‹ Œuvres compl{grave}etesChapitre 138 sur 152 · PHELYPEAUX A LA BRUYÈRE · texte numérisé non relu

PHELYPEAUX A LA BRUYÈRE

28 août 1694 1 .

Si par hasard vous avez, monsieur, quelqu'un de vos amis qui vous connoisse assez peu pour vous croire sage, je vous prie de me le marquer par nom et par surnom, afin que je le détrompe à ne pouvoir douter un moment du contraire. Je n'aurai pour cela qu'à lui montrer vos lettres : si après cela il ne demeure pas d'accord que vous êtes un des moins sensés de l'Académie françoise, il faut qu'il le soit aussi peu que vous. Je n'ai pu encore bien discerner si c'est la qualité d'académicien, ouïes honneurs que vous recevez à Chantilly, qui vous font tourner la cervelle. Quoi qu'il en soit, je vous assure que c'est dommage ; car vous étiez un fort joli garçon, qui donniez beaucoup d'espérances. Si j'arrive devant vous à Paris, je ne manquerai pas de vous faire préparer une petite chambre bien commode à l'Académie du faubourg Saint-Germain'. J'aurai bien soin qu'elle soit séparée des autres, afin que vous n'ayez communication qu'avec vos amis particuliers, et que les Parisiens, naturellement curieux, ne soient pas témoins du malheur qui vous est arrivé. En attendant, vous pouvez penser, faire et écrire autant d'extravagances que vous voudrez : elles ne feront que me réjouir; car les folies, quand elles sont aussi agréables que les vôtres, divertissent toujours et délassent du grand travail dont je suis accablé. Je suis, monsieur, entièrement à vous.

i. Phélypaux était alors, selon M. Jal, « entre Paris et Abbeville, d'où il était parti le 27 pour rejoindre son père, qui Tattendait. »

2. Aux Petites-Maisons, où décidément Phélypeaux tient à loger La Bruyère. On appelait ainsi .un hôpital fondé par la ville de Paris en 1497,

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