‹ Œuvres compl{grave}etesChapitre 129 sur 152 · Voyez ce mot au Lexique · texte numérisé non relu

Voyez ce mot au Lexique

3. Il s'agit des Révérends Pères jésuites du Rosel et Alleaume, qui prenaient part à l'éducation du duc de Bourbon. (Voyez p. 391.)

sonne d'ailleurs ne m'en a parlé avec plus d'éloge qu'ils ont fait : je le lui ai dit comme cela, et il a été fort aise de leur approbation.

Je suis, etc.

Fontainebleau, 2 octobre 1685.

Monseigneur,

Hier lundi, le matin et le soir, je fis étudier M. le duc de Bourbon; j'ai fait la même chose aujourd'hui. Ainsi depuis dimanche au soir j'ai eu avec Son Altesse quatre longs entretiens sur l'histoire de Louis XII, qui s'achemine par là vers sa fin. Elle m'envoie quérir dès qu'elle a le moindre intervalle qu'elle peut donner à ses études, et me tient fidèlement la parole que j'ai eue* d'elle àChambord, qu'elle remplaceroit ici le temps perdu à la chasse et aux divertissements, en m'accordant toutes les heures qu'elle auroil de libres à Fontainebleau*. Je dois donc assurer Votre Altesse Sérénissime que tout commence fort

* « Que j*ai eu » dans la lettre autographe.

1. Ceci répond à des obsenratioas qu*avait adressées le Prince de Condé à M. le Duc : « Je ne puis m'cmpôcher de vous témoigner qu*il me revient de tous les côtés que votre fils va tous les jours à la chasse. J'appréhende que ce violent exercice, et particulièrement la chasse du loup, qui est la plus violente du monde, ne le fasse malade. Prenez-y garde, cela Tempeche d*étudier. Il deviendra un fort bon veneur, mais ignorant dans tout ce qu*il faut quUl sache. C'est à vous à y remédier et à songer à sa vie, à sa santé et à sa bonne éducation. Je vous prie de n'attendre pas à y remédier quand il ne sera plus temps. » (Lettre qui fait partie des Archives de M^*^ le duc d'Âumalc.)

bien ici, et qa'il y a même lien d'espérer que la Gn répondra au commencement. Nous en sommes présentement à la révolte des Génois, à leur punition et à l'entrée du roi Louis XII dans leur ville : cela me donne l'occasion d'entretenir M. le duc de Bourbon de la république de Gènes, de lui en faire l'histoire dès son premier établissement jusques à ses dernières soumissions à Versailles, dont nous avons été les témoins ^ Si ces sortes de digressions ne déplaisent point à Votre Altesse, je continuerai de faire ainsi de chaque État, royaume ou république, que je lui expliquerai en détail, mais pourtant fort succinctement et sans retarder le cours de notre histoire ordinaire et qui fait la marche de nos études. Il a présentement assez d'application, et telle que j'en suis content. Dès que je le serai moins, vous en serez aussitôt averti ; je le lui fais entendre ainsi de temps en temps pour me faire écouter. Je ne désire rien au monde plus fortememt que de pouvoir lui être utile par mes soins, et vous persuader que je suis avec tout le respect que je dois, etc.

Fontainebleau [octobre 1685].

Monseigneur.

Je crois que Votre Altesse Sérénissime est infoimée que les études de M. le duc de Bourbon sont fort régulières à Fontainebleau. M. Sauveur travaille avec lui tous les matins, depuis dix heures jusques à onze ; les Révé-

1. Le doge de Gènes était venu, avec quatre sénateurs, faire à Versailles les soumissions exigées par Louis XIV, en mai 1685.

rends Pères ^ et moi alternativement tous les matins, depuis onze heures jusques à midi et demi. J'ai outre cela toutes les aprës-dtnées, où je travaille deux heures, depuis trois jusques à cinq, avec Son Altesse : ces après-dlnées sont consacrées à l'histoire ; et les matins, un jour à la géographie jointe aux gouvernements, l'autre jour aux généalogies et à la fable : cela sans interruption, ainsi que M. le Duc l'a ordonné. Nous parlâmes hier, dans notre entretien de l'aprës-dinée, de la bataille de Ravenne, et ainsi nous voilà à la fin de la vie de Louis XIL Je lui fais toujours répéter la Flandre, l'Allemagne, la France, la Hongrie, afin qu'il retienne mieux des choses si essentielles et qu'il sache les noms par cœur. Il saura à la fin de ce mois les généalogies des maisons de Haute Bavière, Palatine, et les deux Autriches, et ira bien avant dans les Métamorphoses, Il a pour tout cela une application dont je suis content, qui va encore s'accroître par le désir qu'a Son Altesse M. le Duc de lui faire répéter de temps en temps : la nécessité de rendre compte l'intéressera beaucoup à bien étudier et me sera de quelque soulagement. Je suis avec tout le respect que je dois, etc. *

Fontainebleau [novembre 1G85],

Monseigneur.

Il y a trois jours que nous avons achevé d'écrire la

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