AVANTAGES QUE NOUS PROCURE LE SAINT SACRIFICE DE LA MESSE
1. Il nous rend capables de satisfaire à toutes les dettes que nous avons contractées envers Dieu.
8. La magnificence et la beauté sont deux motifs qui exercent un puissant eoapire sur les cœurs; mais rutilile fait plus que les émouvoir, elle en triomphe presque toujours, même en dépit des plus fortes répugnances. Ne tenez donc pas compte, si vous voulez, de l'excellence et de la nécessité de la sainte Messe ; pourrez- vous néanmoins ne pas apprécier la souveraine utilité qu'elle procure et aux vivants et aux morts, et aux justes et aux pécheurs, et pendant la vie et à la mort, et même au delà du tombeau?
Figurez- vous que vous êtes ce débiteur de l'Evangile, qui, chargé de la dette énorme de dix mille talents et sommé de rendre ses comptes, s'humilie devant son créancier, réclame son indulgence et demande un délai pour satisfaire pleinement à ses obligations : Patientiam habe in me, et omnia reddam tibi^. C'est en réalité ce que vous devez faire, vous qui avez, non pas une, mais mille dettes à acquitter vis-à-vis de la justice divine. Humiliez-vous et implorez autant de temps qu'il en faut pour entendre la sainte Messe, et soyez persuadé que par ce moyen, vous satisferez complètement à toutes vos obligations.
Saint Thomas, surnommé le Docteur Angélique, nous explique quelles sont ces obligations que nous avons
(1) Matth. 18, 26.
contractées envers Dieu^; il en compte spécialement quatre, et toutes les quatre sont infinies :
La première est de louer et d'honorer son infinie majesté, qui est digne d'honneurs et de louanges infinis.
La seconde est de satisfaire pour les péchés nombreux que nous avons commis.
La troisième est de le remercier pour tant de bienfaits reçus.
La quatrième enfin est de le supplier comme l'auteur et le distributeur de toutes les grà;es.
Or, comment de pauvres créatures comme nous, qui ne possédons rien en propre, pas même l'air dotit nous avons besoin pour respirer, comment, disje, pourrions nous satisfaire à des dettes aussi importâmes? Voici le moyen le plus facile, moyen bien propre à me consoler, à vous consoler aussi , à consolir tout le monde. Tâchons d'entendre un grand nombre de Messes et de les entendre avec toute la dévotion possible ; faisons-en célébrer beaucoup, le plus que nous pouvons. Et quelque exorbitantes, quelque multipliées que soient nos dettes, nul doute qu'avec le trésor de la sainte Messe nous ne puissions les acquitter toutes et complètement.
Afin que vous soyez mieux éclairé sur vos obligations, que vous en ayez une connaissance plus parfaite, nous les développerons une à une; et ce sera une bien douce consolation pour vous que de voir les précieux avantages, les richesses inépuisables que vous pouvez retirer de la mine que je vous découvre, pour les acquitter toutes.
(1) S. Thom. 2.2. q. 102. ait. .3.