie. Surtout n'oubliez pas de vénérer ses images, et de demander sa bénédiction toutes les fois que vous sortez de votre cellule ou que vous y rentrez; de même quand l'heure sonne, saluez-la par un Ave Maria, la félicitant de ce qu'elle a été conçue sans la tache du péché originel et choisie pour être mère de Dieu.
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Autres dévotions. Prières vocales. Indulgences.
23. Relativement aux autres dévotions ainsi qu'aux devoirs à rendre à vos saints patrons, j'ai à vous recommander de ne pas trop vous charger de pratiques. C'est une erreur commune à beaucoup de religieuses que de vouloir être de toutes les confréries, et prendre tous les saints du paradis pour protecteurs. Quoique la chose soit bonne en elle-même, l'excès nuit, et il n'est pas bon de se mettre à réciter des Pater et des Ave du matin au soir, au détriment parfois de roffîce divin et de ce qui est prescrit par la règle, d'autant plus qu'à force de dire des Pater, on n'en dit aucun comme il faut. N'en usez pas de la sorte ; je suis d'avis, au contraire, que vous n'assumiez les obligations d'aucune confrérie. Si vous désirez que je vous assigne un nombre convenable de prières vocales, je vous dirai de vous contenter de l'office divin et de ce que votre règle vous trace, et tout au plus de réciter en outre le chapelet des sept-douleurs ou bien la troisième partie du Rosaire, afin de gagner les indulgences qui y sont attachées.
Pour ce qui est de vos saints patrons, formez-en une espèce de Litanie, que vous direz en particulier et avec dévotion, pour implorer leur protection ; par exemple :
Seigneur, ayez pitié de moi, etc.
Sainte Marie, priez pour moi.
Saint Joseph, priez pour moi.
Vous insérez ici les noms de tous vos saints patrons ; et en dernier lieu ^ous dites : Tous les saints et saintes du paradis, intercédez pour moi, et enfin l'oraison : Protégez, Si'iyneur, votre peuple, etc. De celle manière, vous
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pouvez convenablement rendre aux saints vos pieux hommages et réclamer leur assistance.
Bornez-vous donc à ce petit nombre de prières vocales, et tout le reste du temps, consacrez-le a l'oraison mentale et à la lecture de livres spirituels; j'entends le temps que vos occupations ou vos devoirs vous laissent libre. Ainsi votre piété ne sera pas une dévotion féminine qui ne dépasse pas le bout des lèvres, mais une piété mâle et solide qui a ses racines dans le cœur.
Je vous recommande cependant de ne pas négliger le trésor des indulgences accordées par divers papes à ceux qui récitent plusieurs fois par jour, devant le saint Sacrement, six Pater, Ave et Gloria; par celle pratique vous gagnerez chaque fois toutes les indulgences attachées aux pèlerinages de Rome, de Jérusalem et de Saint-Jacques en Galice. Elles sont très-nombreuses, puisque, à Rome seulement, dit le père Viva', jésuite, 'on peut gagner trentehuit indulgences plénières par jour, et que vous les gagnez toutes chaque fois que vous récitez les six Pater, Ave et Gloria aux intentions du Souverain Pontife. Cette concession faite par Léon X, a été confirmée par Innocent XI et Innocent XII, et, en vertu de la communication des privilèges, elle est commune à tous les religieux. Lorsque vous pouvez ainsi gagner plusieurs indulgences plénières à la fois, vous faites bien de vous en appliquer une à vous-même et les autres aux âmes du purgatoire.