EXHORTATION
prit est le principe de tous les désordres dans la conduite. On ne pense pas aux maximes éternelles, on ne pense pas aux bienfaits de Dieu, on ne pense pas aux obligations de son état, on ne pense pas aux dangers de ia vie qu'on mène ; et surtout on ne pense pas à tout ce que le Fils de Dieu a souffert pour notre salut dans sa cruelle Passion ; par suite, la désolation s'est étendue par toute la terre ; car il est manifeste que le monde entier n'est plus qu'un vaste gouffre d'iniquités.
I. Mais quel remède opposer à un mal si universel? Qu'il me soit permis, à genoux aux pieds de nos vénérables prélats, curés, recteurs et ministres de Dieu, de leur dire que le remède efficace contre la plupart des maux qui nous affligent est entre leurs mains : qu'ils s'efforcent par tous les moyens qui sont en leur pouvoir dintroduire dans chaque paroisse le Chemin de la Croix, et ils opposeront par là une digue puissante aux désordres qui menacent de tout envahir. Oh ! quel bien produirait parmi les fidèles ce salutaire exercice, qui n'exige d'ailleurs de ceux qui le pratiquent qu'un peu de réflexion ou de méditation sur les souffrances et les tourments endurés, pour notre amour, par le divin Sauveur! Que l'entendement puiserait de lumières, la volonté de ferveur, le cœur de componction, dans la méditation fréquente de la douloureuse passion du Fils de Dieu ! J'en appelle à l'expérience. Tous les jours j'ai eu occasion de constater que là où cette sainte pratique a été mise en vigueur, on a remarqué aussitôt une amélioration très-notable dans les mœurs.
En effet, le Chemin de la Croix est un contre-poison pour le vice, un frein pour les passions rebelles, un stimulant efficace qui porte le cœur à embrasser généreusement la pratique de la vertu. En voici la raison : c'est que celui qui se remet fréquemment devant les yeux le