UULATIVKMENT AU CHEMIN DE LA CHOIX
inenlioniiés ci-dessus, afin qu'à l'avenir de fausses interpréialions ne nuisissent [)oiut au but qui les avait fait établir, que tout ce qu'il ordonna dans son bref restât clair et manifeste, et que sa pieuse inlenlion dans la promotion de celte dévotion fût mieux connue. C'est pourquoi tous ceux qui voudront ériger le Chemin de la Croix, comme tous ceux qui voudront profiter d'un si saint exercice, devront se conformer exactement aux Avertissements qui suivent.
I. La faculté d'ériger le Chemin de la Croix ayant été accordée privative quoad alias quoscumc/tie aux religieux soumis au Ministre-Général des Frères-Mineurs, tant de l'Observance que de la Réforme, il n'est point permis à d'autres de l'ériger ; et si un autre l'érigé, on ne gagne point les indulgences.
II. Il ne peut être érigé que par les Supérieurs locaux de l'Ordre susdit, ou avec leur délégation par un autre religieux du même Ordre, pourvu que celui-ci soit ou prédicateur, ou au moins confesseur approuvé.
III. Il doit être érigé en la forme accoutumée, et usitée jusqu'à présent dans le susdit Ordre : c'est-à-dire, qu'il doit y avoir quatorze stations, et que les croix ou chapelles doivent représenter les mystères de la Passion. Dans le cas où l'on voudrait ériger le Chemin de la Croix en dehors de l'église, comme on le fyit dans beaucoup de couvents dudit Ordre, on aura toujours soin de commencer ou de terminer par l'église ou par un lieu saint. Les chapelles devront en outre être fermées par une grille, de manière que ni les personnes, ni les animaux ne puissent y entrer ; de plus, elles seront, ainsi que les croix, placées dans des endroits où l'on n'ait à craindre aucune irrévérence ; et si ces lieux viennent, avec le temps, à perdre la décence nécessaire, les supérieurs doivent les interdire ; on leur impose à cet égard une charge de conscience.
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IV. Dans la même église ou un lieu pieux quelconque, lorsque sa copacité le permettra, on fera bien, pour le plus grand avantage des fidèles, d'ériger deux Chemins de la Croix : l'un pour les hommes, et l'aulre pour les femmes. Lorsqu'on en érigera un en dehors de l'église, on aura toujours soin d'en établir un autre dans l'église, lorsqu'elle sera assez grande pour qu'il n'y ait point de confusion a cette occasion; afin qu'en temps de pluie, ou dans le cas d'un autre empêchement, on puisse néanmoins vaquer à ce salutaire exercice.
V. Il doit se pratiquer d'une manière uniforme dans tous les lieux, sans rien changer à ce qui s'est observé jusqu'à prjjsent dans les couvents de l'Ordre : or il se fait, ou processionnellement par tout le peuple sous la direction d'un ou de plusieurs prêtres, ou par chacun en particulier. Si on le fait de la première manière, la procession sera disposée de telle sorte que les hommes marchent séparés des femmes, les hommes en avant, les femmes en arrière, un ou plusieurs prêtres entre les deux groupes. A chaque station, un ecclésiastique lit à haute voix la considération sur le mystère qu'elle représente, et après avoir récité un Pater et un Ave, et fait un acte de contrition, on se remet en marche en chantant entre chaque station le Stabat Mater, ou une autre prière. Les fidèles seront avertis de se maintenir dans une grande modestie, un silence et un recueillement parfaits. Car l'expérience montre que ce saint exercice pratiqué avec piété et dévotion introduit peu à peu parmi les fidèles de toutes les conditions l'usage de la méditation et la réforme des mœurs.
VI. Lorsqu'on fait le Chemin de la Croix en particulier, il n'est pas nécessaire, comme quelques-uns le supposent à tort, de réciter il chaque station six Pater et Ave; il
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suffit do méditer, même brièvement, la Passion du Sauveur, ce qui est l'œuvre enjointe pour gagner les indulgences. Quant aux personnes simples, il suffira qu'elles réflécliissont sur la Passion autant que leur capacité le permet. Toutefois, on exhorte tous les fidèles, mais sans les y obliger, à réciter, à chaque station, un Pater et un Ace, avec un acte de contrition, conformément à l'usage introduit.
Vil. Le Chemin de la Croix étant érigé dans une église, on doit s'abstenir de l'y faire dans le temps des offices ou de la sainte Messe, ou quand il y a dans l'église un tel concours de peuple que cela occasionnerait du tumulte, d'autant plus que, sauf empêchement, il faut visiter toutes les stations l'une après l'autre.
Vili. Pour ériger le Chemin de la Croix dans un couvent de religieuses ou dans un conservatoire', il n'est pas nécessaire d'entrer dans la clôture : il suffît qu'un religieux du susdit Ordre, d'un âge mûr, ayant les qualités prescrites ci-dessus, (art. ii), et muni de la permission de l'Ordinaire, bénisse les Croix à la grille, et* fasse une courte instruction aux religieuses et autres personnes qui se trouvent dans le monastère ou conservatoire, touchant la manière de visiter les stations pour gagner les indulgences et en tirer profit pour son âme.
IX. Il est défendu d'annoncer en chaire, ou de toute autre manière, et à plus forte raison d'écrire dans les chapelles ou aux stations, un nombre certain et déterminé d'indulgences k gagner, parce qu'on a reconnu en différentes occasions que, soit par inadvertance et méprise, seit par excès de dévotion, on altère ou on confond la vérité des indulgences. Qu'il suffise donc de dire que qui-
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