‹ Œuvres compl{grave}etesChapitre 128 sur 152 · Siège de Vienne par les Turcs · texte numérisé non relu

Siège de Vienne par les Turcs

4. Le comte Émeric Tekehli ou Tœkœly était le chef de l'insurrection de la Hongrie contre TAutriche depuis 1672.

et du siège de BudeS mais moins en détail que ce que vous en avez lu dans les gazettes et toutes les relations. Je suis avec un profond respect, etc.

Versailles, 6 arril 1685.

Monseigneur,

J'ai été présent aux trois dernières leçons de M. Sauveur *, et je puis assurer Votre Altesse Sérénissime qu'elles se passèrent avec assez d'application de la part de M. le duc de Bourbon, et qu'il me parut entrer aisément dans toutes les choses dont il s'agissoit : il entendra toujours sans peine tout ce qui est de pure pratique, ou du moins ce où il y a plus de pratique que de spéculation. Il étoit question la dernière fois de la proportion des figures planes entre elles prise de leur hauteur et de leur base, et il verra la première fois quelle est la mesure des figures planes. 11 me paroît que la méthode de M. Sauveur est la bonne, qu'il n'y a rien de superflu, et que tout y tend à une connoissance exacte de tout ce qui prépare à la fortification. Sur mon fait, je suis content de l'attention de Son Altesse; la distraction diminue de jour à autre, et elle m'a promis aujourd'hui de s'en corriger entièrement et de ne pas perdre le moindre moment

1. Siège de Bude par l'empereur d'Allemagne (14 juillet, 1«' novembre 1684).

2. Joseph Sauveur, célèbre géomètre (1053-1716), membre de TAcadémie des sciences.

destiné à nos études : c'est sur quoi je m'opiniâtre et ne me rends point. Nous l&mes hier les Principes^ de M. Descartes, où nous marchons lentement. Je n'oublie point la fable, ni les gouvernements, que je mêle toujours avec la géographie, et ne rêve du matin au soir qu'aux moyens de lui être utile, et à lui rendre ses études moins amëres, prévenu d'ailleurs que ce sont là vos intentions; car je suis avec toute la soumission et la déférence que je vous dois, etc.

Versailles, 14 avril 1685.

Monseigneur,

Je continue, selon vos ordres, de vous écrire des études de M. le duc de Bourbon : elles vont de manière que Votre Altesse peut en être contente; je le suis assez de son application, surtout à l'histoire, où il me semble qu'il prend quelque goût et s'intéresse plus que jamais aux événements. Il en est, sur Charles VIII, à ses guerres d'Italie, que nous fmirons bientôt; je lui fais redire de suite les choses qu'il a écrites et que je lui ai expliquées, comme vous faisiez les soirs à Chantilly. J'espère qu'il vous rendra aussi bon compte des vies de ce roi et de Louis XII son successeur, comme il a fait de celle de Louis XI, et que vous serez encore satisfait de lui sur ce qui concerne la géographie et ses autres études; car son esprit s'ouvre et se forme de jour à autre, comme sa

taille, qui s'embellit extraordinairement : il croit beaucoup, et tout le monde le remarque *.

Je viens de trouver une méprise dans l'exemplaire de la traduction dont j'ai envoyé une copie à Votre Altesse, qui a dû l'y apercevoir mieux que personne du monde; car c'est dans l'article de Ferdinand III, où, par une transposition de mots qui est échappée à ma plume, je fais la bataille de Nortiingue que ce prince gagna, en 1634, contre les Suédois et les princes protestants, postérieure à une autre qui est de votre connoissance *. Je demande mille pardons à Votre Altesse de cette négligence qui lui convient si peu, et vous proteste que je ne laisse pas d'être avec toute l'attention et tout le respect imaginable, etc.

Versailles, 7 juillet 1685.

Monseigneur,

Nous sommes tout à fait hors de l'Italie, que M. le duc de Bourbon a vue " fort en détail et sait par cœur, ainsi que j'ai eu l'honneur de le mander à Votre Altesse Sérénissime. Il verra lundi, mardi et mercredi prochain,

* Dans Tautographe, le participe vu est sans accord. (Voyez p. 381, 31)0, 392.)

1. Le duc do Bourbon n*en devait pas moins rester « très-considérablement plus petit que les plus petits hommes. » (Saint-Simon, t. VHI, p. 122.)

2. La première bataille de Nordlingue fut gagnée sous Ferdinand II, empereur d'Allemagne, par son fils, le futur Ferdinand IIL La seconde bataille de Nordlingue fut gagnée par Gondé en 1645.

les Ëtats du duc de Savoie avec une pareille exactitude, et de là nous irons en Hongrie par les pays héréditaires, qu'il saura parfaitement comme tout ce qui est géographie : c'est dont je réponds à Votre Altesse. La vie de Louis XII peut être présentement à la moitié. Les autres études ne sont pas aussi négligées. Je lui ferai bientôt apprendre les maisons de Saxe, d'Holstein, de Lorraine, de Savoie, de Médicis, de Stuart et de Montmorency. Je ménage avec soin tout le temps qui m'est accordé sans en rien perdre, et profite le mieux que je puis de l'application de M. le duc de Bourbon, dont je suis assez content. Quand je le serai moins, je ne vous le dissimulerai pas : je le lui ai déclaré nettement, et cela fait un trèsbon effet. Je suis avec tout l'attachement et tout le respect que je dois, etc.

Versailles, 13 août 1685.

Monseigneur,

Conformément au dernier projet de Votre Altesse Sérénissime, je fais voir à M. le duc de Bourbon, les lundi, mardi et mercredi, la géographie jointe aux gouvernements; le jeudi, vendredi et samedi, l'histoire avec les généalogies; le dimanche, l'histoire encore et la fable. Je lui ferai connoître, aujourd'hui lundi, les pays héréditaires de la maison d'Autriche, que nous avions laissés pour passer plus vite au royaume d'Hongrie, dont vous m'aviez commandé de l'instruire préférablement à tout le reste :

il le sait assez bien; il est capable d'entendre parler des nouvelles de ce pays-là et d'en parler lui-même. Je lui ferai lire encore ces trois premiers jours-ci tout ce qui concerne la maison du Roi dans le petit livre de VÉtat de la France^ pour passer ensuite à la connnoissance des cercles de TAlIemagne, des divers collèges, de la chambre de Spire, du conseil aulique, et de tout ce qui regarde le gouvernement de l'Empire, dont j'essayerai de le rendre fort instruit; il a vu et écrit de Louis XII sa conquête de l'État de Milan, celle du royaume de Naples, et est ainsi précisément à la moitié de la vie de ce prince. Les maisons de Saxe, d'Holstein, de Stiiart, de Lorraine, de Savoie, de Luxembourg, de Montmorency, sont celles à mon gré qui lui sont encore nécessaires à savoir, et auxquelles je m'appliquerai dès jeudi prochain. La fable va grand train à l'ordinaire, et l'application de Son Altesse est telle que je crois devoir vous assurer que j'en suis content; toutes les études commencent à marcher comme à l'ordinaire. J'assiste aux leçons de M. Sauveur, et il me semble que M. le duc de Bourbon entendra fort bien la fortification : il en est encore aux principes.

Si j'assistois aux fêtes *, je vous en rendrois un compte exact, et de la danse de Son Altesse et de tout le reste •; je n'en ai vu aucune, et crois ainsi être disculpé, à l'égard de Votre Altesse, des plaintes que l'on me dit qu'elle fait sur cela : je voudrois de tout mon cœur avoir mille en-

1. La Bruyère portait le deuil de sa mère, morte quelques jours auparavant. (Voyez la lettre SW,)

2. Il s'agit des Aançailles du duc de Bourbon avec M"* de Nantes, fille légitimée de Louis XIV et de M'*'« de Montespan. Les fiançailles eurent lieu le 23 juillet 1685. Le duc avait dix-sept ans, sa fiancée douze ans : ils continuèrent, à cause de leur âge, à vivre séparément. La Bruyère donna aussi des leçons à la jeune duchesse. ( Voyez la lettre XVII*.)

3» LITTKES

jtBics JET m :aaarrmer' xpik ipA x^Ie, qud attachement ^ nnci Trmifrf .^iSKct yi ^ois. etc.

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> 7was^ te iair in?^ X. le iac *îe Bourbon Texpédi- -KHI le Ljuis III 1 ?i«pies ^ la conquête de tout ce royaume. Comme ;e sus '|ue Votre àltesee Sérénissîme .Htii .|ue e /'osinu^ ies iiHm& «ies ^oerres et des fautes ies^ prtoces^ ju Je leur boa rjnsttl* et que sans cela 'iïéme ihiiètoiDi n^.^ laiiiie -ûnnie ipizette, je lui ai fait voir aujooni'hai commenc ie p&n. me ce roi prit d'entre- 'ireodr^ cette ç^ierr^ av«»c F*>rrn:intt, roi des Espagnes, a irùs comniTinr*. «it 'ie parras^îr i^ec lui La conquête de tapies , ou il ponToit r«*a5àir Lii seul . après celle de l'État de Mi!an. qu'il venoi: de îûirf» et la ruine de Ludovic, qu'il tenoî: priâonnîer a Lxfaes» aanirè les Espagnols dam Htalie, et a fait dans 'a «uice «qu'ils en sont demeu- TéA ks msiUrf:!^ et le sont encore, après en aToir chassé les Francow, Son Altesse a paru entrer dans ces raisons, qu'il a toujours aiméfrs* autant ou plus même que les simples 7aitH . Son attention est toujours de manière à devoir vous écrire, Monseigneur, que j'en suis content et que vous devez Fètre. Nous continuerons demain l'histoire avec

* « Aimé 9 djuis la lettre autographe.

la fable, où je suis d*avis de le faire beaucoup avancer parce .que l'usage en est toujours présent et ordinaire. Les trois jours suivants nous verrons la géographie, et je suivrai inviol ablement la méthode de lui faire apprendre les noms par cœur. Rien enfin ne sera oublié de ce que je sais que Votre Altesse exige de moi, n'ayant point à cette heure de passion en la tète plus violente que celle de vous contenter.

Je n'ai pu entendre l'oraison funèbre de Monsieur de Meaux, à cause de l'enterrement de ma mère, qui se rencontra le jour même de cette cérémonie*. Je vous fais. Monseigneur, mes remerciements très-humbles, et avec un très-grand respect, des bontés que Votre Altesse daigne me marquer sur celte perte dans sa dernière lettre. Pour l'action * de Monsieur de Meaux, elle a passé ici et à Paris pour l'une des plus belles qu'il ait faites et même que l'on puisse faire. Il y eut de trèa-beaux traits, fort hardis, et le sublime y régna en bien des endroits ; elle fut prononcée en maître et avec beaucoup de dignité. Elle sera imprimée : c'est M. le Duc et M"* la Duchesse qui l'ont souhaité. J'ai marqué à Monsieur de Meaux l'endroit de votre lettre où vous vous y intéressez. J'ai mené un vrai deuil d'avoir échappé au plaisir d'entendre une si belle pièce, faite d'ailleurs sur un sujet où j'entre si fort et par devoir et par inclination. Les Révérends Pères' sont trèssatisfaits de cette action de Monsieur de Meaux, et per-

1. Il s*agit de l'oraison funèbre de la princesse Palatine, prononcée le jeudi 9 août 1685 par Bossuet, dans réglise des Carmélites du grand couvent du faubourg Saint-Jacques.

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