‹ Œuvres compl`etes (volume 4)Chapitre 29 sur 180 · JÉSUS ÉLEVÉ EN CROIX · texte numérisé non relu

JÉSUS ÉLEVÉ EN CROIX

Voilà enfin le Fils unique du Très-Haut cloué à un gibet et élevé entre le ciel et la terre! Ah ! prosternés à genoux, fixons nos regards sur cette face moribonde, envahie par les pâleurs de la mort. Le reconnaissez-vous, Messieurs, pour ce Jésus de Nazareth, qui vous a comblés de tant et de si grands bienfaits? Le reconnaissez-vous pour ce Dieu qui vous a créés et qui maintenant va mettre la dernière main à l'œuvre de votre rédemption, en agonisant au milieu des angoisses et en rendant le dernier soupir? 0 ciel! avec quel cri il a fait retentir le consummatum est! quels pleurs, quelles contorsions ! comme sa poitrine se gonfie et comme ses yeux errent ça et là! Le voilà qui expire et se meurt: Tradidit spiritum. Le reconnaissez-vous'? Non; plusieurs et beaucoup môme ne le reconnaissent pas ; car il me paraît impossible de voir un Dieu suspendu en l'air sur trois clous, et de vivre comme on vit ; cela n est pas possible : il faut donc croire que ceux-là ne connaissent

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pns Jésus ; non, ils ne lo connaissent pas. Que si vous vous oilensez. Messieurs, de m'enlendre dire que vous ne connaissez pas Jésus, je me rétracterai. Vous le connaissez donc, n'est-il pas vrai? vous le connaissez? Vous connaissez Jésus-Christ et vous l'offensez? Il n'y a donc point de rémission pour vous. Voici les termes précis dans lesquels Jésus-Christ, du haut de la croix, pria pour ses bourreaux : Pater, ignosce illis, quia nesciunt quid faciunt. C'est-àdire : « Père éternel, ces malheureux ne me connaissent point, ils ne savent pas qui je suis ; pardonnez-leur donc s'ils me crucifient. » Mais pour un chrétien qui connaît Jésus-Christ, qui sait ce que Jésus-Christ a souffert pour lui et combien il l'a aimé, et qui néanmoins continue à l'offenser en persistant dans ses habitudes avec plus de perversité que jamais, pour celui-là et d'autres semblables, qui savent ce qu'ils font, il n'y a point de prière de Jésus- Christ, et pour ceux-là peut-être n'y a-t-il point de rémission. C'est de vous que je parle, esprits obstinés, qui savez très-bien que ce n'est pas seulement un pieux sentiment, mais une vérité catholique, que le péché mortel crucifie de nouveau le Fils de Dieu, qui le savez, dis-je, qui en êtes convaincus, et qui néanmoins vivez dans le péché et multipliez sans fin vos offenses. Ah! quelque châtiment terrible, oui, quelque châtiment terrible menace celui qui est insensible à des réflexions si touchantes. Où êtes-vous, mon pauvre pécheur, où êles-vous ? Degrâce, ne descendez point de cette montagne que vous ne vous soyez réconcilié avec Dieu. Courage : voilà Jésus, il vous tend les bras; jetez-vous-y, et alors, oui, alors, il y aura pour vous rémission et salut éternel.

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XIII" STATION

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