LE VISAGE DE JÉSUS EST ESSUYÉ PAR SAINTE VÉRONIQUE
C'est un iraitd'amour bien touchant que celui dont Jésus usa envers sainte Véronique! Cette femme courageuse l'ayant rencontré s'approche humblement de lui, et de son voile sacré essuie la sueur etle sang qui masquent son visage et aggravent ses souffrances; et Jésus, en récompense de cet acte de compassion, imprime sur son voile et surtout dans son cœur les traits de sa face adorable. Oh! que
nous serions heureux, mes frères, si nous étions tous dignes de recevoir cette précieuse empreinte dans nos cœurs I Mais, hélas 1 hélas I que Jésus a horreur d'être imprimé dans des cœurs si impurs, dans des cœurs occupés depuis si longtemps par des affections coupables, des passions brutales, puisque nous faisons plus de cas de la plus vile créature que de Dieu même, que nous n'avons de sentiment que pour la terre, que pour ces intérêts caducs, et que nous ne pensons point aux affaires de notre salut éternel. Ah! dégageons nos cœurs de semblables erreurs, et alors nous serons dignes que Jésus y grave ses traits. 0 céleste empreinte, qui sufTirail seule pour nous rendre heureux !
VII» STATION
SECO.MIE CHUTE DE JÉSUS
0 maudit péché, que tu pèses sur les épaules do mon Jésus! Ne voyez-vous pas, mes frères, cet aimable Sauveur roulant de nouveau la face contre terre? Ne voyezvous pas comme, dans cette chute douloureuse, ses yeux divins se gonflent, le sang jaillit do ses narines et inonde ses joues? Mon Dieu, qui donc a si cruellement maltraité mon Sauveur? Le péché, mes chers auditeurs, le maudit péché, voilà l'impitoyable bourreau qui a renversé Jésus par terre. Ah! si l'on comprenait la malice d'un seul péché mortel, malice infinie qui ne peut êlre effacée que parle sang infiniment précieux de Jésus! Et cependant les pécheurs boivent l'iniquité comme l'eau. Qu'est-ce qu'un péché, une poignée de main, un sourire gracieux, un acte éphémère de la volonté? Qu'est-ce que cela? C'est une monstruosité si grande, qu'elle suffirait pour faire un
démon accompli; et si vous, qui m'écoutcz, vous avez vingt, trente, cinquante, cent péchés dans l'âme, vous avez, sacliez-le bien, assez de monstruosités pour composer vingt, trente, cinquante, cent démons ; et vous ne frémissez pas d'horreur? Jetez-vous donc aux pieds de Jésus et proposez-vous de vous confesser dès ce soir, afin de délivrer votre âme d'une si affreuse difformité.
VIII" STATIOiN.
JÉSUS CONSOLE LF.S FILLES HL JÉRUSALKM.
A quoi bon quelques larmes pour une immense douleur? Aussi l'aimable Sauveur, se tournant vers les filles de Jérusalem, leur dit : «Ne pleurez donc pas sur mes douleurs, femmes compatissantes ; mais pleurez plutôt sur vos péchés et ceux de vos enfants. » Non, pour pleurer la Passion de Jésus, il ne suffit pas de quelques soupirs; mais ces quelques soupirs, si disproportionnés à l'affliction de Jésus, suffisent, mon pauvre pécheur, pour remédier aux immenses désastres d'une âme plongée dans l'iniquité, ses péchés fussent-ils aussi nombreux que les cheveux de votre tète. 0 puissance prodigieuse d'une véritable contrition, qui change une âme au point de faire d'un démon, un ange. Et cette contrition, mes frères, celte douleur est en notre pouvoir avec l'aide de Jésus- Christ qui ne nous fait jamais défaut au besoin. Avant donc que ce saint exercice se termine, arrosons nos cœurs de la salutaire amertume d'une contrition sincère, en pleurant, suivant l'avis du Sauveur, nos propres péchés.
X" STATION
TROISIÈME CHUTE DE JÉSUS
Regardez par terre, âme pieuse, que voyez-vous ? Hélas! c'est Jésus, cet aimable Sauveur, qui, accablé sous sou énorme fardeau, est gisant dans la fange. Voyez comme en cet état il lève les yeux sur vous et vous dit : Me voici, âme bien-aimée, m.e voici succombant pour votre amour sous le poids exorbitant de celte croix et surtout de vos énormes péchés. Voici votre Dieu dans les fers, dans l'ignominie, en butte k tous les outrages. Me voici entre les mains des barbares; je suis traîné au supplice, comme un infâme, entre deux larrons. Et cependant sachez que ce serait un dédommagement surabondant pour mon cœur désolé que le soupir amoureux d'un seul au milieu de cette foule. — Ali! cœur abandonné de mon Jésus, vous donnez donc vos peines, vos douleurs à si vil prix? Quoi! vous estimez qu'un seul soupir de la part d'un pécheur contrit paierait équivalemment vos tourments? Et quel sera donc, mes frères, ce pécheur fortuné qui, par un acte de contrition, par un peccavi bien sincère, gagnera l'amour de Jésus? Ah! tous, tous, pénétrés de contrition, pleurons nos péchés qui lui ont causé tant de peine.
X' STATION