XVI]. DE LA SUPERSTITION
La superstition semble n'être autre chose qu'une crainte mai réglée de la Divinité. Un homme superstitieux, après avoir lavé ses mains * et s*étre purifié avec de l'eau lustrale-, sort du temple et se promène une grande partie du jour avec une feuille de laurier dans sa bouche. S'il voit une belette', il s'arrête tout court, et il ne continue pas de marcher que quelqu'un n'ait passé avant lui par le même endroit que cet animal a traversé, ou qu'il n'ait jeté lui-même trois petites pierres dans le chemin, comme pour éloigner de lui ce mauvais présage. En quelque endroit de sa maison qu'il ait aperçu un serpent, il nediffère pas d'y élever un autel* ; et dèsqu'il remarque dans les carrefours de ces pierres que la dévotion du peuple y a consacrées^ ^ il s'en approche, verse dessus toute l'huile de sa fiole, plie les genoux devant elles, et les adore. Si un rat lui a rongé un sac de farine, il court au devin, qui ne manque pas de lui enjoindre d'y faire mettre une pièce •; mais, bien loin d'être satisfait de sa réponse^ effrayé d'une aventure si extraordinaire ^ il n'ose plus se