‹ Œuvres compl{grave}etesChapitre 97 sur 152 · XXVIII]. DE LA MÉDISANCE · texte numérisé non relu

XXVIII]. DE LA MÉDISANCE

Je définis ainsi la médisance : une pente secrète de l'âme à penser mal de tous les hommes, laquelle se manifeste par les paroles; et pour ce qui concerne le médisant, voici ses mœurs : Si on l'interroge sur quelque autre, et que Von lui demande quel est cet homme ^ il fait d'abord sa généalogie : « Son père, dit-il, s'appeloit Sosie*, que l'on a connu dans le service et parmi les troupes sous le nom de Sosistrate ; il a Hé affranchi depuis ce temps^ et reçu dans l'une des tribus de la ville*; pour sa mère, c'étoit une noble ïhracienne', car les femmes de Thrace, ajoutet-il , se piquent la plupart d'une ancienne noblesse : celui-ci, né de si honnêtes gens, est un scélérat et qui ne mérite que le gibet*. » Et retournant à la mère de cet homme quil peint avec de si belles couleurs : « Elle est, poursuit-il, de ces femmes qui épient sur les grands che-

1. C*étoit chez les Grecs un nom de valet ou d^esclave. {î^oU de La Bruyère.)

2. Le peuple d*Athènes étoit partagé .en diverses tribus. {Note de La Bruyère,)

3. Cela est dit par dérision des Thraciennes, qui venoient dans la Grèce pour être servantes, et quelque chose de pis. {Note de la Bruyère.) — Le texte ajoute : « Le nom de cette créature était Krinocoraca. •

4. Le texte ajoute : « Je sais tout cela parfaitement; et vous voulez me donner le change, à moi ! »

Page 1