DANS LES MALADIES
Les maladies du corps sont ordonnées par la divine Providence pour la santé de l'âme. Dieu vous les envoie, soit pour vous détacher du monde et vous faire ressouvenir de votre mortalité, soit pour vous rappeler d'un état de dissipation continuelle au milieu des affaires et des divertissements du siècle, à des pensées plus utiles et plus saintes, et vous arrêter dans celte voie de perdiiion, où peut-être vous vous précipitez sans frein ; soit enfin pour vous donner matière d'acquitter par la pénitence des dettes énormes que vous avez contractées envers la justice divine. Acceptez donc la maladie avec un véritable esprit de résignation et de pénitence.
Disposez-vous à faire une sincère confession de vos péchés : 1" pour apaiser la justice divine, si elle est irritée contre vous ; 2° pour tranquilliser votre conscience, et pour vous délivrer de mille épouvantails qui ont coutume d'assiéger le malade sur son lit de souffrances ; 3*» pour rendre vos peines plus supportables et en même temps plus méritoires : car celui qui est en état de péché mortel souffre doublement et souffre sans profit; 4'' pour vous prémunir contre le danger de mourir sans confession ou avec une confession mal faite. Le délai de la confession prive souvent le malade de l'opportunité de la bien faire, à cause de la violence du mal qui va toujours en augmentant. Qu'on se confesse au plus tôt, et qu'on reçoive, si l'on y est autorisé, le pain des Anges, ce remède universel dans toutes les infirmités.
Si la maladie est dangereuse, songez, après avoir reçu les sacrements, à mettre ordre à vos alfaires temporelles ; mais prenez garde de préparer par votre testament une source de procès. Demandez conseil sur
ce point à des personnes droites et éclairées, et faites-le pendant que vous êtes sain de corps et d'esprit : Dum sanus es, dum tuus es, dit saint Augustin.