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DANS LES VÊTEMENTS

Que le chrétien se souvienne que les vêtements sont employés pour nous couvrir de la confusion de la nudité, et nous protéger contre les rigueurs des saisons ; nullement pour faire étalage de notre personne, ni pour nous attirer un tribut d'hommage, d'admiration et d'applaudissements ; beaucoup moins encore pour d'autres fins plus condamnables. C'est pourquoi les nudités scan'daleuses, les modes indécentes, les ornements immodestes, les mises séduisantes, en un mot, tout ce qui sert de piège à l'honnêteté et à la pudeur, lui est interdit.

Qu'il réfléchisse en outre que si la loi chrétienne autorise dans le vêtement quelque ornement décent, elle veut cependant qu'on en use toujours sobrement et avec modestie : Cum verecundia et sobrietate ornantes se^, comme le dit saint Paul, dans sa première épître àTimothée. Elle veut qu'il soit en rapport avec la condition de chacun, avec sa position, son âge, avec les compagnies, les occasions et les circonstances diverses dans lesquelles on se trouve.

La modestie réprouve tout ce qui sent la recherche et la mollesse. La modération condamne tout excès de luxe et de dépense. Que l'homme et la femme, dit saint François de Sales, se gardent, non-seulement de toute indécence dans leur mise, mais encore « des afféteries, vanités, curiosités et folâtreries^. « Que le chrétien ait,

(1) I Tim., 2,9.

|2) Introduction à la vie dét. part. 3, ch. 25.

en s'ornànt, une intention honnête, droite et bonne, et qu'il dise dans son cœur, comme la sage et vertueuse Esther : « Seigneur, vous savez la nécessité où je me trouve ; vous savez qu'aux jours où je parais dans la magnificence et dans l'éclat, j'ai en abomination la marque superbe de ma gloire que je porte sur ma tête ; vous savez que je la déteste comme un linge souillé et que je ne la porte point dans les jours où je me tiens retirée'. »

En vous regardant au miroir, pratiquez le conseil d'un Sage de l'antiquité, que voici : " Si vous vous trouvez d'un aspect avantageux, dites-vous à vousmême : « Il faut que je cultive l'esprit, afin que la beauté » de l'âme ne soit pas inférieure à celle du corps. » Si vous vous trouvez des traits défectueux, dites courageusement : « Il faut que je redouble de soin à cultiver l'esprit, afin que la beauté plus éclatante de l'âme supplée à celle que n'a pas le corps. "

Enfin le chrétien doit réfléchir aux promesses solennelles de son baptême, promesses renouvelées au pied des autels en recevant les sacrements de confirmation, de pénitence et d'eucharistie. Qu'il se rappelle combien ce corps, qu'il tâche d'orner et d'embellir, est vil dans son origine, puisqu'il est pétri de boue; combien sa destinée est plus vile encore, puisqu'il deviendra bientôt un amas de pourriture fétide et dégoûtant, et la pâture des vers. Qu'il se souvienne du mauvais riche de l'Evangile qui brûle et brûlera éternellement en enfer, notamment parce que, pendant sa vie, il se revêtait de lin et de pourpre avec trop de luxe et de vanité : Induebatur purpura et hysso .

(1) Esther, 14, 16.

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