‹ Œuvres compl{grave}etesChapitre 116 sur 152 · PorM^oyo/, t III. éditioQ in-8«, p · texte numérisé non relu

PorM^oyo/, t III. éditioQ in-8«, p

2. De La Bruyère, thèse présentée à la Faculté des lettres de Paris, 1864. — Voyez, au tome I, la Vie de La Bruyère, p. xxi.

Que La Bruyère ait écrit des Dialogwe$ twr le quiéi%$me, c*est là un fait constant On lit dans une lettre contemporaine et anonyme, que Ton croit être d^Antoine Bossoet^, frère aîné de révéque de Meaux : c Tarois soupe arec Ini le mardi... 11 m^avoit fait boire à votre santé... il m^avoit lu des dialogaes quMl ayoit faits sur le quiétisme, non pas à Timitation des Lettres provins dates (car il étoit toujours original), mais des lettres de sa façon. •

Toute la question est de saToir si un faussaire n*a pas voulu, en mettant sa propre élucubration sous le nom de La Bruyère, lui assurer une certaine célébrité. Biais cette supposition ne parait pas fondée.

L'ouvrage fut publié en 1698 par le libraire Osmont sous ce titre : Dialogues posthumes du sieur de La Bruyère, L'éditeur, qui avait gardé Tanonyme, mais qui ne se cachait pas d'avoir procuré l'impression du livre-*, était Tabbé Ellies du Pin, docteur en théologie, professeur au Collège royal, qui avait déjà publié une partie de la Bibliothèque des auteurs eeelésiastiques. c M. de La Bruyère, est-Il dit dans l'Avertissement, avoit fait, avant que de mourir, sept dialogues sur le quiétisme... Quoiqu'il n'y eût pas mis la dernière main, ils se sont trouvés, au jugement des connoisseurs, en état d'être Imprimés. C'est ce qui a déterminé à les donner au public. Mais comme l'ouvrage n'étoit pas achevé, on a cru y devoir ajouter deux dialogues pour remplir le dessein de l'auteur, conformément au plan qu'il en avoit fait On a tâché d'imiter son style et ses manières. »

1) faut bien le reconnaître, ce n*est pas ainsi que procèdent les fabricateurs d'ouvrages apocryphes; et l'on ne voit pas bien pourquoi un homme grave, qui avertit lui-même qu'il a imité dans les deux derniers dialogues la manière de La Bruyère, aurait voulu tromper le lecteur sur les sept premiers.

Un pareil procédé est particulièrement invraisemblable de la part d'un ecclésiastique que Saint-Simon a dépeint comme « un

1. C'est l'opinion de M. Floquet sur cette lettre, qui a été publiée par M. Monnier, dans la Revue rétrotpective, t. XIII, p. 139. — La lettre est datée du SI mai 1990. La Brayère était mort le 10 mai.

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