Allusion à la famine de
gion chrétienne un tout informe et un composé monstrueux de pièces tout à fait désassorties; que le précepte du législateur y est formel : Celai qui veut venir après moi doit renoncer à soi-même, porter sa croix et me suivre^; et dans un autre endroit : Le royaume des deux souffre de la violence; c'est-àdire, comme il est expliqué ensuite, qu'il n'y a que ceux qui se font violence à eux-mêmes qui soient capables de remporter *. Ces paroles seules, à votre avis, ne sont-elles pas assez précises et assez claires pour imposer au saint homme la loi du jeûne, de la haire, du cilice, des veilles, des austérités, pour le régler ensuite sans aucune motion divine dans toutes les actions de sa vie et dans la manière de sa mort? Je veux vous dire davantage : le saint qui se croit pécheur n'ira-t-il point à confesse? » Je répondis que cela lui étoit aussi permis qu a un autre.
Le dihecteur. Cela n'est pas, ma fille, tout à fait comme vous le dites; mais poursuivez.
Lk PÉNITENTE. Il me dit que non-seulement cela lui étoit permis, mais qu'il le dcvoit faire. « Oui, lui dis-je, si après avoir consulté Dieu dans l'oraison de vue confuse et indistincte, il en sort avec un mouvement extraordinaire daller se jeter aux pieds du prêtre. »
Il s'échauffa un peu sur ma réponse, et me dit que je me moquois de lui et de toute la compagnie, de parler de la sorte : qu'à un homme éclairé dans les voies de Dieu, comme nous supposions lui et moi qu'étoit le saint homme, le sentiment seul de sa conscience, qui lui reprochoit le moindre péché de vanité par exemple, et de complaisance sur son état, ou de relâchement dans ses exercices de piété, lui étoit une détermination, une raison pour s'en confesser; que faire dépendre cette démarche d'une inspiration extraordinaire, c'étoit s'exposer à n'user pas une seule fois en toute sa vie
1. Saint Marc, chapitre viii, verset 34; saint Luc, chapitre ix, verset 23.