SUR LE BAPTÊME
Considérez qu'à cause du péché originel, vous êtes venu au monde dépouillé de tout bien, enfant de colère et digne de l'enfer ; mais que par le baptême vous avez acquis une nouvelle naissance ; vous êtes devenu enfant de Dieu, héritier du ciel, participant de la grâce, des mérites et de la gloire même de Jésus-Christ. Quel bienfait incomparable I Et cependant les chrétiens s'en souviennent si peu, ils pensent si rarement à remercier leur bienfaieur et à correspondre dignement à une si grande grâce !
Considérez à quoi vous oblige votre baptême, — Dans le baptême vous ont été appliqués les mérites de la passion du Sauveur ; dans le baptême vous êtes ressuscité de l'état de mort où vous avait plongé le péché, et vous
(1) Dans cette série de méditations, les unes sont tout à fait appropriées aux circonstances du jour, et c'est le plus grand nombre; d'autres sont plus générales, et quoique assignées ici pour certains jours, elles peuvent se faire en tout temps. Celle qu'on va lire est de ce nombre.
avez acquis la vie que donne la grâce. Le baptême vous oblige donc à mourir au pécbé, à vivre d'une vie, non plus terrestre, mais céleste, et à imiter Jésus, ressuscité à une nouvelle vie. La grâce du baptême qui vous anime, vous rappelle que, dépouillé dans le vieil Adam, vous devez produire les fruits du nouveau, qui est Jésus- Christ. Oh! que votre conduite est monstrueuse et que vos maximes sont détestables, si elles sont réglées sur l'amour-propre et sur vos passions désordonnées !
Considérez les promesses que vous avez faites au baptême. — Afin de vivre uniquement pour Jésus, et être du nombre de ses disciples, vous avez promis, à la face du ciel et de l'Eglise, de renoncer à la chair, au monde et au démon. Promesse solennelle que vous deviez renouveler par des actes de votre propre volonté, une fois parvenu à l'usage de la raison ; vous deviez dire alors au Seigneur que vous ratifiiez les engagements que votre parrain a pris en votre nom, et que vous le faisiez de plein gré et avec reconnaissance. Mais avezvous jamais fait ce renouvellement de vos promesses pendant tant d'années que vous avez vécu ? Les avezvous observées ; les observez-vous présentement ? Hélas ! combien de fois ne préférez-vous pas les illusions de la chair aux inspirations de la grâce, les maximes du monde à celles de l'Evangile, les suggestions du démon à la volonté de Dieu. Et tout de la sorte, vous osez prétendre que votre baptême vous sauvera? Ne l'espérez pas. Prenez la résolution de vous amender sans retard et dites avec un sincère repentir : Je connais maintenant, ô mon Jésus ! les biens auxquels le baptême m'a donné droit, je vous en rends grâces du fond du cœur» et je déteste mes infidélités passées. Je renouvelle les
promesses que j'ai faites; je renonce aux illusions de la chair, aux maximes du monde, aux suggestions du démon; et je me propose, avec votre assistance, de ne plus suivre que vous seul, ô mon guide et mon maître ; je veux me conformer en tout à vos saints exemples et à vos divins enseignements.
PRATIQUE
Enfants, remerciez Dieu de vous avoir fait naître de parents chrétiens. Parents, remerciez-le d'avoir régénéré vos enfants dans les eaux sacrées du baptême. — Pour leur conserver l'innocence et la grâce baptismale, imitez la conduite de la vertueuse reine Blanche, mère de saint Louis, roi de France. Elle recommandait fréquemment à son fils de veiller avec le plus grand soin à se maintenir dans l'innocence, et chaque soir elle lui donnait à cet effet sa bénédiction maternelle, en lui répétant souvent : " Je vous aime assurément, mon fils, je vous aime avec toute la tendresse dont une mère est capable ; mais f aimerais infiniment mieux, vous voir tomber mort àmesxneds que devons voir jamais corn,mettre un péché mortel. »