‹ Œuvres compl{grave}etesChapitre 4 sur 152 · Voyez le Lexique · texte numérisé non relu

Voyez le Lexique

3. Selon M. Éd. Fournier ((a Comédie de La Bruyère, p. 19 1}, ffoi, en cet endroit comme en plusieurs autres, supplée beun^useoient au silence des clcfis, Catclle est Tabbé de Chaulieu, et som disciple le chevmlier de Bouillon, auquel Chaulieu adresse une ÈPfniE commençant par ce vers :

BlèTe que j'ai fait dans la loi d*Bpk:iirc.

M. Senrois pense que Catulle désigne plutôt Bussy, parce que Bussy a traduit quelques pièces de Catulle. Mais qui est son disciple ? D'ailleurs Bussy, qui vivait en province, disgracié et un peu chagrin, n'était plus guère à cette époque le causeur enjoué auquel fait allusion La Bruyère.

4. Il fut de mode, parmi les femmes, pendant Tété de 1689, de faire des bouquets de bluets et de s*en orner la têie.

odeur*; Tune des grâces de la nature, l'une de ces choses qui embellissent le monde ; qui est de tous les temps et d'une vogue ancienne et populaire; que nos pères ont estimée, et que nous estimons après nos pères ; à qui le dégoût ou l'antipathie de quelques-uns ne sauroient ** nuire : un lis, une rose ^

[9] L'on voit Eustrate assis dans sa nacelle, où il jouit d*un air pur et d'un ciel serein : il avance d'un bon vent et qui a toutes les apparences de devoir durer; mais il tombe tout d'un coup, le ciel se couvre, l'orage se déclare, un tourbillon enveloppe la nacelle, elle est submergée : otf voit Eustrate revenir sur l'eau et faire quelques efforts; on espère qu'il pourra du moins se sauver et venir à bord; mais une vague l'enfonce, on le tient perdu; il paroît une seconde fois, et les espérances se réveillent, lorsqu'un flot survient et l'abîme : on ne le revoit plus, il est noyé,

[10] Voiture* et Sarrazin' étoient nés pour leur siècle, et ils ont paru dans un temps où il semble qu'ils étoient attendus. S'ils s'étoient moins pressés de venir, ils arrivoient trop tard ; et j'ose douter qu'ils fussent tels aujour-

* On lit dans toutes les éditions, à partir de îa 7* : o par sa beauté ou par son odeur. » L*erreur typographique paraît évidente.

^ « Ne sauroient nuire. » Texte de la 0" et de la 10* édition. ^ Cet alinéa, le précédent et le suivant sont de la C* édition.

1. La Bruyère a déjà parlé de Voiture (1508-1648) au chapitre des Ouvrages de Vesprit.

2. Sarrazin ou Sarrasin (né en 1603, mort en 1654) fut le rival de Voiture dans Tart du badinage élégant et dans le genre précieux. Ch. Nodier a donné ses OEuvres choisies, 1826.

d'hui qu'ils ont été alors. Les conversations légères, les cercles, la fine plaisanterie, les lettres enjouées et familières, les petites parties où Ton étoit admis seulement avec de l'esprit, tout a disparu. Et qu'on ne dise point qu'ils les feroient revivre : ce que je puis faire en faveur de leur esprit est de convenir que peut-être ils excelleroient dans un autre genre ; mais les femmes sont de nos jours ou dévotes, ou coquettes, oujoueuses ou ambitieuses, quelques-unes même tout cela à la fois; le goût de la faveur, le jeu, les galants, les directeurs ont pris la place, et la défendent contre les gens d'esprit*.

[11] Un homme fat et ridicule porte un long chapeau, un pourpoint à ailerons*, des chausses à aiguillettes* et des bottines ' ; il rêve la veille par où et comment il pourra se faire remarquer le jour qui suit. Dn philosophe se laisse habiller par son tailleur : il y a autant de foiblesse à fuir la mode qu'à l'aiTecter*.

* « Mais les femmes sont de nos jours ou dévotes ou coquettes; les galants ou les directeurs ont pris la place, et la défendent contre les beaux esprits. » (Édit. 4'-5«.)

1. Le pourpoint est le vêtement qui couvra le buste : sans basques, il répond à notre veste ; avec basques, h. notre habit. Les ailerons étaient de petits bords d*étofTe qui couvraient les coutures du haut des manches, formant ce que nous appellerions des épaulettes.

2. Les chausses répondent à ce que nous appelons une culotte courte : au bas des chausses les élégants mettaient des aiguillettes et des rubans. Mais la mode de ces ornements commençait à passer ; ce qui faisait d*autant plus remarquer ceux qui les portaient.

3. Les bottines étaient des tiges de bottes en cuir mou qui s'attachaient sur la jambe.

4. Toujours au plus grand nombre on doit s^accommoder, Et jamais il no faut se faire regarder.

L*un et Tautre excès choque, et tout homme bien sage Doit faire des habits ainsi que du langage,

[12] L'on blâme une mode qui, divisant la taille des hommes en deux parties égales, en prend une tout entière' pour le buste, et laisse l'autre pour le reste du corps; l'on condamne celle qui fait de la tête des femmes la base d'un édifice à plusieurs étages* dont l'ordre et la structure changent** selon leui*s caprices, qui éloigne les cheveux du visage, bien qu'ils ne croissent que pour l'accompagner, qui les relève et les hérisse à la manière des bacchantes, et semble avoir pourvu à ce que les femmes changent leur physionomie douce et modeste en une autre qui soit fière et audacieuse; on se récrie enfin contre une telle ou une telle mode, qui cependant, toute bizarre qu'elle est, pare et embellit pendant qu'elle dure, et dont l'on tire tout l'avantage qu'on en peut espérer, qui est de plaire. 11 me paroît^ qu'on devroit seulement admirer Tinconstance et la légèreté des hommes, qui attachent successivement les agréments et la bienséance à des choses tout

* a Toute entière. » Orthographe des éditions originales. '' « Change. » (Édit. 4«-6«.) <^ « n me semble. » (Édit 4».)

N*y rien trop aflTecter, et sans empressement Suivre ce que Tusage y fait de changement. Mon sentiment n*est pas qu*on prenne la méthode De ceux qu'on voit toujours renchérir sur la mode , Et qur dans ces excès dont ils sont amoureux, Seroient f&chés qu'un autre eût été plus loin qu'eux; Mais Je tiens qu'il est mal, sur quoi que Ton se fonde, De fuir obstinément ce que suit tout le monde, Et qu'il vaut mieux souflTrir d'être au nombre des fous Que du sage parti se voir seul contre tous.

(Molière, VÊcole des Maris, acte I, scène i, vers 41-51.)

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