DOULEUR
Avis.
Remarquez que la douleur des péchés consiste dans la détestation des fautes passées et une ferme volonté de n'en plus commettre à l'avenir. Par conséquent, les larmes, les soupirs, les émotions sensibles ne sont pas nécessaires. Saint François de Sales dit fort bien que l'acte de contrition peut se faire en peu de temps, par un double coup d'oeil, l'un sur nous-mêmes, pour détester nos péchés; l'autre sur Dieu, pour lui promettre de s'en corriger avec l'aide de sa grâce.
Le désir d'avoir la contrition, continue le Saint, est un signe qu'on l'a réellement, quoiqu'on ne la sente pas. Le feu qui couve sous la cendre ne se voit pas, ne se sent pas ; et cependant ce feu existe.
Remarquez, en dernier lieu, que le pénitent doit rester tranquille après sa confession, lorsqu'il a tâché de la bien faire. Il n'est pas permis de se laisser aller à de vaines frayeurs au sujet de l'examen, de la douleur, ou pour tout autre motif. Il faut se repentir de ses péchés, mais non pas se troubler. Celui qui a habituellement la volonté éloignée du péché, est habituellement contrit.
Chaque fois que vous vous confessez, faites-le comme si c'était la dernière fois de votre vie, puisqu'on effet il pourrait se faire que ce fût la dernière.
Lisez et méditez attentivement les actes qui vont suivre. Toutefois, moins vous lirez et plus vous vous appliquerez à produire des actes intérieurs et des affections ferventes, plus aussi vous vous rendrez agréable à Jésus et vous acquerrez de mérites pour la vie éternelle. Si dès les premières lignes vous vous sentez recueilli et touché de componction, n'allez pas plus avant, arrêtez-vous là où Dieu vous retient.