JFSLS AIDÉ PAR LE CYRÉNÉEN
Telle était la quantité de sang que Jésus avait perdu, qu'on voyait le moment où il allait succomber sous son lourd fardeau. Mais la haine de ses bourreaux acharnés ne serait point satisfaite, s'ils ne le voyaient suspendu vivant à la croix : c'est pourquoi, ils cherchent dans la foule quelqu'un qui veuille bien aider le Sauveur k porter l'instrument de son supplice. — Quel sera, dans cette religieuse assemblée, le compatissant Cyrénéen qui consentira à prendre la place de Jésus? Chacun se retire. Ah ! j'en comprends le motif. Pour passer les nuits entières dans ces veilles infâmes, on a des forces de reste ; mais pour demeurer une demi-heure à genoux dans une église à méditer sérieusement sur son éternité, la tête n'y tient plus. Pour se livrer à mille excès on a un estomac 'a digérer le fer; mais pour jeûner le carême prescrit par l'Eglise, la santé ne le comporte pas. Ah ! maudite illusion ! Quelles métamorphoses on verra dans l'autre vie, mes frères, si nous ne remédions pas a temps à ces désordres! On reconnaîtra alors que si l'on avait souffert pour Jésus-Christ la moitié de ce qu'on soufTre pour le monde, on aurait été de grands saints. Réveillez-vous donc, réveillez-vous et embrassez de bon cœur la croix de Jésus-Christ, en lui demandant la force de la porter avec persévérance jusqu'à la mort, oui, jusqu'à la mort.
VI» STATION