‹ Œuvres compl`etes (volume 4)Chapitre 26 sur 180 · JÉSUS EMBRASSE SA CHOIX · texte numérisé non relu

JÉSUS EMBRASSE SA CHOIX

Si quelqu'un d'entre vous se fût trouvé sur cette place du prétoire, représentée dans cette seconde station, alors que les épaules du Sauveur furent chargées d'une lourde croix qui broyait ses os sacrés, aurait-il pu s'empêcher d'être ému de compassion? Les anges témoins de cet affreux spectacle en versent des larmes amères ; ils voudraient soulager Jésus, mais le Père éternel s'y oppose. La foule en rit; poussée par le démon, elle se fait un jeu des plus cruels tourments du Sauveur, et insulte à sa douleur par d'ignobles sarcasmes. De quel côté vous rangez-vous? Voulez-vous avec les anges aider Jésus souffrant, ou bien, commela foule, vous divertir de son supplice? Ah! cœur de marbre! qu'as-tu fait jusqu'ici? dismoi, qu'as-tu fait? Ne t'es-tu pas déclaré ouvertement l'ennemi de la Croix? et si Dieu pour ton bien a mis quelque légère croix sur tes épaules, ne la jettes-tu point par terre k tout moment?... Tu murmures, tu te plains, tu t'inquiètes, tu n'as pas le moindre caractère d'un disciple de Jésus-Christ. Change enfin de sentiment; et en voyant

H. M. vili. 6

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Jésus accablé sous le poids de sa croix, preiuls la résolution de tout souffrir désormais pour celui qui a tant souffert pour toi.

m» STATION.

LA PREMFÈRF. CHUTK l)i; JÉSUS.

Retenez donc le corps épuisé du divin Sauveur; ne voyez-vous pas que, tiraillé avec brutalité par cette énorme chaîne qu'on lui a mise au cou, il est sur le point de rouler par terre. Retenez-le, vous dis-je. Hélas ! je ne vois personne qui l'empêche de tomber. Le voilà étendu à demi-mort. Le choc qu'il a éprouvé dans sa chute a enfoncé plus profondément dans sa tête les épines dont elle est couronnée, et des ruisseaux de sang coulent le long de ses joues. Quel est donc le barbare qui a entraîné Jésus à celte lamentable chute'? Tu es ille vir ; c'est toi, lorsqu'ennuyé de l'observance de la loi de Dieu, tu lâches ces propos criminels : « Eh ! advienne que pourra ; ou je me sauverai, ou je ne me sauverai pas : l'un ou l'autre. Du reste... » Ah! malheureux! lu le précipites vers l'abîme; tu cours à l'enfer. Mais voici Jésus qui se met en travers de la route. Arrête ! regarde ce visage si doux de Jésus... Oui, mon frère, espère : qui sait si pleurant tes péchés à cette station, lu n'obtiendras pas que la chute de Jésus te ressuscite à une nouvelle vie z*

nu CHEMIN m LA CHOIX. 63

IV STATION

JÉSCS KUNCO.NTUE SA MfcllK.

Cœurs aimants de Jésus ot de Marie, ah ! épanchezvous k cette station ; épanchez-vous , dis-je , en saintes affections. Hélas! quelles angoisses, quel martyre ne durent pas éprouver ces deux cœurs si brûlants d'amour! — Marie pleure en voyant l'état lamentable où son bienaimé Fils est réduit, et les pleurs de la Mère sont un aiguillon qui perce l'àme du Fils. Touchantes larmes, cessez de couler ; vous retombez trop amères sur le cœur de mon Jésus, et si vous ne pouvez supporter sa vue, ô Marie, au moins dissimulez votre douleur. — Mais non ; pleurez, Vierge inconsolable, car en arrêtant vos pleurs, la douleur vous étouffe, et vos peines en croissant redoublent en même temps les souffrances de Jésus. — Ah ! aidezmoi, mes frères, dans une conjoncture si pénible. Je ne trouve pas moyen de consoler Jésus, de consoler sa Mère. Ecoutez quels gémissements, quels sanglots : les anges pleurent, les saintes femmes pleurent, la Vierge pleure, Jésus pleure, et je crois que ces barbares eux-mêmes pleurent par un sentiment de compassion naturelle, en voyant la rencontre douloureuse de la Mère et du Fils. Nous seuls , nous sommes plus durs que des pierres. Ah! pleurons aussi, si non par des larmes extérieures, au moins f)ar une véritable componction du cœur, pleurons nos péchés qui ont été la cause de tant de souffrances.

V" STATION

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