C'est-à-dire les coussins ou tapis
DE TIIÉOPllRASTE. 487
[III]. DE l/iMPERTINENT OU DU DISEUR
DE rien'.
La sotte envie de discourir vient d'une habitude qu'on a contractée de parler beaucoup et sans réflexion. Un homme qui veut parler, se trouvant assis proche d'une personne qu'il n'a jamais vue et qu'il ne connoît point, entre d'abord en nialière, l'entretient de sa femme et lui fait son éloge, lui conte son songe, lui fait un long détail d'un repas où il s'est trouvé, sans oublier le moindre mets ni un seul service. Il s't^chaufle ensuite dans la conversation, dMmve contre le temps présent, et soutient que les hommes qui vivent présentement ne valent point leurs pères. De là il se jette sur ce qui se débite au marché, sur la cherté du blé-, sur le grand nombre d'étrangers qui sont dans la ville; il dit qu'au printemps, où commencent les Bacchanales', la mer devient navigable*; qu'un peu de pluie seroit utile aux biens de la terre, et ferait espérer une bonne récolte ^ qu'il cultivera son champ l'année prochaine, et qu'il le mettra en valeur'; que le siècle est dur, et qu'on a bien de la peine à vivre. // apprend à cet inconnu que c'est Damippe qui a fait brûler la plus belle torche devant l'autel de Cérès à la fête
1. Le texte dit : Du babil (ou du bavardage). A partir de ce chapitre, La Bru3ère substitue en gént^ral le nom du vicieux à celui du vice, qui est dans le texte, et souvent il traduit en note. (Voyez chap. v et suivants.