Une fille. {Note de La Bruyère
2. Quem.,, infirmum aut avaritia aut libido sollicitât? Non amoribus servit, non appétit honores, opes negligit.,. Tune deos, tune hominem esse se meminit. (Pline le Jeune, Lettres, VII, 26.)
elle est funeste. C'est une extrême misère que de donner* à ses dépens à ceux que Ton laisse le plaisir d'un bon mot ^ Dans quelque prévention où Ton puisse être sur ce qui doit suivre la mort, c'est une chose bien sérieuse que de mourir : ce n'est point alors le badinage qui sied bien, mais la constance ^.
[9] 11 y a eu de tout temps de ces gens d'un bel esprit et d'une agréable littérature, esclaves des grands, dont ils ont épousé le libertinage et porté le joug toute leur vie, contre leurs propres lumières et contre leur conscience. Ces hommes n'ont jamais vécu que pour d'autres hommes, et ils semblent les avoir regardés comme leur dernière fin*. Ils ont eu honte de se sauver à leurs yeux, de paroltre tels qu'ils étoient peut-être dans le cœur, et ils se sont perdus par déférence ou par foiblesse *. Y a-t-il
■ « Quo donner. » (Édit. 5'.)
^ ÉdiUon 6«.
^ « Comme leur Dieu et leur dernière fin. » (Édit. fM'.)
1. « Et de ces viles âmes de bouffons, il B*en est trouué qui n*ont
youlu abandonner leur gaudisserie en la mort mesme. >» (Montaigne, Essais, liv. I, chap. XL, 1. 1, p. 354.) — Bossv, après avoir conté à M"** de Sévigné une plaisanterie du maréchal de Gramont au lit de mort de sa fille, M**** de Monaco, lui dit : « Ne trouvez-vous pas, madame, que les plaisanteries en ces rencontres-là sont bien à contre-temps? Pour moi, Je ne les saurois souffrir, et quand Je les passerois à ces gens qui disent en mourant : « Ti- « rez le rideau, la farce est jouée, » et autres semblables forfanteries, toujours trouverois-je sot et cruel à une personne qui se porte bien de plaisanter avec une personne mourante... » {LsUres de M"** de Sévigné^ u V, p. 448 et 449.) — Un certain Deslandes a publié des Réflexions sur les grands hommes qui sont morts en plaisantant (Amsterdam, 1712).