‹ Œuvres compl`etes (volume 4)Chapitre 28 sur 180 · SKCONDE CHUTE DE JÉSUS · texte numérisé non relu

SKCONDE CHUTE DE JÉSUS

Je ne m'étonne point de la faiblesse apparente que montre le divin Sauveur, quoique tout-puissanl; tandis qu'il s'avance, chargé du bois de son sacrifice, ses bourreaux l'accablent d'une grêle de coups de pied, de coups de poing, de soufflets; il succombe de nouveau : le voilà étendu à moitié mort, et le rocher est rougi du sang qui s'échappe abondamment de ses plaies et de sa tòte coup. u. vili. 6*

ronnée d'épines. Je ne m'en étonne point, ai-je dit , et pourquoi? Ah! c'est que le poids de nos péchés qu'il porte sur ses épaules est énorme. Un seul péché, quel déplaisir ne cause-t-il pas à Jésus? Vous en riez lorsque, accoudé sur cette porte, sur cette fenêtre, ou traversant cette rue, vous donnez accès a telle pensée coupable ; eh bien ! sachez que vous donnez le jour à un monstre si épouvantable que durant toute l'éternité il a été un objet d'abomination aux yeux de Dieu, et que durant tous les siècles à venir il sera l'objet d'une haine infinie de sa part. Comment donc n'en mourons-nous pas de douleur! Maudit péché, qui oppose des ombres si épaisses à la lumière inaccessible de notre Dieu ! Quel remède donc? le voici ; faire tous nos efforts afin que, si Dieu doit détester pendant toute l'éternité notre péché qui sera toujours devant ses yeux, au moins il n'ait pas à délester le pécheur qui l'a commis. El comment cela so peut-il? En déplorant amèrement, mes frères, le malheur extrême que nous avons eu dépêcher. Ah! protestons tous avec une généreuse résolution que, dussions-nous vivre ici-bas toute une éternité, nous ne cesserons de pleurer nos péchés et de les détester de cette haine souveraine que Dieu même leur porte. Ah! Jésus, mon Jésus! accordeznous cette grâce, et c'est alors que nous vous relèverons de cette chute si douloureuse.

VIIl" STATION.

JÉSUS ADIîESSE I..V IWEtOLE AUX FEMMES. QUI PLEUHE-NT.

Faites cas de vos larmes, mes frères, car en réalité elles sont d'un grand prix devant Dieu. Voyez Jésus qui reprend les filles de Jérusalem, parce qu'elles les répandent

DU CHEMIN l)F, LA CROIX. 67

à profusion par pur motif de compassion naturelle. Ah! si vous aviez le bonheur, mon pauvre pécheur, de faire jaillir de ce cœur pétrifié un acte de repentir sincère d'avoir offensé Jésus-Christ; si vous aviez ce bonheur, dis-je , une éternité de contentement serait la récompense proportionnée à un acte si généreux. Oh ! quelle satisfaction vous donneriez au coeur de Dieu ! Oh ! puissiez-vous comprendre celte vérité 1 Dieu fait plus de cas d un cœur contrit, d'un cœur pénétré de douleur, que de toutes les qualités , de toutes les merveilles naturelles les |)lus belles , les plus ravissantes qu'on puisse imaginer dans une créature quelconque. Qui donc ne s'efTorcera d'exciter la componction dans son cœur avant la fin de ce douloureux voyage, afin de donner satisfaction, et une si grande satisfaction à noire bon Jésus? Remarquez que si vous ne le faites pas maintenant que vous le pouvez, vous ne le pourrez plus alors que vous le voudrez ; et que si vous négligez cet acte de contrition pendant la vie, il ne vous sera pas donné île le faire à 1 article de la mort, alors que le temps vous échappera : Tempus non erit ampliai.

IX« STATION

TROISlÈMi; CULTI-; DK JÉSUS.

Terre fortunée qui fus digne d'être imbibée du sang de Jésus! Ce sang précieux jaillit on grande abondance des plaies de Jésus rouvertes outre mesure dans cette troisième et douloureuse chute. Le divin Sauveur tombe accablé sous le poids énorme de sa croix, en môme temps l'eiïroi saisit le cœur de ^es bourreaux qui croient lu voir expirer; ils essaient et le trouvant encore en vie, quoique

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par miracle, ces infâmes so font un sujet de risée et de sarcasmes des souffrances extrêmes de mon Jésus. Populace indigne , as-tu donc le cœur de bronze ? Mais à quoi bon m'en prendre à ceux qui n'ont pas même un rayon de foi ou de raison? Ne vous reconnaissez-vous pas vousmêmes, mes frères, dans ces barbares qui s'acharnent si cruellement à Jésus-Christ? N'y voyez-vous pas la figure de ces hommes livrés au monde, plongés dans la matière et tellement endurcis dans le vice que les vérités les plus terribles, l'enfer, l'élernité, le mal affreux du péché, ne leur causent plus la moindre épouvante ; de ces hommes enfin abandonnés à ce sens réprouvé que déplore l'Apôtre, et qui ne trouvent de jouissance qu'à accumuler péchés sur péchés? Ame malheureuse , s'il s'en trouve quelqu'une dans une si belle assemblée, ouvre ton cœur; Jésus t'appelle encore : ne tarde plus! Va, dès ce soir, te jeter aux pieds d'un confesseur. Trop heureuse, si tu entends cet appel de ton Dieu ! Eh bien ! mes frères, récitons tous ensemble le Pater et ÏAve accoutumés pour cette pauvre âme.

X" STATION

JÉSUS nÉPOElLLÉ DE SES VÊTEMENTS ET ABREUVÉ DE FIEL.

Déchirez, déchirez ces chairs adorables de Jésus, cruels bourreaux, arrachez-lui la peau de la téle aux pieds, et ne craignez point, en lui enlevant et en lui remettant la couronne d'épines sur la tête, d'approfondir ses douloureuses plaies; ses entrailles ont-elles été épargnées? eh bien! voila du liei, de la myrrhe et du vinaigre : remplissez son palais d'amertume, tourmentez son corps intérieurement; il frissonne de froid, il est épuisé de souffrances, n'im-

nu CHEMIN UE I,A CROIX. 69

porto : laissez-le exposé tout nu, comme un ver de terre, aux regards avides de la plèbe la plus vile. Qui sait si, à ce spectacle touchant et lamentable les cœurs ne seront pas émus et si, par compassion, on ne cessera pas d'outrager mon Jésus'? Quoi! ce n'en est pas encore assez pour attendrir ce cœur obstiné? Va donc, malheureux, va habiter parmi les bêtes féroces ; tu n'as plus un cœur humain, tu es plus impitoyable qu'un tigre. Mon Dieu! quelles insondables extrémités! Vous avez tant fait pour moi, et que fais-je, moi, pour vous? De quoi m'occupé-je? Suis-je donc de pierre? Ne devrais-je pas m'immoler pour vous? Ah! plût à Dieu que tous dorénavant nous ne fussions plus occupés qu'à aimer, servir et honorer notre bon Jésus !

XI» STATION

JÉSUS CRUCIFIÉ

Voyez-les triompher, ces êtres barbares, inhumains; ils ont atteint leur but détestable!... Le corps huiguissanl du Sauveur tiraillé avec fureur est étendu sur la croix, et on lui enfonce de gros clous dans les pieds et les mains. A l'instant quatre fleuves de sang jaillissent de ces plaies adorables. El pour qui est-il répandu, mes frères, ce sang béni, ce sang de l'Agneau sans tache? Oui, oui, prévalezvous du mot de l'Apôtre : Pro omnibus mortuus est Christus; fiez-vous que Jésus a versé son sang pour tous les hommes! Est-ce à dire que cette précieuse médecine sera efficace pour tous? Hélas! hélas! qu'il y a peu d'élus! Jésus a préparé dans son sang un puissant remède pour tous nos maux, mais si nous ne l'appliquons pas ce remède, la faute en sera-t-elle à Jésus? Vous le savez, le sang

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de Jésus s'iippliqiie par les sacrements. Combien n'en est-il pds qui ne s'en approchent que de Pâque en Pâque! Combien qui se confessent et communient, mais uniquement par respect humain! Leurs péchés, ils les débitent k moitié, sans douleur, sans bon propos, et ils avancent dans la vie en tressant une longue chaîne de sacrilèges ; ils s'approchent de la table sainte, non pour savourer le sang de Jésus-Christ , mais pour le fouler indignement aux pieds. Ah ! déplorons, mes frères, l'immense malheur de nos temps où tant de chrétiens (plût à Dieu qu'il en fût autrement!) boivent la mort là où ils devraient recevoir la vie.

XIl" STATION.

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