‹ Œuvres compl{grave}etesChapitre 32 sur 152 · Furetière seul donne ce mot, mais comme « fieux · texte numérisé non relu

Furetière seul donne ce mot, mais comme « fieux

2. Furetière accepte ce mot sans réserve : Ricbelet et TAcadémie (1694) en restreignent remploi à la poésie.

3. Prouesse, « Les délicats du temps ne veulent plus qu*on use de ce mot et disent qu*il est vieux, a (Furetière.) Parmi ces délicats était Vaugelas {Remarques sur la langue françoise, 1647). Ricbelet n'admet ce mot que « dans le discours plaisant et familier, m

4. Ricbelet (1680) et l'Académie (1604) n'admettent le mot los que dans le burlesque. Ce mot se trouve encore employé dans le sens relevé, cbex La Fontaine et Saint-Simon. (Voyez le Dictionnaire de M. Littré.)

5. Mauvaistié ne se trouve ni dans Ricbelet ni dans le Dictionnaire de V Académie (1604). Furetière donne ce mot.

0. Huis. « Ce mot est vieux et ne se dit plus guère qu'en matière de Palais. » (Ricbelet.) Cest aussi l'avis de Furetière et de l'Académie.

7. Ricbelet, Furetière et l'Académie sont d'accord pour signaler nef, dans le sens de navire, comme poétique, et ne pouvant trouver place en prose que dans le style burlesque.

8. Ost (du latin hostis) était tout à fait inusité au wii* siècle. Dès le XV* siècle, ce mot avait été remplacé par le mot armée.

0. Monstier ou moustier (abréviation de monasterium) était également tout à fait inusité dès le xv* siècle.

10. Prées (prata) avait fait place, dès le xv* siècle, à jtré et à prairie.

11. Fénelon, comme La Bruyère, exprime le regret de voir la langue s'appauvrir en perdant un certain nombre de mots qui eussent mérité d'être conservés : « Notre langue manque d'un grand nombre de mots et de phrases ; il me semble môme qu'on l'a gênée et appauvrie depuis environ cent ans, en voulant la purifier. Il est vrai qu'elle étoit encore un peu informe et trop verbeuse. Biais le vieux langage se fait regretter, quand nous le retrouvons dans Marot, dans Amyot, dans le cardinal d'Ossat, dans les ouvrages les plus enjoués et dans les plus sérieux : il avoit Je ne sais quoi de court, de naïf, de hardi, de vif et de passionné. On a retranché, si Je ne me trompe, plus de mots qu'on en a introduit. D'ailleurs Je voudrois n y perdre aucun, et en acquérir de nouveaux ; Je voudrois autoriser tout terme

gement ou le dérangement de quelques lettres, fait frelater de fralaier % prouver de preuver *, profit de proufil, froment de froumenty profil de pour fil y provision de pourveoiry promener de pourmener^ et promenade de pourmenade '• Le même usage fait, selon l'occasion, d* habile y â! utile y de /iirf/^, de docile y de mobile et de fertiUy sans y rien changer, des genres différents : au contraire de ri7, viUy mbtily subtiky selon leur terminaison, masculins ou féminins ^. Il a altéré les terminaisons anciennes : de scel il a fait sceaUy de mantely manteau ;

de capel, chapeau ; de coutely couteau ; de hamely hameau 'y de damoisely damoiseau ; de jouvencely jouvenceau ■ ; et cela sans que Ton voie guère ce que la langue françoise gagne à ces différences et à ces changements. Est-ce donc faire pour le progrès d'une langue, que de déférer à l'usage ? Seroit-il mieux de secouer le joug de

qui nous manque, et qui a un son doux... » Les Occupations de VAcademie françoise, S UI.

1. Frelater est plus près que fralater de son étymologie (le mot flamand verlaten, qui signifiait transvaser).

2. « Quelques-uns disent preuver; mais ordinairement on dit et on écrit prouver. » (Richelet, Diction, fr., 1680).

3. On voit dans tous ces mots un fait commun. La lan^e populaire avait transformé en prou ou pour, et en four ou frou les syllabes latines pro, fro; de là proufit (de proficere), froument ou fourment (de fromentum)^ etc. Ce sont les grammairiens du xvi* siècle, c'est-à-dire les savants, qui ont ramené ces mots à leur forme étymologique.

4. Cette différence ne tient pas à un caprice de la langue. Elle s'explique par ce fait que les adjectifs en il qui ont le féminin en ile viennent de mots latins dont Vi est long et frappé de Taccent, tandis que les adjectifs en Ue pour les deux genres viennent de mots latins dont Vi est bref et non accentué.

5. Ce n'est que depuis ces dernières années qu'on s'est rendu compte de ces changements, dont La Bruyère se fait une idée inexacte. Dans l'ancienne langue, ces sortes de substantifs se terminaient en els ou en ans au cas sujet du singulier, en el au cas régime. La forme au a fini par prévaloir, en perdant au singulier 1*5 du cas sujet.

son empire si despotique? Faudroit-il, dans une langue vivante, écouter la seule raison, qui prévient les équivoques, suit la racine des mots et le rapport qu'ils ont avec les langues originaires dont ils sont sortis, si la raison d'ailleurs veut qu'on suive Tusage * ?

Si nos ancêtres ont mieux écrit que nous, ou si nous l'emportons sur eux par le clioix des mots, par le tour et l'expression, par la clarté et la brièveté du discours, c'est une question souvent agitée, toujours indécise. On ne la terminera point en comparant, comme Ton fait quelquefois, un froid écrivain de l'autre siècle aux plus célèbres de celui-ci, ou les vers de Laurent ', payé pour ne plus écrire, à ceux de Marot et de Desportes'. 11 faudroit, pour prononcer juste sur cette matière,

i. Le respect de Vusage, telle est la conclusion à laquelle, malgré bien des projets de réforme, aboutissent toujours les discussions grammaticales, pour peu qu*elles ne soient pas égarées par Tesprit de système :

.... Si volet utus, Quem penis arbitrhtm e$t et ju» et norma loquendi»

(HoBACB, Art poétique, vers 71.)

2. Laurent avait versifié les opuscules suivants : Relations du carrousel Dauphin, et courses de (estes faites à Versailles le A mars 1685; la Magnifique adresse dn cksffoUêrs Maures au grand carrousel Dauphin à Ver^ iailles le 1*'' 0I S juin 1685 ; Lettres en vers à Leurs Altesses Royales monsieur et MADAME, ou Relation de ce qui s*est passé à la (este Dauphine de Chantilly depuis le 22 aoust jusqu*au 30 du mesme mois; Élégie sur la mort de la reine d* Espagne arrivée en 1689. M. Éd. Fournicr (Comédie de La Bruyère, t. II, p. 369) a pensé que Laurent est le môme que Robinet, le versificateur qui continua jusqu'en 1670 la Gazette rimée de Loret, sous le speudonyme de du Lorens. On ignore comment il Tut payé pour ne plus écrire. Peut-être ses plates Chroniques et relations de fêtes princières loi valurent-elles, avec une mince gratification, quelque avis de ce genre.

3. Desportes est un des poètes de la fin du xvi* siècle que Boileau a cités, comme ayant profité du discrédit où était tombé Ronsard :

Ce poète orgueilleaz, trébuché de si haut. Rendit plus retenus Desportes et Bertaut.

{AH poétique, U.)

opposer siècle à siècle, et excellent ouvrage à excellent ouvrage, par exemple les meilleurs rondeaux de Benserade ou de Voiture à ces deux-ci, qu'une tradition nous a conservés, sans nous en marquer le temps ni l'auteur * :

Bien à propos s'en vint Ogier * en France Pour le pais de mescreans monder :

Ja n'est besoin de conter sa vaillance, Pulsqu'ennemis n'osoient le regarder.

Or quand il eut tout mis en assurance, De voyager il voulut s'enharder.

En Paradis trouva Teau de jouvance.

Dont il se sceut de vieillesse engarder Bien à propos.

Puis par cette eau son corps tout décrépite

Transmué fut par manière subite

En jeune gars, frais, gracieux et droit.

Grand dommage est que cecy soit sornettes : Filles connoy qui ne sont pas jeunettes, A qui cette eau de jouvance viendroit Bien à propos.

i. Ces deux rondeaux ne sont pas aussi propres que le pense La Bruyère à décider la question posée par lui. Car ce sont évidemment des pastiches, comme les Poésies de CloUlde de Surville, publiées en 1803 (par M. de Vanderbourg). Dès 1715, La Monnoye,dans le Menagiana (t. II, 280), les déclarait « modernes, » attribuait le premier à un certain évèque de Rieux, en Languedoc, et démontrait « quMls n*étaient nullement dans les règles des anciens rondeaux. » M. Paulin Paris (voyez les notes de Tédition de VValckenaer, p. 747) y remarque Tabsence de tout hiatus ; ce qui ne permet pas, selon lui, de croire qu*ils aient été composés avant la fin du xvi* siècle. Il signale d'ailleurs plusieurs notes d*une ancienneté douteuse. — Ces rondeaux faisaient partie des « quatre rondeaux antiques » publiés en tête d*un Recueil de divers rondeaux (imprimé en 1639 chez A. Courbé) et dans les Pièces intéressantes et peu connues de La Place (t. III, p. 341).

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